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Benoît Rioux

Publié | Mis à jour

Rien ne sert aux jeunes Québécois de se morfondre à la suite du récent repêchage du baseball majeur.

Ayant le statut «junior» dans le réseau universitaire américain, Marc-Antoine Lebreux devait normalement vivre des moments excitants en ce mois de juin 2020. Ça devait être son année, comme celle du lanceur Conor Angel d’ailleurs. C’était avant que la pandémie de coronavirus ne vienne interrompre la saison et que le repêchage soit réduit de 40 à seulement cinq rondes. Aucun Québécois n’a finalement été sélectionné parmi les 160 élus, mercredi et jeudi.

«Dès que la saison a été annulée, on savait que les nouvelles n’allaient pas être bonnes pour tout le monde, a avoué Lebreux, qui occupe un poste de voltigeur avec les Cavaliers de l’Université de Virginie, en première division de la NCAA. Déjà, avec 10 rondes, j’aurais eu peut-être plus de chances personnellement.»

Malgré les circonstances, Lebreux fait contre mauvaise fortune, bon coeur. L’athlète originaire de Sainte-Anne-des-Plaines se rattache au fait qu’il n’est certainement pas le seul à vivre cette situation. Il note surtout qu’il pourra minimalement conserver, grâce à une entente intervenue dans la NCAA, son statut de «junior» lors de la prochaine saison universitaire.

«Ça ne me dérange pas tant, car c’est pareil pour beaucoup de monde, a-t-il dit. Par exemple, dans mon équipe, on avait peut-être six à neuf gars qui, normalement, auraient dû être repêchés et finalement, il n’y en a pas un. Même notre releveur Andrew Abbott, parmi les meilleurs au pays à sa position, n’a pas été choisi.»

S’il avait fallu que Lebreux ajoute une année d’ancienneté, il serait devenu «senior» et son pouvoir de négociations aurait été beaucoup moins grand au repêchage de 2021. Le fait qu’il pourra encore choisir entre se joindre à l’équipe qui le sélectionnera ou retourner à l’université pour une dernière année devrait lui permettre de toucher une meilleure prime d’engagement.

Un mal pour un bien?

Avec le possible retour de ses nombreux coéquipiers à l’Université de Virginie, Lebreux, 21 ans, se montre plutôt excité en vue de la prochaine saison.

«Nous étions déjà très bons et là, ce sera encore mieux», a anticipé le Québécois, dont l’équipe avait remporté 14 de ses 18 matchs lors de la présente campagne.

D’un point de vue personnel, Lebreux avait connu quelques difficultés au bâton durant les premiers matchs, mais il maintenait une moyenne de ,303 lors de l’interruption de la saison.

«J’étais content, j’ai débloqué, a-t-il dit. Pendant les premières parties, je devais encore m’habituer au calibre.»

À son retour avec les Cavaliers, Lebreux saura maintenant mieux à quoi s’attendre.

«Pour moi, d’être repêché dans les cinq premières rondes l’an prochain, ce serait un bon objectif», a-t-il statué.

Dans le cas d’Angel, qui avait bon espoir d’être repêché la semaine dernière, il retournera à l’Université de la Louisiane à Lafayette avec un seul but en tête: devenir un choix de première ronde en 2021. Le jeune lanceur de Lachine conserve également son statut de «junior» dans la NCAA.