Boxe

Des camps dignes de «Rocky»

Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Depuis le début de la pandémie, les boxeurs professionnels trouvent une façon de se garder en forme à la maison. Certains ont les équipements nécessaires et d’autres doivent être plus créatifs. Toutefois, ça pourrait devenir compliqué dans les prochaines semaines.

Certains pugilistes obtiendront des dates pour des combats durant la saison estivale. Eleider Alvarez en a déjà une en poche, celle du 16 juillet. Marie-Ève Dicaire, Mikael Zewski, Kim Clavel et Jean Pascal pourraient aussi avoir des offres pour des duels présentés avant le 31 août.

Du côté d’Eye of the Tiger Management, le promoteur Camille Estephan tente d’organiser un gala au Québec contre vents et marées. Il vise la date ambitieuse du 18 juillet. Pour ses boxeurs qui se produisent aux États-Unis sur une base régulière, ils devront se tenir prêts parce que Golden Boy compte relancer ses activités en septembre.

Comment ces boxeurs pourront-ils se préparer de façon adéquate pour leurs combats avec les restrictions imposées par la Santé publique et leurs gymnases fermés?

Un camp s’échelonne sur huit semaines. Beau temps mauvais temps. Lors des premières semaines, l’accent est mis sur le conditionnement physique.

Avec une bonne dose d’imagination, les entraîneurs peuvent trouver des façons de repousser les limites de leurs athlètes avec des entraînements extérieurs.

On pourrait assister au retour de la vieille école. Comme le camp d’entraînement de Rocky Balboa en Russie. Ce n’est pas une blague. Les boxeurs pourraient faire de la course en montagne, bûcher du bois et tirer de grosses roches pour améliorer leur cardio et travailler sur leur force physique.

Le sparring, le nœud

Au milieu du camp, ça pourrait se corser pour les entraîneurs et les boxeurs. C’est le moment où les séances de sparring (combats d’entraînement) doivent se mettre en marche. Elles sont cruciales pour un boxeur avant un affrontement.

Durant ces dizaines de rounds avec un adversaire, l’entraîneur peut implanter sa stratégie en prévision du combat. Le boxeur peut également gérer ses énergies à mesure que le nombre de rounds augmente.

Lors du sparring, la distanciation de deux mètres est impossible à respecter entre les deux boxeurs qui portent des casques. Durant les échanges, les boxeurs sont à proximité seulement pendant quelques secondes. C’est là que la Santé publique croit qu’il y aurait un risque de transmission de la COVID-19.

Est-ce qu’on devrait tester tous les boxeurs, qui ont des permis avec la Régie, sur une base régulière? C’est une des solutions afin que les athlètes, les entraîneurs et les hautes instances de la Sécurité publique puissent travailler la tête en paix.

Du pain sur la table

Les gymnases sont fermés à double tour et les sparrings ne sont pas permis même à l’extérieur. C’est le constat actuel.

Ces restrictions ne sont pas à la veille d’être levées. Il n’est pas dit qu’elles feront partie de la prochaine phase de déconfinement sportif, surtout dans la grande région de Montréal.

Pourquoi la Santé publique ne donnerait-elle pas une dérogation aux boxeurs professionnels pour qu’ils puissent s’entraîner dans des conditions optimales?

Ils ne s’entraînent pas pour le plaisir. Ce n’est pas par caprice. Ils le font pour mettre du pain sur la table de leur famille. Ils payent des impôts sur chaque dollar empoché ici ou ailleurs.

Si les joueurs du Canadien ou de l’Impact peuvent s’entraîner en prévision de leur retour au jeu, les boxeurs professionnels méritent le même traitement de faveur de la part des autorités québécoises.

Après tout, ce sont des athlètes qui nous représentent partout sur la planète. Ce n’est pas trop demander.