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Crédit : Photo d’archives

Baseball - MLB

«À 20 000$, c’est sûr que je ne signe pas...»

Publié | Mis à jour

Réduit à seulement cinq rondes en raison de la pandémie de coronavirus, le prochain repêchage du baseball majeur, prévu les 10 et 11 juin, devient soudainement moins excitant pour les espoirs québécois.

Le joueur d’avant-champ Émilien Pitre, membre de l’équipe nationale junior du Canada, était logiquement en droit de s’attendre à être repêché tandis que le receveur Raphaël Pelletier rêvait d’être à nouveau sélectionné en 2020. Le format traditionnel, qui compte 40 rondes, aurait forcément été plus propice pour eux.

«Je me voyais peut-être sortir entre les rondes 10 à 20, a indiqué Pitre, un jeune homme de 17 ans originaire de Repentigny. Je suis encore en discussion avec quelques équipes, mais disons que mes espoirs sont plutôt minces. C’est certain que je suis un peu déçu. Je rêve à ça depuis que je suis petit d’être repêché dans le baseball majeur.»

«Ç’aurait été une belle opportunité pour moi cette année, mais je ne l’ai pas trop mal pris», a pour sa part indiqué Pelletier, qui avait été choisi en 25e ronde par l’organisation des Rangers du Texas, l’an dernier.

Or, Pelletier et les Rangers n’avaient pas été en mesure de s’entendre sur un boni de signature en 2019. Le receveur québécois se donnait ainsi un an de plus pour se développer et être appelé plus tôt lors de l’encan annuel. À 18 ans, Pelletier a certainement poursuivi sa progression, mais pas assez, semble-t-il, pour devancer les meilleurs Américains, dont ceux issus des rangs universitaires, et se hisser dans les cinq premiers tours.

Au fil des ans, seulement quelques Québécois ont été repêchés dans les cinq premières rondes, dont Charles Leblanc et Abraham Toro en 2016. Et dans ces deux cas, ils ont évolué chacun un peu aux États-Unis avant d’y arriver. Évidemment, le Québécois ayant été sélectionné le plus haut demeure le lanceur Phillippe Aumont, soit en première ronde (11e au total), par les Mariners de Seattle, en 2007.

Un maximum de 20 000$

Conséquence supplémentaire de la COVID-19: les équipes du baseball majeur seront limitées à un montant de 20 000$ par joueur pour embaucher un espoir qui n’aura pas été choisi mercredi ou jeudi. Dans le cas de Pelletier, il avait refusé une somme supérieure de la part des Rangers... Son avenir risque finalement de passer par le réseau universitaire américain tout comme celui de Pitre.

«À 20 000$, c’est sûr que je ne signe pas et que je préfère aller à l’école», a avoué Pitre, qui détient une intéressante bourse d’études pour se joindre à l’Université du Kentucky à compter de septembre 2021.

En plus de Pitre et Pelletier, quelques autres jeunes du Québec, dont Alfonso Villalobos et Yohann Dessureault, auraient pu attirer l’attention d’un recruteur du baseball majeur advenant un repêchage à 40 rondes. Ce sera toutefois partie remise, à moins d'une énorme surprise.

Privés de dessert

Au-delà du prochain repêchage du baseball majeur et des joueurs admissibles, ce sont tous les jeunes espoirs du Québec qui souffrent de la présente pandémie de coronavirus.

«Certains jeunes ont l’impression de perdre une année, mais il faut davantage le voir comme un plan retardé, a indiqué l’entraîneur Maxime Hockhoussen, qui est à la barre du programme de l’ABC, réunissant les meilleurs joueurs du Québec. C’est sûr que c’est décevant pour eux car ils se sont entraînés tout l’hiver et, présentement, c’est la période de l’année où ils seraient en train de jouer. Là, on attend le dessert.»

Deux tournois étaient notamment prévus ces jours-ci dans la région de Boston, puis l’équipe des 16 ans et moins devait se rendre à Nashville, du 21 au 29 juin, sur le fameux site de l’université Vanderbilt. Ces compétitions offrent naturellement de belles fenêtres pour exposer son savoir-faire aux dépisteurs, même pour les joueurs qui peuvent être repêchés seulement en 2021, 2022 ou 2023.

Des expériences ratées

Membre de l’équipe canadienne junior, Émilien Pitre, lui, a notamment manqué un voyage prévu en République dominicaine. Il devait alors se mesurer aux espoirs de l’Amérique latine déjà affiliés à des équipes du baseball majeur.

«C’est dommage de perdre ces belles expériences de vie», a-t-il commenté, reconnaissant toutefois que le moment est venu de se retrousser les manches puisque le baseball a encore beaucoup de cadeaux à lui offrir, tôt ou tard.

En attendant la reprise des activités, il s’entraîne à la maison, à Repentigny, avec quelques élastiques, un tee-ball et un filet. Il y a aussi son père qui accepte volontiers de se lancer la balle avec lui. Ce n’est pas tout perdu.