Bloc boxe combat gants gant boxing gloves in ring

Crédit : Photo Adobe Stock

Boxe

«Avec ou sans l'accord, j’allais rouvrir...»

Publié | Mis à jour

Les amateurs de sports de combat ont eu une bonne, mais aussi une mauvaise nouvelle de la part de la ministre Isabelle Charest, mercredi.

Tout d’abord, ils ont appris que leurs gymnases pourront rouvrir leurs portes dès le 22 juin. Avec un peu de créativité, les adeptes de la boxe, du karaté, du judo, du kickboxing, du jiu-jitsu et de lutte seront en mesure de faire un entraînement en respectant les mesures de distanciation physique.

Cependant, les séances de «sparring» et les combats, qui sont dans l’ADN de ces sports, demeurent cependant interdits. Une décision qui pourrait être difficile à avaler pour les athlètes.

Voilà une nouvelle réalité avec laquelle les propriétaires de gymnases vont devoir négocier à compter de la semaine prochaine.

«Je pense même qu’on pourra commencer les cours assez rapidement, a mentionné Boris Sherbatov, propriétaire de trois gymnases du même nom de famille dans la région de Montréal.

«C’est une bonne nouvelle de donner la chance aux gens de se remettre en forme physique et surtout mentale. Je pense que c’est important après trois mois de confinement.»

Lors du passage du «Journal de Montréal» à son gymnase de Laval, on a remarqué que Sherbatov avait déjà amorcé l’aménagement de ses appareils de conditionnement physique en respectant la distanciation de deux mètres.

«Ça ne sera pas compliqué parce que nous avons assez d’espace. C’est sûr que les cours de "grappling", d’arts martiaux mixtes et de jiu-jitsu vont demeurer en pause.»

Soulagement

Pour Sherbatov et tous les autres propriétaires de gymnases de sports de combat, l’annonce de la ministre Charest représente une bouffée d’air frais après plusieurs mois d’incertitude.

Ils ne veulent pas divulguer l’étendue de leurs pertes financières, mais on peut facilement les chiffrer en dizaines de milliers de dollars.

«À un moment donné, c’était très difficile. Il y a eu des moments très noirs où on a pensé au pire, a ajouté Sherbatov. Ce fut une période difficile pour moi et ma famille. J’ai vécu des émotions que je ne pensais pas de vivre.»

Patience mise à l’épreuve

Du côté du gymnase 35 de Repentigny, la patience du propriétaire avait atteint ses limites.

«Avec ou sans l’accord du Dr Arruda, j’allais rouvrir mes portes le 6 juillet, a indiqué Renan St-Juste. Avec cette annonce, je vais devoir accélérer les rénovations que j’avais commencées et faire du ménage.

«Pour ce qui est de l’entraînement et des mesures sanitaires, mes membres vont s’entraîner normalement. Pour les "sparrings", environ 95 % de mes 200 membres n’en font pas.»

À Québec, à l’académie Empire, les activités ont repris depuis quelques jours. Les dirigeants du gymnase avaient sorti les équipements à l’extérieur.

«C’est une bonne nouvelle de savoir que nos membres pourront recommencer à s’entraîner à l’intérieur, a souligné l’entraîneur François Duguay. Pour ce qui est des boxeurs professionnels, on va continuer de suivre les recommandations.»

Et les boxeurs pros ?

Mercredi, les grands oubliés ont été justement les boxeurs professionnels. Selon nos informations, une dizaine d’entre eux pourraient obtenir des combats soit au Québec ou aux États-Unis d’ici la fin de l’été.

Comment feront-ils pour se préparer pour leurs duels alors que les "sparrings" ne seront pas encore permis pour encore quelques semaines ?

C’est une question qui demeure sans réponse.

Pour ce qui est du promoteur Camille Estephan, qui souhaitait présenter un gala le 18 juillet, il n’a pas voulu commenter l’annonce du gouvernement et de la santé publique.