Crédit : AFP

Tennis

Pas de Coupe Rogers à Toronto en 2020

Publié | Mis à jour

Ce n’était qu’une formalité. Sans surprise, le volet masculin de la Coupe Rogers de tennis, prévu du 8 au 16 août 2020 à Toronto, a été reporté à l’an prochain, ont fait savoir ses organisateurs mercredi.

Dès qu’on a appris, le 11 avril, que le tournoi féminin, qui devait avoir lieu aux mêmes dates à Montréal, a été décalé d’un an en raison de la pandémie, on savait que la compétition dans la Ville Reine était vouée au même sort.

Le scénario d’accueillir l’élite de l’ATP à Toronto à huis clos, comme ce sera le cas aux Internationaux des États-Unis à partir du 31 août, a certes été envisagé, mais il a été finalement écarté pour des raisons sanitaires et... financières.

«On a regardé comment le tournoi pouvait se dérouler sans spectateurs, a indiqué Eugène Lapierre, en entrevue téléphonique au "Journal de Montréal". On attendait des annonces du côté du gouvernement ontarien tout en suivant la décision de l’ATP.»

Or, cette décision a été rendue par les instances du tennis mondial. La reprise est maintenant programmée pour Washington (14 au 20 août) chez les hommes et à Palerme, en Italie, chez les dames (3 au 9 août).

Secret de polichinelle

Ce report était un secret de polichinelle. Nos étoiles de la spécialité, Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Milos Raonic, devront patienter une autre année avant de jouer devant le public torontois et un peu plus de deux ans pour renouer avec la foule montréalaise.

«En analysant la situation, on s’est demandé comment préserver la santé publique, a renchéri le directeur de la Coupe Rogers de Montréal et vice-président de Tennis Canada. On ne voulait pas être un facteur pour empirer la crise dans la région de Toronto.»

Enjeu monétaire

Il est vrai que, malgré des tribunes désertes, le monde du tennis exige une présence importante sur le site: joueurs, entraîneurs, membres de leur entourage et tous les officiels.

«On parle d’environ 400 personnes au début du tournoi, a expliqué Lapierre. Ça représentait un potentiel de risque énorme. Il aurait probablement fallu aménager un mini hôpital au Centre Aviva de Toronto pour créer une cellule médicale. Du personnel supplémentaire aurait aussi été requis pour tester tous les intervenants régulièrement.»

«Si cet aspect a motivé notre décision, un enjeu monétaire était à considérer sérieusement, a poursuivi Lapierre. Présenter un tournoi à huis clos, ça ne faisait qu’empirer notre manque à gagner.»

Le report de la Coupe Rogers à Montréal a fait très mal à Tennis Canada, qui encaissera des pertes de 17 millions en 2020. Pas question de s’enliser davantage, a fait savoir Lapierre.

«Ça va nous prendre deux et peut-être trois ans avant de revenir sur nos pattes», de soutenir Lapierre.

À l’image du Grand Prix du Canada de Formule 1, la Coupe Rogers tire une bonne partie de ses revenus de la billetterie et des commanditaires nationaux.

«Perdre encore plus d’argent, ce n’est pas ce qu’on veut faire pour notre sport, a rappelé Lapierre. Ces tournois sont notre vache à lait. Les droits télé n’arrivent pas à couvrir toutes les dépenses.»

Pari audacieux

Ce n’est pas le cas des Internationaux de tennis des États-Unis, dont les organisateurs ont annoncé que le tournoi aura lieu à huis clos aux dates initialement prévues, soit du 31 août au 13 septembre.

«C’est un pari audacieux, a reconnu Lapierre. On veut créer une bulle entre l’hôtel et le complexe de tennis. L’idée aussi de présenter le tournoi de Cincinnati 10 jours plus tôt [et aussi à Flushing Meadows] est une façon d’attirer les joueurs à venir jouer en Amérique. Reste à savoir si les meilleurs joueurs vont vouloir traverser l’Atlantique.

«À New York, ce sont les droits de télévision qu’on veut sauver, a-t-il expliqué. On ne parle pas des mêmes chiffres que les nôtres. Il est question d’environ 200 millions de dollars américains. Oui, ça vaut la peine d’essayer.»

Lapierre se réjouit aussi de la reprise des activités dans les courts intérieurs, comme annoncé mercredi par le gouvernement provincial. «Ça fait longtemps qu’on le demande, dit-il. Et c’est une bonne nouvelle pour les camps de jour. On tient à ce que nos jeunes pratiquent leur sport favori.»