Crédit : Photo d'archives, Agence QMI

Alouettes de Montréal

La LCF s’en va dans le mur

Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

La Ligue canadienne de football (LCF) est dans une impasse depuis deux semaines. Le commissaire Randy Ambrosie présente ses plans sans en discuter avec ses joueurs. Bref, ça ne sent pas très bon.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, la LCF tire de la patte par rapport aux autres circuits professionnels. Le commissaire Randy Ambrosie, de concert avec ses propriétaires, a simplement annoncé des reports pour les camps d’entraînement et le début de la saison 2020. Rien de plus.

Ambrosie a également participé à une commission parlementaire pour demander 150 millions $ au gouvernement fédéral afin de combler les pertes financières de l’annulation possible de la saison 2020. Il a décidé de faire son allocution sans consulter l’association des joueurs de la LCF.

Dédommagement

On n’a jamais connu son plan pour la distribution de ce montant. À quelle hauteur les joueurs seraient-ils dédommagés ? Une question toujours sans réponse. Et les principaux intéressés n’ont toujours pas reçu cette information.

Par la suite, malgré plusieurs critiques sur la place publique pour son manque de transparence de la part des joueurs, Ambrosie a continué de les ignorer. Il n’a pas invité les joueurs à discuter non plus.

Lorsqu’un circuit traverse des moments difficiles, un commissaire doit être un rassembleur. Ce n’est pas le chapeau qu’Ambrosie a décidé de mettre au cours des trois derniers mois.

Des joueurs en colère

En discutant avec quelques joueurs, on se rend compte qu’ils en ont ras le bol d’Ambrosie et de son attitude dans le dossier. On peut très bien les comprendre.

Ils ont commencé à critiquer publiquement les façons de faire de la LCF et de son commissaire. Ce fut le cas du Québécois Antoine Pruneau. Par la suite, il y a eu Spencer Moore des Alouettes. Puis, le 11 juin, il y a eu ce message de Vernon Adams Jr. qui reflétait la pensée de plusieurs de ses collègues.

«Est-ce qu’on peut avoir une date pour savoir quand une décision sera prise ? J’ai des enfants», a mentionné le quart des Alouettes.

Wilder tranche

D’autres sont passés à l’action. Devant l’incertitude par rapport à la saison 2020, le porteur de ballon James Wilder Jr. a décidé de prendre sa retraite.

Il a accepté un boulot d’entraîneur à son ancienne école secondaire, en plus de lancer un centre de conditionnement physique qui portera son nom.

Le geste d’éclat de Wilder n’est pas surprenant. À la base, c’est un drôle de pistolet et il a toujours aimé les projecteurs. Par contre, sur le fond de sa décision, ça tient la route.

Il était tanné d’attendre le plan de relance d’Ambrosie qui n’est toujours pas connu. Comme tous les autres joueurs, il veut être capable de mettre du pain sur la table de sa famille. Si cette situation perdure, on peut s’attendre au départ d’autres joueurs.

Des chiffres qui parlent

En plus des relations tendues entre les joueurs et les propriétaires, la LCF est dans une position financière périlleuse. Les Roughriders de la Saskatchewan, l’une des équipes les plus rentables, ont dévoilé leurs états financiers mercredi.

Le constat est brutal. Les Riders anticipent déjà un déficit de 10 millions $ si la saison 2020 est annulée. De plus, on comprend mieux l’hésitation des propriétaires de présenter des matchs à huis clos.

L’an dernier, 43 % des revenus totaux des Riders (17,1 millions $ sur 39,6 millions $) sont provenus de la billetterie. Ces chiffres doivent faire réfléchir tous les propriétaires qui tentent de sauver les meubles.

Pour ça, il faudrait qu’ils en discutent avec les joueurs. Pas de communication, pas de solution. Une logique que le commissaire Ambrosie devrait avoir en tête pour l’avenir de son circuit.