Canadiens de Montréal

Drouin est fait sur mesure pour les séries

Drouin est fait sur mesure pour les séries

Louis Jean

Publié 17 juin
Mis à jour 17 juin

Pour la première fois en plus de trois mois, l’attaquant des Canadiens de Montréal Jonathan Drouin a patiné mardi. 

Surtout, pour la première fois depuis plusieurs mois, Drouin pouvait s’exprimer librement sur la glace sans douleurs ou restrictions en raison des blessures.

«Je n’ai pas eu de traitements pendant la pandémie, mais mon poignet et ma cheville sont rétablis. Je peux arriver à l’aréna et jouer au hockey sans faire de traitements», a-t-il indiqué en conférence téléphonique, mercredi.  

Drouin avoue que la routine habituelle n’existe plus dans le contexte actuel. Les restrictions sont nombreuses et les mesures sanitaires aussi. Toutefois, «même si ça va être différent dorénavant, les joueurs sont contents d’être à l’aréna, ça donne un regain de vie». 

Ce regain de vie est un peu à l’image du Tricolore. Dans des circonstances habituelles, le CH aurait été exclu du tournoi printanier. Tout le monde au sein de l’organisation entend saisir cette opportunité unique. C’est le cas notamment de Drouin, qui veut retrouver sa forme de début de saison.

«En début de saison, je me suis senti beaucoup plus à l’aise qu’à tout autre moment depuis mon arrivée à Montréal. Je me sentais bien sur la glace et je ne suis pas inquiet que je retrouverai mes repères, a-t-il confié. J’ai démontré que je pouvais être un joueur d’impact quand je suis engagé. Je veux prendre ce début de saison et redevenir ce même joueur sur la glace quand le hockey reprendra.»

Un «hockey junkie»

L’attaquant le plus talentueux du Canadien a célébré son 25e anniversaire de naissance pendant la pause forcée.

Il a aussi profité de ce moment pour faire une introspection. Lors d’une entrevue avec l’entraîneur du Drakkar de Baie-Comeau Jon Goyens, qui paraîtra jeudi, il a qualifié Drouin de «junkie» du hockey lorsqu’il le dirigeait au niveau Midget. 

Le joueur de centre qu’il a converti en ailier avait un sens de la compétition hors pair, selon Goyens. Drouin étudiait continuellement des bandes vidéo pour s’améliorer et proposait des stratégies à son entraîneur. 

Même avec 372 matchs derrière la cravate dans la LNH, Drouin cherche encore à s’améliorer. 

«Je passe beaucoup de temps à regarder (des séquences) de mon début de saison. J’ai regardé beaucoup de mes matchs de l’année précédente aussi. Je regarde des gars comme Auston Matthews et Patrik Laine, qui lancent de partout. 

«Si tu n’as pas pris le temps de regarder des choses et de voir comment t’améliorer, tu as perdu ton temps. Je regarde des joueurs qui jouent un style similaire à moi comme Mitch Marner, qui est toujours en mouvement. Lorsque j’étais à mon meilleur en début de saison, j’étais continuellement en mouvement.»

Drouin travaille beaucoup avec l’entraîneur adjoint Dominique Ducharme pour mettre en pratique certaines de ses observations. 

Fait sur mesure pour les séries  

Ceux qui ont suivi la carrière de Drouin savent qu’il excelle en séries éliminatoires. Probablement que ses meilleurs moments dans la LNH ont été au printemps 2016 avec le Lightning de Tampa Bay. Le natif de Sainte-Agathe avait récolté 14 points en 17 matchs à l’âge de 21 ans seulement. Sa fougue et son désir de vaincre frappaient aux yeux. 

Depuis son arrivée à Montréal, l’équipe a été incapable de se qualifier pour les séries. Même si l’expérience ne sera pas le même que de jouer devant une foule survoltée au Centre Bell, il rêve de porter le chandail bleu-blanc-rouge lors du tournoi printanier.

«Pour moi, ma game augmente en séries. Quand j’étais jeune, c’était les tournois. Les séries, c’est un sentiment différent. Je ne suis pas nerveux, je suis excité. Je performe bien dans ces situations.»

Avec un affrontement contre Sidney Crosby et les Penguins de Pittsburgh au tour qualificatif, les Canadiens auront bien besoin d’un Drouin au sommet de sa forme.