Larry Jaster

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Baseball - MLB

«Je ne savais pas que ce serait mon dernier match»

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Même s’il n’a joué que sept campagnes dans les ligues majeures, Larry Jaster a dédié sa vie au baseball. Des rangs secondaires aux ligues mineures, il a roulé sa bosse comme entraîneur à travers les États-Unis.

Son chemin dans cet univers s’est arrêté alors qu’il entraînait les jeunes lanceurs dans les équipes mineures des Orioles de Baltimore jusqu’en 2012. 

Jaster avait le vague à l’âme quand Le Journal l’a rencontré en plein camp d’entraînement printanier des Astros et des Nationals au début de mars à West Palm Beach.

«C’est seulement le huitième printemps depuis 1962 où je ne suis pas sur un terrain comme joueur ou entraîneur. J’ai été entraîneur dans les mineures durant 26 ans. J’ai passé 10 ans avec les Braves et 16 ans avec les Orioles. J’avais auparavant dirigé une équipe scolaire à Colorado Springs durant quatre ans et j’avais ensuite occupé le poste d’entraîneur adjoint à l’Université du Nouveau-Mexique durant quatre ans.

«C’est difficile d’être exclu de cet univers quand tu y as passé plus de 50 années de ta vie», a enchaîné l’homme de 76 ans au son des balles claquées dans les cages par les frappeurs des Astros.

Tant chez les Braves que les Orioles, Jaster a formé de véritables vedettes. Il a aussitôt pensé à Tom Glavine et Steve Avery, autrefois à Atlanta, ainsi qu’à Eduardo Rodriguez et Zack Britton, il n’y a pas si longtemps à Baltimore. C’est sans compter toutes les stars qui ont défilé sous ses yeux dans les camps adverses durant 26 ans.

«Je regarde mon parcours et je m’estime chanceux d’avoir pu travailler si longtemps dans ce domaine avec des contrats d’un an à la fois, a relaté avec le sourire le détenteur d’un baccalauréat et d’une maîtrise en éducation physique. Deux fois, les Braves m’ont accordé des contrats de deux ans, car j’étais l’entraîneur de Tommie Aaron, le frère de Hank. C’est tout.»

«C’était donc difficile de prévoir une stabilité dans la vie familiale dans ces conditions», a poursuivi le père de trois enfants, qu’il visite maintenant au Colorado, en Géorgie et au Michigan.

Avec sa conjointe, il demeure à Palm Beach depuis 1985 et a visité le Québec à deux reprises depuis 1969.

Fin de carrière abrupte 

Le soir du 4 octobre 1972, Jaster a goûté une dernière fois aux ligues majeures. C’était le dernier match de la saison au Atlanta Stadium. Surprise! Les Dodgers étaient en ville. À ses cinq manches de travail sur la butte, il avait accordé deux points à ses adversaires sur des circuits en solo.

«Je ne me suis pas demandé bien longtemps pourquoi j’avais obtenu ce départ, a ricané le “Dodger Killer”. Mais je ne me doutais pas que ce serait mon dernier dans les majeures. Maintenant, quand un lanceur accorde deux petits points, il gagne des millions de dollars. Les temps ont changé.»

«J’ai terminé ma carrière professionnelle en 1974 avec les Braves de Richmond, dans le AAA. Avec le salaire de moins de 2000 $ par mois, je ne pouvais plus continuer. Je suis retourné à l’école.»

Une décision judicieuse qui lui a assuré un travail dans le baseball durant 35 ans.