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Impact de Montréal

«Je savais que ça serait dur» -Mauro Biello

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Certains athlètes se demandent de quoi leur après-carrière sera faite, mais Mauro Biello n’a pas eu à se poser cette question quand il a accroché ses crampons, en 2009.

«Dans mes deux ou trois dernières années comme joueur, j’ai eu beaucoup de blessures. Avant la saison 2009, je me suis donné la moitié de la saison pour voir comment je me sentais physiquement et si je pouvais jouer une autre année.» 

Comme il était aux prises avec une fasciite plantaire qui ne guérissait pas, il a pu amorcer sa transition en douceur.

«Marc Dos Santos venait d’être nommé entraîneur. Comme j’étais capitaine et que j’étais un joueur d’expérience, on m’a demandé de l’assister comme entraîneur en plus.»

Programmation 

L’Impact a remporté le championnat de fin de saison, Biello a officialisé sa retraite et il s’est par la suite retrouvé sur les lignes de touche comme adjoint jusqu’en 2015.

Biello admet qu’il a eu besoin d’une période d’adaptation pour faire la transition du statut de joueur à celui d’entraîneur.

«Lors de mes deux premières années, j’ai dû me reprogrammer pour ne plus penser comme un joueur et voir les choses autrement.»

Il a été adjoint sous Dos Santos et Nick De Santis en seconde division et ensuite avec Jesse Marsch, Marco Schällibaum et Frank Klopas en MLS.

«Sous Marco Schällibaum, je suis un peu devenu son adjoint numéro un. Quand Jesse est parti [avant l’embauche de Schällibaum], c’est moi qui ai pris la relève pour un voyage de deux semaines en Italie.»

Apprentissage 

En août 2015, les choses ne tournent pas rond chez l’Impact. L’équipe vient d’embaucher Didier Drogba, mais Frank Klopas ne fait pas gagner son équipe. Il est congédié très tard un samedi soir après un revers à Toronto et on annonce le lendemain la nomination de Biello pour lui succéder.

«Je savais que ça serait dur, les conférences de presse ne sont pas les mêmes à Montréal que dans les autres villes. Il y a une pression de bien faire à Montréal.»

«J’ai pris l’équipe, on était en neuvième place, on s’est rendu en troisième place, et l’année suivante, on était à quelques minutes de la finale.»

La saison 2017 n’a pas été facile, et il le savait, c’est pourquoi son congédiement quelques jours après la fin du calendrier régulier ne l’a pas bouleversé.

«C’est normal que dans ce métier-là, les choses se terminent. En 2017, c’était une année de transition, on le savait au début de l’année et on l’a vu quand Rémi Garde a changé l’équipe progressivement en arrivant l’année suivante.»

Progression 

Biello soutient qu’il n’a pas étouffé sous la pression à Montréal, bien qu’elle était bien perceptible.

«Le fait de préparer l’équipe sur le plan tactique, c’est quasiment ce qui était le plus facile. C’est le quotidien qui était plus lourd, la gestion des joueurs, les médias, les réunions.»

Cela dit, il n’est pas parti en claquant la porte et estime avoir tout donné à cette équipe.

«J’ai été chez l’Impact pendant 25 ans, c’était peut-être le temps de passer à autre chose. J’ai toujours mis l’équipe devant moi.»

Depuis 2018, Biello est l’adjoint de John Herdman, qui dirige l’équipe nationale masculine du Canada. Bien qu’il doive se rendre régulièrement à Toronto, il travaille à partir de chez lui, à Saint-Léonard.

«C’est différent de travailler avec l’équipe nationale, j’ai plus un rôle de planification, je fais du repérage. C’est différent parce que je ne suis pas tous les jours sur le terrain.»

Vers les olympiques? 

Biello s’occupe en plus des équipes des moins de 20 ans et des moins de 23 ans. Cette dernière va tenter de se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo, s’ils ont lieu l’an prochain. Il compte sur beaucoup de très bons jeunes joueurs comme Alphonso Davies et Jonathan David. Et ceux-ci vont devenir la locomotive du soccer canadien, qui est en train de devenir cool.

«Avec des jeunes comme Davies et David, on commence à voir de plus en plus de jeunes qui veulent jouer pour le Canada. Il y a des jeunes avec des passeports canadiens un peu partout. Un jeune qui pourrait porter les couleurs du Portugal, par exemple, va considérer l’équipe du Canada avec le talent qu’on a.»