Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens de Montréal

Ron Hainsey: une belle carrière... loin de Montréal

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Le cas du défenseur Ron Hainsey aura fait beaucoup moins jaser à Montréal que celui de Ryan McDonagh ou encore, plus récemment, Mikhail Sergachev. 

Or, maintenant que Hainsey semble s’approcher de la retraite, force est de constater que cet ancien choix de premier tour des Canadiens aura connu une belle et longue carrière dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

Pour la petite histoire, rappelons qu’Hainsey, à l’époque âgé de 24 ans, avait quitté Montréal quand les Blue Jackets de Columbus l’avaient réclamé au ballottage en novembre 2005. 

Le CH venait alors de rappeler le défenseur de la Ligue américaine (LAH) en vue d’un match contre les Sénateurs, à Ottawa, mais la formation de Columbus avait saisi l’occasion pour le chiper au Tricolore.

Erreur d’évaluation de la part de Bob Gainey et de l’entraîneur-chef Claude Julien? 

À l’époque, Gainey savait très bien qu’il courait un risque en envoyant Hainsey chez les Bulldogs de Hamilton, dans la LAH, en début de saison. Le défenseur avait d’ailleurs répliqué en récoltant 17 points en 22 matchs à Hamilton.

Les qualités athlétiques de Hainsey étaient indéniables, mais on disait que l’Américain n’avait pas la meilleure attitude et qu’il était plutôt prétentieux lorsqu’il est débarqué avec l’organisation. 

On lui avait aussi reproché, à ses premières années, d’avoir laissé son appartement de Québec dans un état lamentable pendant son séjour avec les Citadelles.

«Je suis déçu que cela n’ait pas fonctionné pour moi avec l’organisation qui m’a repêché, mais c’est un nouveau départ», avait affirmé Hainsey, devant les médias montréalais, au moment de quitter.

Le défenseur, qui avait été choisi 13e au total lors du repêchage de 2000, ne croyait pas si bien dire.

Mille cent matchs ailleurs

Hainsey aura sans doute pris de la maturité puisqu’après son passage avec le Canadien, avec qui il a joué ses 32 premiers matchs dans la Ligue nationale de hockey, il en a disputé 1100 de plus en saison régulière. 

On l’a vu, dans l’ordre, avec les Blue Jackets, puis avec les Thrashers d’Atlanta devenus les Jets de Winnipeg. Il s’est joint ensuite aux Hurricanes de la Caroline, aux Penguins de Pittsburgh et aux Maple Leafs de Toronto.

Encore la saison dernière, avec les Sénateurs d’Ottawa, Hainsey a présenté le meilleur différentiel de son équipe, soit +10.

À 39 ans, le vétéran risque toutefois d’être poussé vers la retraite à la suite de cette pandémie de coronavirus. Les Sénateurs semblaient intéressés à retenir ses services. 

Toutefois, la prochaine campagne risque de commencer tardivement, ce qui n’a rien pour aider la cause de Hainsey, qui doit devenir joueur autonome sans compensation d’ici là.

«Ce serait mentir de dire que ce n’est pas une préoccupation», a d’ailleurs commenté l’entraîneur-chef des Sénateurs, D.J. Smith, dans une entrevue publiée par le quotidien "Ottawa Sun", plus tôt cette semaine. 

«Nous allons devoir vérifier avec Ron. On navigue dans des eaux inexplorées pour un joueur de son âge avec plusieurs mois de congé. Il va y avoir des décisions difficiles à prendre.»

Champion de la coupe Stanley

Une décision difficile à prendre, comme quand Gainey avait choisi d’envoyer Hainsey à Hamilton pour amorcer la campagne 2005-2006.

En plus de ses 1132 rencontres de saison régulière, le défenseur américain a aussi joué 39 parties éliminatoires, remportant d’ailleurs la coupe Stanley avec les Penguins en 2017.