Crédit : Audrey Magny / Groupe Sportif Obelisq

Impact de Montréal

Impact: de joueur retranché à potentielle vedette

Publié | Mis à jour

Les histoires comme celles de Keesean Ferdinand ne courent pas les rues. 

Bon, avouons qu’à la base, ce ne sont pas tous les jeunes hommes de 16 ans qui peuvent se targuer d’avoir en poche un contrat les liant à une équipe professionnelle.   

En fait, lorsque l’Impact de Montréal a annoncé la signature de Ferdinand, il y a quelques jours, le défenseur est devenu le plus jeune joueur de l’histoire du club à signer un contrat professionnel. Un moment magique pour l’adolescent.

Mais avant de connaître la joie et l’euphorie d’une première entente professionnelle, Keesean Ferdinand a dû multiplier les efforts, alors qu’il a rencontré plusieurs embûches sur sa route.

Ironie du sort, l’une d’entre elles lui a carrément été «offerte» par l’Impact, alors qu’il n’avait que 11 ans. Voici l’inspirante histoire d’un jeune athlète à la résilience de fer, qui pourrait très bien devenir, plus tôt que tard, le prochain «chouchou» des partisans du Bleu-blanc-noir...

Départ explosif, épreuve difficile   

Keesean Ferdinand débute le soccer alors qu’il n’est âgé que de quatre ans. Rapidement, il démontre un talent supérieur à la moyenne et son ascension est plutôt rapide. 

«J’ai commencé à jouer pour le club de Rivières-des-Prairies. Dès l’âge de 10 ans, j’ai fait le saut au sein de la Pré-Académie de l’Impact. À onze ans, j’ai fait les détections pour l’Académie et on m’a retranché. J’ai alors dû faire une année supplémentaire avec la Pré-Académie et j’ai refait les détections l’année suivante. 

«Cependant, je me suis blessé dès le départ. Mais heureusement, les entraîneurs avaient aimé ce que j’avais eu le temps de leur montrer. Ils m’ont rappelé pendant l’été pour quelques entraînements et j’ai alors commencé à m’installer avec l’Académie de l’Impact de Montréal.»

Lorsqu’on lui demande comment il a encaissé le choc d’être boudé par le club alors qu’il était encore tout jeune, Ferdinand y va d’une réponse honnête. 

«Tous mes coéquipiers de l’époque avaient fait l’équipe. C’était plutôt difficile. On m’avait dit que je prenais de mauvaises décisions quand j’avais le ballon, que je forçais trop le jeu. Mais j’ai décidé de persévérer, malgré la déception. Et visiblement, ce fût un choix payant.

«À l’époque, les dirigeants du club avaient organisé une grosse conférence dans l’auditorium pour annoncer les nouvelles arrivées au sein de l’Académie. Il y avait 85 personnes et moi, bien sûr, je n’y étais pas parce que je n’avais pas été sélectionné. Mais aujourd’hui, j’aime me rappeler que c’est finalement la personne qui n’était pas dans cet auditorium qui a signé un contrat professionnel.   

«Plus jeune, j’avais parfois des problèmes de constance. Je n’avais pas vraiment confiance en moi. Je pouvais sortir des matchs incroyables, pour ensuite connaître des sorties très difficiles. Mais au fil des années, recevoir des appels pour la sélection nationale canadienne et voir que je pouvais me distinguer grâce à mes efforts, cela m’a vraiment redonné confiance en moi.»

Et quelle a été sa réaction lorsque l’Impact lui a offert un contrat professionnel? 

«Ce sont beaucoup de sacrifices qui ont porté fruit. Tout le monde était content pour moi et c’était la fête à la maison!»

Qui est Keesean Ferdinand, le joueur?    

Pour les amateurs de l’Impact de Montréal qui ne le connaissent pas encore, Keesean Ferdinand a tous les atouts pour devenir un joueur dominant dans la MLS. 

Premier indice : même s’il n’est âgé que de 16 ans, il s’est classé au cinquième rang du club lors du test de vitesse maximale aux sprints. Imaginez lorsqu’il aura atteint sa pleine croissance... 

«J’étais un peu surpris. Les gars sont tous développés comme des adultes et ils sont plus âgés que moi. J’étais content, mais je travaille chaque jour pour devenir encore plus rapide.»

Lorsqu’on lui demande de nous décrire son style de jeu, le sympathique arrière y va de cette analyse. 

«C’est sûr, comme vous l’avez vu, que je suis un joueur rapide. Je suis très polyvalent et je peux jouer partout à la défense. Je me considère assez technique. Je suis un défenseur qui aime avoir le ballon dans les pieds. J’adore relancer l’attaque et je suis très calme avec la balle.»

«Une inspiration»   

L’arrivée de Keesean Ferdinand dans le giron de l’Impact, alors qu’il n’est âgé que de 16 ans, n’est pas sans rappeler la situation d’un joueur aujourd’hui devenu célèbre : Alphonso Davies. 

Avant de s’emporter, spécifions simplement que les deux joueurs sont débarqués très jeunes en MLS. La suite nous dira si Ferdinand peut un jour marcher dans les pas de Davies. Mais une chose est sûre, le nouvel arrière de l’Impact respecte beaucoup le parcours de la nouvelle coqueluche du Bayern Munich, et il souhaite s’en inspirer.

«Alphonso Davies a su avoir un impact en MLS même s’il était très jeune. C’est quelque chose que je veux réaliser moi aussi. C’est une inspiration pour moi. Je me sers un peu de lui comme d’un modèle. Il a vraiment réussi à s’établir comme une vedette rapidement.»   

Objectif bien précis    

Même s’il n’a que 16 ans, Ferdinand a de grandes ambitions et ne veut en aucun cas que son jeune âge soit un facteur qui joue contre lui. D’ailleurs, ses objectifs pour la saison actuelle sont très clairs. 

«Je veux me faire une place dans l’effectif rapidement. Mon objectif à court terme, c’est de disputer quelques minutes à la fin des matchs. Dès cette saison. À plus long terme, je veux m’établir comme un partant incontestable au sein de l’équipe.    

«Je suis conscient que ça ne sera pas facile, mais c’est ce que je vise. Je veux avoir l’occasion de prouver ma valeur parmi les joueurs réguliers de l’équipe.»

Et le jeune homme a aussi de grandes ambitions en ce qui a trait à l’équipe nationale canadienne. 

«Je veux disputer beaucoup de compétitions avec l’équipe principale. J’ai notamment dans mon viseur la Coupe du Monde de 2026 et je travaille avec cet objectif-là en tête.»

Pas si mal, pour un joueur retranché à 11 ans!