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Crédit : STEVE MADDEN/AGENCE QMI

F1

«C’est fou comme tout peut changer»

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

En temps normal, les premiers essais libres de la Formule 1 auraient eu lieu vendredi matin au circuit Gilles-Villeneuve, mais la pandémie a forcé le report ou l’annulation des dix premières épreuves de la saison 2020.

Le Grand Prix du Canada donne le coup d’envoi de l’été à Montréal. Les hôtels seraient aujourd’hui bondés, les rues du centre-ville vibreraient au rythme du plus grand événement touristique au pays. Il n’en est rien cette année.

«C’est fou comme tout peut changer, a avoué François Dumontier en entrevue au Journal. Nous aurions accueilli des milliers de visiteurs la veille à l’occasion de la traditionnelle Journée portes ouvertes.»

«Comment imaginer une telle activité dans le contexte actuel de distanciation physique?» a renchéri le promoteur du Grand Prix du Canada.

Une foule en délire

À défaut de pouvoir prédire l’avenir et de garantir la tenue de la course cet automne comme il le souhaite ardemment, Dumontier, patron du GP depuis 2010, s’est rappelé des moments mémorables qui ont marqué son implication. En tête, la victoire du Français Jean Alesi en 1995.

«Ç’a été ma première année au Grand Prix, se souvient-il. Normand Legault m’avait recruté comme responsable du montage des installations sur le circuit. Le monde était tellement content de voir Alesi gagner la première victoire de sa carrière [la seule] au volant d’une Ferrari, qu’ils ont envahi la piste avant même que la course ne soit terminée. C'était tellement dangereux.»

«À l’époque, deux rangées de clôtures étaient installées, dit-il, dont l’une devait contenir les spectateurs. Elle n’était haute que de quatre pieds. C’était donc facile pour les gens de l’enjamber. Je me souviens que le pilote Mika Salo est venu très près de frapper un amateur avant de rallier l’arrivée. Il a fallu remplacer toutes ces clôtures l’année suivante qui coïncidait avec l’arrivée de Jacques Villeneuve en F1.»

Dumontier se souvient aussi de l’année 1999 où trois champions du monde, Michael Schumacher, Damon Hill et Jacques Villeneuve, ont percuté le mur «Bienvenue au Québec» à la sortie du dernier virage du circuit.

«C'est une année incontournable dans l'histoire du Grand Prix, dit-il. Ce n'est pas banal de voir trois pilotes aussi expérimentés être victimes d'un accident au même endroit et pendant la même course. On va s'en rappeler encore longtemps.»