Crédit : Dave Abel/Toronto Sun

Athletisme

Donovan Bailey est dégoûté du racisme

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L’ancien sprinteur canadien Donovan Bailey a insisté sur l’existence du racisme systémique au pays, précisant que la discrimination à l’égard des Noirs prend différentes formes plus subtiles les unes que les autres.

Champion de l’épreuve olympique du 100 mètres aux Jeux d’Atlanta de 1996, l’homme de 52 ans avait déjà exprimé son opinion, avant même de remporter la médaille d’or sur la plus grande scène. Près d’un quart de siècle plus tard, le fond de sa pensée n’a pas changé.  

«À propos des deux dernières semaines, je suis fatigué. Honnêtement, ça me paralyse, réellement. Émotivement, je suis à bout, a-t-il déclaré au réseau CTV avant d’enchaîner sur la mort de George Floyd. Cela semble trop facile pour un policier, celui-là en particulier, d’enlever la vie à un homme en apparence sans défense. Je crois que ce fut l’une des choses les plus dégoûtantes que je n’ai jamais vues.»

«Maintenant, je continue de le demander à mes amis et à moi-même : ces deux semaines représentent-elles un autre épisode de ce que nous avons vu tellement de fois auparavant ou verrons-nous cette fois des résultats?», a-t-il ajouté.

Avec le sourire  

Aux yeux de Bailey, la discrimination ne fait effectivement aucun doute.

«Au Canada, c’est le racisme avec un sourire, a-t-il mentionné. Il doit y avoir un plan d’action contre chaque sorte.»

À titre d’exemple, l’ex-athlète cite le cas des entrevues d’embauche accordées à des Noirs, qui, dans les faits, n’ont aucune chance de décrocher un poste avant même l’entretien avec l’employeur. Pour lui, ces discussions vaines ne visent qu’à donner une bonne apparence publique à la compagnie concernée.

«Nous savons que dans plusieurs cas, la décision a déjà été prise. Je pense qu’il s’agit d’une grande partie du problème, a souligné Bailey. L’un des points encourageants, c’est qu’on peut voter. (...) Mais il faut être capable de diriger nos propres entreprises, de se retrouver dans les secteurs d’influence, de participer à la prise de décision. On doit devenir des entrepreneurs.»

Durant sa carrière en piste, Bailey ne s’était pas gêné pour dénoncer le racisme.

«Le Canada est aussi ouvertement raciste que les États-Unis. Nous savons que cela existe. Les gens qui ne semblent pas être des Canadiens – donc, les personnes de couleur – ne reçoivent pas un traitement identique aux autres», avait-il entre autres indiqué.