SPO-MATCH ALOUETTES DE MONTRÉAL VS ROUGE ET NOIR D'OTTAWA

Crédit : Marc Desrosiers / Agence QMI

Alouettes de Montréal

«On aimerait seulement être informés»

Marc-Antoine Malo

Publié | Mis à jour

La Ligue canadienne de football (LCF) est pour l’instant restée bien discrète quant à ses plans de retour au jeu. La mèche raccourcit à vue d’œil pour le porteur de ballon des Alouettes de Montréal Tyrell Sutton et pour les autres joueurs du circuit, qui exigent des réponses.

La LCF a permis aux équipes l’accès à leurs sites d’entraînement à la fin-mai, mais il semblerait que les propriétaires de la ligue ne s’entendent même pas à savoir si cette saison 2020 devrait être conservée ou sacrifiée.

«On ne peut pas s’entraîner toute l’année en ne sachant pas ce qui se passe. Ce que les gens veulent, c’est de la transparence, a indiqué Sutton en vidéo-conférence, vendredi. Évidemment, sans nous [les joueurs] il n’y a pas de ligue ou de saison. On aimerait seulement être informés parce que certains devront se trouver un autre travail pour faire de l’argent.»

Les joueurs de la LCF sont parmi les athlètes professionnels d’Amérique du Nord les moins bien payés. Pour Sutton, on ne peut pas vraiment comparer sa situation à celles de ses congénères de la Ligue nationale de hockey ou de la NBA, qui ont déjà des plans de retour auxquels se fier.

«Ce n’est pas frustrant, mais c’est inquiétant monétairement, a avoué l’Américain. Ces athlètes font de gros salaires et ils ont les moyens d’avoir un revenu malgré la crise. Notre situation, c’est plus du "jouer ou se coucher". Je ne sais pas si on peut subvenir à nos besoins si on rate une saison.»

Trouver un travail

La compagne de Sutton, la Québécoise Émilie Desgagné, a donné naissance au premier enfant du couple le 6 avril dernier. À 33 ans, le porteur de ballon est conscient qu’il ne lui reste plus beaucoup d’années avant de penser sérieusement à la retraite. La pandémie arrive à un bien mauvais moment, surtout qu’il sait que sa famille compte maintenant une bouche de plus à nourrir.

«C’est sûr que j’aurais besoin d’un travail, a-t-il mentionné devant la possibilité que la saison soit annulée. Je n’ai pas eu la chance d’avoir plusieurs contrats consécutifs dans les six chiffres pendant ma carrière de 10 ans».

À tout cela s’ajoutent des complications liées aux visas de travail. Dans le cas de Sutton, qui est Américain, son permis viendra à échéance le 30 juin et il a tenté des démarches auprès de la ligue pour le renouveler, sans grand succès.

«Ce n’est pas vraiment une relation de confiance je dirais, parce qu’on ne nous donne pas les informations ou les outils nécessaires pour se battre ensemble, a rétorqué l’athlète. Je dirais que ce sont les joueurs contre les propriétaires contre la ligue.»