SPO-Tournois de golf de la Fondation des Canadiens de Montréal

Crédit : MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Canadiens de Montréal

«On roule à 0 mile à l'heure» - Geoff Molson

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Rares sont les sphères d’activité qui ont été épargnées par la pandémie de la COVID-19. C’est encore pire pour ceux qui œuvrent dans le monde du sport et du divertissement, deux milieux qui sont loin d’être prioritaires dans les phases de déconfinement.

Par conséquent, on peut comprendre que Geoff Molson, propriétaire du Groupe CH, compagnie qui possède le Canadien, evenko, le Groupe Spectra et le Rocket de Laval, l’a eu dans les dents depuis la mi-mars.  

«Avant le 12 mars, on roulait à 100 miles à l’heure. Ça fait maintenant trois mois qu’on roule à 0 mile à l’heure et ça risque d’être le cas pendant plusieurs autres mois», a-t-il déclaré.

Devant cette réalité, le Groupe CH n’a eu d’autre choix que de procéder à une restructuration complète de l’entreprise. C’est ce qui explique la mise à pied d’une trentaine d’employés, la semaine dernière.

«Ce sont des décisions qui n’étaient pas faciles, mais en tant qu’organisation, il fallait les prendre», a indiqué l’homme de 49 ans.

D’ailleurs, on l’a senti touché lorsqu’il a commenté le congédiement de Dominick Saillant, directeur principal des communications, qui était au service de l’équipe depuis 23 ans.

«C’est très triste. J’ai toujours eu du respect pour Dom. Je vais toujours en avoir pour lui. Il était excellent dans son poste. C’est une bonne personne et une personne qui travaille très fort», a-t-il témoigné.

Demande à l’aide  

Les temps sont tellement difficiles que le Groupe CH a demandé au gouvernement du Québec, il y a deux semaines, de l’aider financièrement à passer à travers cette crise. Une requête qui en a fait sourciller plus d’un étant donné la valeur de l’entreprise et les revenus astronomiques qu’elle encaisse.

«Comme pour toutes les grandes institutions culturelles au Québec, c’est une crise qui est sans précédent. On doit tout faire en notre pouvoir pour nous assurer que nos festivals vont s’en sortir», a d’abord indiqué Molson.

«L’appui des paliers de gouvernement est important pour nous, mais il l’est également pour eux, a-t-il ajouté. Des festivals comme les Francos, celui de Jazz et Osheaga amènent des milliers de touristes. On remplit les hôtels et les restaurants. L’impact économique est bon pour la province et la ville de Montréal », a soutenu l’homme d’affaires.

Chacun chez soi  

L’entrée d’argent aura beau être nulle au cours des prochains mois, cela n’empêchera pas Marc Bergevin d’avoir les coudées franches lorsque viendra le temps de renouveler les contrats de ses joueurs ou de tenter sa chance sur le marché des joueurs autonomes.

«Il n’y a aucun lien entre la pandémie et notre capacité à signer des joueurs. On va s’assurer d’être en mesure d’avoir l’équipe compétitive qu’on veut avoir, a assuré Molson. Les 31 équipes, bientôt 32, sont dans le même bateau. Tout le monde fait exactement la même chose. On gère notre entreprise pour être en mesure de sortir forts à la fin de la crise.»

On pourrait se demander s’il en est de même sur la glace. Alors que plusieurs équipes ont vu leurs joueurs commencer à converger vers leur complexe d’entraînement, ceux du Canadien se font toujours attendre.

Encore une fois, Molson, qui en a profité pour annoncer que le complexe sportif de Brossard serait prêt, dès lundi, à recevoir les joueurs qui souhaiteront s’amener à Montréal, s’est voulu rassurant.

«Les règles régissant la phase 2 sont très strictes. Avec la limite du nombre de joueurs sur la patinoire et la quarantaine de 14 jours, on pense qu’il était plus productif pour nos joueurs de continuer de s’entraîner chez eux, a expliqué Molson. Notre plan est différent des autres équipes, mais nous serons aussi prêts que tout le monde.»

Le camp aux États-Unis  

Cette fameuse règle des 14 jours risque d’occasionner un joli casse-tête lorsque viendra le temps d’amorcer les camps obligatoires (phase 3). Pour l’éviter, des équipes ont déjà manifesté leur désir de tenir ces semaines d’entraînement aux États-Unis.

Molson ne cache pas que c’est une option qui se trouve sur la table. Toutefois, il préférerait en arriver à une entente avec Justin Trudeau et François Legault.

«On souhaite que le gouvernement accepte qu’avec les tests quotidiens, il sera sécuritaire pour nos joueurs de revenir au jeu avant les 14 jours, a-t-il déclaré. Le Dr Mulder travaille avec les médecins au Québec, et la LNH fait de même au niveau fédéral. Si ça nuit à notre capacité de bien se préparer pour les séries, on va trouver une autre solution. Pour l’instant, on veut trouver une solution chez nous.»