Dube-Brais

Crédit : Le Journal de Québec

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Charles Dubé-Brais, un Raptor dans l’âme

Publié | Mis à jour

Tandis que la NBA se prépare au retour de ses activités cet été, Charles Dubé-Brais se retrouve de nouveau en fin de contrat et souhaite de tout cœur que l’aventure se poursuive.

«Je n’ai aucune idée de ce qui va se passer. C’est flou pour pas mal de monde actuellement dans le milieu de la NBA», a confié l’entraîneur en entretien avec Le Journal de Québec

Dubé-Brais s’était fait connaître à Québec en dirigeant les défunts Kebs, avant d’aller parfaire son art avec le JSF de Nanterre, en France. Par la suite, il a fait le saut avec le Kung Fu de ChongSon, en Chine, où il avait été élu entraîneur de l’année en 2017 dans la Ligue de basketball de l’Association des nations du Sud-Est asiatique.

Il s’était aussi fait remarquer dans la Ligue d’été de la NBA, où il avait été un entraîneur invité par les Spurs de San Antonio et les Raptors.

Lors de la dernière saison, qui a dû être annulée en raison de la pandémie, les Raptors 905 occupaient le sixième rang dans l’Est, dans une triple égalité pour l’obtention du dernier billet disponible pour les séries.

«Lors des deux premiers mois, on a eu beaucoup de blessures et on a connu un lent départ. Vers la fin, on a gagné 11 de nos 14 derniers matchs et on formait l’une des meilleures équipes de la ligue. On aurait été dangereux avec le momentum en séries. On venait de tourner le coin, puis tout s’est arrêté», a déploré Dubé-Brais.

Pas de complexe

L’an dernier, son contrat avec l’organisation avait été renouvelé pour un an. Le voilà donc au même point, à espérer une nouvelle offre, dans un contexte où les revenus des organisations de la NBA sont toutefois en chute libre en raison de la suspension de la campagne.

«Je n’ai eu que des échos positifs des Raptors sur ce que j’ai fait. Je ne me sens pas menacé sur ce plan, mais il reste qu’il y a une nouvelle réalité budgétaire et que je suis l’un des derniers arrivés. Est-ce qu’il y aura des coupures de postes? On ne sait pas.

«J’espère avoir des nouvelles, mais disons qu’à la grande table mondiale des gens qui vivent des problèmes, mon cas ne sera pas prioritaire. Je ne suis pas à plaindre», rigole Dubé-Brais.

S’il avait le choix des cadeaux, le père de deux jeunes garçons de trois et cinq ans opterait volontiers pour la stabilité que lui procure Toronto.

«Je travaille avec des gens que j’adore sur les plans humain et sportif. Depuis la fin de la saison, j’ai travaillé sur plusieurs projets, et Nick Nurse [l’entraîneur des Raptors] nous a tous inclus là-dedans. C’est hyper enrichissant de travailler avec lui, et j’ai appris de façon prodigieuse. Bien des gens commencent à réaliser qu’il est probablement devenu le meilleur coach dans la NBA», s’est exprimé Dubé-Brais.

«Le sport professionnel est toujours un monde d’instabilité, mais avec les succès des Raptors actuellement, cette organisation est ce qui se rapproche le plus de la stabilité.»

Un plan de relance qui tient la route pour la NBA

Pour Charles Dubé-Brais, il ne fait absolument aucun doute que la NBA a élaboré un plan de retour au jeu qui ne fait pas fausse route.

Vingt-deux des 30 équipes se rapporteront sur le site de Walt Disney World, à Orlando, autour du 7 juillet. Il s’agira des huit premiers clubs dans l’Association de l’Est au moment de la pause forcée, en plus des huit premiers dans l’Ouest et des six qui se retrouvent à six matchs ou moins d’une place en séries.

Après un camp d’entraînement et quelques matchs préparatoires, la saison reprendra le 31 juillet, tandis que les séries débuteront autour du 18 août pour prendre fin au plus tard le 12 octobre.

Évidemment, de nombreuses mesures sanitaires seront mises en place. Autant les propriétaires d’équipes que les joueurs ont ratifié rapidement l’entente proposée.

«C’est le mieux que la NBA pouvait faire», estime Dubé-Brais.

«On a la chance d’être dans une ligue qui est au sommet en termes de vision avant-gardiste et de bonnes façons de penser. Ce n’est pas pour rien qu’Adam Silver s’est aussi fait approcher par d’autres ligues pour être commissaire. On a à la tête de notre ligue quelqu’un d’exceptionnel qui a beaucoup de crédibilité auprès des joueurs et qui leur a bien fait comprendre la nouvelle réalité. Il leur a assuré de protéger leur santé, mais en expliquant les ramifications financières si on ne reprenait pas.»

Dubé-Brais se réjouit aussi que certaines idées jugées originales, mais qui risquaient de dénaturer le sport, aient été écartées.

«Ils ont bien ficelé le truc pour que les équipes qui avaient une chance d’être en séries soient là et que celles qui ne jouaient pour rien ne soient pas là. On va garder intact le format des séries, et c’est important. Je n’étais pas un grand fan des autres formats.»

Sur place?

Malgré l’excitation de voir le basketball de la NBA se rapprocher d’un retour en action, il serait étonnant que Dubé-Brais soit de la partie à Orlando auprès des Raptors, qui occupent le deuxième rang dans l’Est et qui tenteront de défendre leur championnat du printemps dernier.

«La bulle sera restreinte à 35 personnes par équipe. Normalement, les Raptors voyagent à 50-60 personnes par match en séries. Plusieurs seront donc laissés derrière. Il y a toute une logistique à respecter», constate-t-il.