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Crédit : AFP

UFC

L'apprenti-plombier devenu star mondiale

Publié | Mis à jour

Grande gueule, showman et combattant féroce, l'Irlandais Conor McGregor, qui vient d'annoncer sa retraite, s'est très vite imposé comme l'une des grandes stars du MMA (arts martiaux mixtes) et l'un des sportifs les mieux payés de la planète. Un destin hors du commun pour celui qui survivait il y a peu avec une centaine d'euros par semaine.

À 31 ans, cette figure de proue de l'UFC (Ultimate Fighting Championship), principal organisateur de combats de MMA, a pris tout le monde par surprise en annonçant dimanche sa retraite... pour la 3e fois après 2016 et 2019. 

Difficile de prévoir si cette troisième sortie de l'Irlandais sera définitive. Adepte des déclarations à l'emporte-pièces et roi de la provocation, celui qui est surnommé «The Notorious» (littéralement, le célèbre) n'a en effet jamais rien fait comme les autres. 

S'il s'est forgé un solide palmarès au sein de l'UFC en détenant les titres des poids plumes de 2015 à 2016 et des poids légers de 2016 à 2018, c'est surtout en participant à un combat controversé de boxe face à la légende américaine Floyd Mayweather, en août 2017 à Las Vegas (défaite par arrêt de l'arbitre à la 10e reprise), qu'il a accédé à une notoriété internationale et à la richesse.

«Je suis dans la vie comme je suis lorsque je me bats, il n'y a pas de tromperie sur la marchandise avec moi», aimait-il rappeler pour expliquer son énorme popularité parmi les amateurs de MMA.

Look et humour

La barbe et le cheveu roux hirsutes, les muscles saillants, le corps recouvert de tatouages, McGregor a un look qui passe difficilement inaperçu. Il ne manque pas non plus d'humour, comme le prouve le nom de son superbe yacht, dont il a pris livraison juste avant d'affronter Mayweather: il l'a baptisé 188, en référence à l'indemnité-chômage hebdomadaire de... 188 euros qu'il touchait encore en 2013. McGregor est désormais millionnaire, collectionne les voitures de luxe, voyage en jet privé et se fait tailler des costumes sur mesure. 

McGregor vient d'un quartier populaire de Dublin, Crumlin, où son père était chauffeur de taxi. A en croire sa légende, il aurait rejoint, adolescent, un club de boxe local pour pouvoir se défendre face à des caïds de son collège.

Guère passionné par ses études, il quitte rapidement l'école et devient, sans conviction, apprenti-plombier: «Je détestais ce boulot, on travaillait 14 à 15 heures par jour, on me donnait des ordres, je me suis vite dit que ce n'était pas pour moi et que j'allais tenter de réaliser mon rêve», a-t-il raconté.

Son rêve n'est pas la boxe, mais les arts martiaux mixtes, mélange de plusieurs sports de combat, beaucoup plus spectaculaire que le noble art, plus violent aussi. Mais son parcours a bien failli prendre fin rapidement: dès son troisième combat professionnel, qui plus est dans son quartier de Crumlin, il s'incline face à un expérimenté Lituanien et, vexé, décidé d'arrêter de combattre.

Démêlés avec la justice

Il finit par revenir sur sa décision et se fait peu à peu un nom à coups de victoires spectaculaires et expéditives, au point de taper dans l'oeil de l'UFC, le principal organisateur américain de combats qui le recrute en 2013 pour en faire l'une de ses stars.

Il accumule alors les ceintures chez les plumes mais se fait surprendre en mars 2016 par l'Américain Nate Diaz et décide même de stopper sa carrière, mais l'UFC lui rappelle qu'il a un contrat à honorer.

Deux ans après sa défaite honorable face à Mayweather, McGregor décidera de raccrocher une deuxième fois après avoir subi un revers en octobre 2018 face au Russe Khabib Nurmagomedov, pour le titre UFC des poids légers, dans un combat achevé par une bagarre générale. Les deux vedettes du MMA écopent d'une suspension après les faits.

En octobre dernier, McGregor avait annoncé vouloir reprendre le MMA et avait effectué son retour dans l'octogone en janvier à Las Vegas en s'imposant en 40 secondes seulement face à l'Américain Donald Cerrone.

L'Irlandais a aussi eu maille à partir à plusieurs reprises avec la justice. Il a notamment été impliqué dans deux agressions aux Etats-Unis. Il est également visé par deux enquêtes pour agression sexuelle en Irlande, selon le New York Times.