Penguins c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

«Montréal en aura plein les bras» selon l'ancien entraîneur-chef des Penguins

Publié | Mis à jour

La série entre les Canadiens de Montréal et les Penguins de Pittsburgh pourrait virer au mélodrame avant longtemps. 

Et comment! Les Penguins étaient dans une autre ligue que le CH cette saison. Ils comptent 29 victoires en temps réglementaire, contre seulement 19 pour le Tricolore, qui a joué deux matchs de plus. Leur différentiel est de +28, celui du CH est de -9. Leurs unités spéciales étaient supérieures et ils ont même obtenu un meilleur taux d’efficacité de la part de leurs gardiens.         

Appelons un chat un chat : il est carrément injuste pour la bande de Sidney Crosby de devoir affronter une équipe qui n’était même pas proche de participer aux séries, et ce, seulement pour entrer dans le vrai tournoi éliminatoire à 16 équipes – alors qu’elle aurait de toute évidence décroché son billet en temps normal. Il s’agit, en plus, d’un 3 de 5 dont le dénouement pourrait essentiellement être attribuable à de la chance dans des circonstances aussi exceptionnelles. 

Contacté par le TVASports.ca, l’ancien entraîneur-chef des Penguins de Pittsburgh Mike Johnston a accepté de se prononcer sur la série. Mais, avant toute chose, il a tenu à souligner la nature imprévisible des affrontements à venir. 

«Dans une courte série avec une pause aussi longue, je crois que ce sera si unique que tu dois presque jeter toutes les conventions par la fenêtre. Ce qui pourrait faire la différence est vraiment la préparation des joueurs, à quel point ils se sont investis dans leur entraînement, loin des patinoires.»

«Il y aura tellement de variables extérieures au hockey.»           

Le CH tourné en dérision            

Bien que les experts considèrent la possibilité que le CH cause la surprise, la formation montréalaise ne semble pas vraiment prise au sérieux en tant que 24e et dernière équipe qualifiée dans le grand tournoi. 

Si le CH l’emporte, c’est parce qu’il aura été chanceux ou sauvé par Carey Price. Voilà, grossièrement, la position adoptée par la planète hockey. Dans un sondage de The Athletic qui demandait à un entraîneur-chef, un dirigeant et un recruteur de se mouiller, tous ont favorisé les Penguins. «C’est comme si les Yankees affrontaient une équipe du AAA», a même illustré l’entraîneur anonyme. 

«Avec Kristopher Letang, Evgeni Malkin, Sidney Crosby et Jake Guentzel qui revient au jeu, ils seront assez durs à battre. Montréal va en avoir plein les bras», a pour sa part indiqué Johnston au TVASports.ca. 

Serait-il prêt à miser sur le CH? Poser la question, c’est presque y répondre. 

«Je ne pense pas, non...», a-t-il tranché en riant.

Le facteur Price          

Tous les yeux sont donc rivés sur Carey Price. À sa dernière présence en séries éliminatoires, le cerbère avait été excellent, accordant moins de deux buts par match en moyenne en plus d’afficher un taux d’efficacité de ,933. Le hic, c’est qu’Henrik Lundqvist avait été encore meilleur, et les Rangers de New York avaient triomphé en six matchs au premier tour. 

La dernière fois que Price a proprement volé une série, c’était en 2014. Le gardien vedette avait été sensationnel, compilant un taux d’efficacité de ,936 pour permettre au Tricolore de venir à bout des Bruins de Boston, première équipe au classement général cette année-là, en sept rencontres. Blessé par Chris Kreider, Price n’avait pu faire de même face aux Rangers en finale de l’Est. 

Reste à voir si Price peut revenir au sommet de sa forme après une saison couci-couça au cours de laquelle il a affiché un rendement de ,909, modeste selon ses standards. Marc Bergevin semble y croire. 

«Nos chances sont aussi bonnes que les autres équipes dans ce tournoi, a mentionné le directeur général du CH lors d’une conférence téléphonique au mois de mai. Ce sera une courte série. Je ne veux pas placer de pression sur Carey. Mais quand tu as un gardien comme lui, tout est possible. J’aime nos chances contre les Penguins.» 

Bergevin n’a d’autre choix que d’y croire. Toutefois, dans une récente entrevue sur les ondes du réseau MSG, l’entraîneur-chef des Islanders de New York, Barry Trotz, abondait dans le même sens : les 24 équipes ont une chance. 

«Ça va être fantastique pour le sport parce que vous pouvez être à la 12e place et avoir une chance de gagner la coupe Stanley, a-t-il fait valoir. Ça montre à quel point c’est serré dans la ligue. Il y a de la parité et si vous parvenez à appuyer sur le bon bouton, vous pouvez être champions de la coupe Stanley dans deux mois.»

Il en faudra plus pour convaincre les parieurs de miser sur les Canadiens. Chose certaine, on entendrait longtemps les partisans des Penguins grogner si leur équipe devait être surprise lors du tour de qualification...