SPO-HKO-HKN-PTR-2016-NHL-DRAFT---PORTRAITS

Crédit : AFP

LNH

Sean Day, le «joueur exceptionnel» qui ne baissera pas les bras

Publié | Mis à jour

Classé «joueur exceptionnel» dans la Ligue junior de l’Ontario, où il a fait ses débuts à 15 ans en 2013, Sean Day a récemment été libéré par l’organisation des Rangers de New York après avoir passé la majeure partie de la dernière saison dans l’ECHL.

Le défenseur, qui a maintenant 22 ans, avait été choisi au troisième tour du repêchage de 2016 par les Rangers. Il se retrouve présentement sans équipe. Pour quelle raison n’a-t-il pas eu le même destin que les trois autres «joueurs exceptionnels» passés par le circuit ontarien, en l’occurrence Aaron Ekblad, John Tavares et Connor McDavid?  

Les explications sont multiples. Dans un récent article d’Elliotte Friedman, du réseau Sportsnet, il est révélé que dès sa deuxième saison dans les rangs juniors, Day a commencé à crouler sous la pression. Des problèmes familiaux, comme l’arrestation de son frère Scott, l’ont aussi affecté.

Il était également du genre à un peu trop se fier sur ses habiletés naturelles : Day est un patineur fluide, particulièrement habile à relancer l’attaque, avec un bon gabarit. Mais sa performance au «combine» de 2016, où les recruteurs de la LNH ont notamment l’occasion de mesurer l’état physique d’un espoir, avait été peu convaincante.

Bref, le voilà maintenant à l’approche d’une troisième année professionnelle, sans contrat et sans même avoir pu renifler la LNH. Mais il ne baissera pas les bras.

«Je vais certainement jouer (la saison prochaine)», a-t-il assuré à Sportsnet.

Certains ont suggéré que Day n’a peut-être pas suffisamment le cœur à l’ouvrage pour atteindre les plus hauts sommets, malgré son talent. D’autres ont même pensé qu’il envisageait la retraite. Selon lui, il n’en est rien.

«J’adore le hockey, et ces deux dernières années, je pense avoir prouvé que j’ai ce sport à cœur et que je veux gagner ma vie avec le hockey», a-t-il affirmé, rappelant au passage qu’il a fait le nécessaire pour revenir au jeu un mois plus tôt que prévu, en début de saison, après avoir subi une importante opération à une hanche.

Maturité 

Son entraîneur dans la ECHL avec les Mariners du Maine, Riley Armstrong, a souligné que Day a mis du temps à maturer dans son jeu, spécialement dans l’aspect défensif, mais qu’il y arrive tranquillement.

«Il sait qu’il doit prendre les choses plus sérieusement», a-t-il indiqué, ajoutant que Day comprend désormais qu’il ne peut plus jouer comme il le faisait chez les juniors.

«Il travaille sur sa défensive, a-t-il précisé. Il y a eu un match en fin de saison où il a obtenu trois points, mais il a dit "j'étais nul ce soir". Il a commencé à comprendre comment il doit jouer.»

Armstrong a également souligné à quel point Day est apprécié par ses coéquipiers.

«Il n’y a pas un gars qui ne l’aime pas, a-t-il observé. C’est le genre de gars qui prend un peu plus de temps pour grandir et trouver son chemin. Je trouve qu’avec la façon dont il patine, il vaut le coup.»

Aller de l'avant 

Il y aurait de l’intérêt pour Day à l’heure actuelle, mais avec toute l’incertitude liée à la pandémie de COVID-19 qui a mis un frein à la saison 2019-2020, il est difficile de déterminer ce qui lui arrivera à court terme.

En attendant, il semble très serein après avoir libéré par les Rangers. L’organisation lui souhaite bonne chance et personne, semble-t-il, n’avait quoi que ce soit de bien négatif à dire à son sujet.

«Ça n’a pas fonctionné avec New York, mais je ne vais pas commencer à les dénigrer, a observé le défenseur. Ils m’ont donné l’opportunité de jouer au niveau professionnel et ils m’ont repêché. Je suis très reconnaissant pour ça. Il faut passer à autre chose. Je ne faisais pas partie de leur futur, ça se sentait.»

Lorsque la nouvelle a été annoncée, il y a quelques jours, les médias sociaux ont fait leur œuvre habituelle : de nombreux messages peu élogieux au sujet de sa carrière lui sont parvenus.

«Évidemment, il y a beaucoup de monde qui me critique, mais ces gens-là ne me connaissent pas», s’est-il défendu.

«S’ils me connaissaient, ils ne diraient pas la moitié de tout ce qu’ils racontent.»