Crédit : Joe Nicholson-USA TODAY Sports

Impact de Montréal

Retour de la MLS: qui a remporté les négos?

Retour de la MLS: qui a remporté les négos?

Vincent Destouches

Publié 04 juin
Mis à jour 04 juin

À l’issue de chaque conflit de travail, une question survient : qui a gagné la négociation, la ligue ou les joueurs?

Dans le cas de la MLS aujourd’hui, ma réponse est : personne.   

Car le contexte de la pandémie est unique. Une pandémie qui a bouleversé le monde, et qui a mis dans le pétrin toutes les ligues sportives. Le commissaire de la MLS, Don Garber, a chiffré les pertes de ligue à un milliard de dollars. Un milliard! 

Ainsi, le véritable enjeu des négociations n’était pas de gagner, mais de minimiser les dommages, d’un côté comme de l’autre.

Une source bien informée m’a confié que le fond du problème ne portait pas sur les salaires et l’argent en tant que tel, mais sur le fait d’assurer l’avenir. Concrètement : les propriétaires ont demandé des concessions aux joueurs pour compenser les pertes (baisse des salaires, des bonis et des revenus découlant des droits télé), et les joueurs ont cherché à préserver leurs intérêts et à empêcher la ligue de prendre trop de pouvoir (notamment en la faisant reculer sur les termes de la clause de force majeure lui permettant d’invalider la convention collective).

«C’est loin d’être une victoire pour qui que ce soit», m’a confié cette source.

Lock-out   

Le week-end dernier, le commissaire Don Garber a pris la décision, mûrement réfléchie selon ses propres mots, de brandir la menace du lock-out.

Je n’ai pas le sentiment que les négociations étaient réellement dans une impasse, mais plutôt qu’elles n’avançaient pas assez vite au goût de la ligue, dont l’ambition (justifiée) était d’être la première en Amérique du Nord à retrouver les terrains.

La manœuvre du commissaire a fonctionné, et les deux parties ont pu trouver une entente après une ultime proposition de la ligue. Tout est bien qui finit bien? En apparence oui, mais en coulisses, ces négociations vont sérieusement laisser des traces

Plusieurs joueurs, dont Evan Bush, le représentant de l’Impact à l’Association des joueurs, ont vivement critiqué la tactique employée, qualifiée d’irrespectueuse envers les joueurs. Si la pandémie est une situation unique, imaginez un peu un lock-out par-dessus une pandémie... 

Levier de négociation ou non, les joueurs ne goûtent pas du tout l’idée que la ligue ait envisagé de les laisser dans une telle position de précarité. Si vous voulez mon avis, c’est une excellente chose qu’une année supplémentaire ait été ajoutée à la convention collective, et que tout ce beau petit monde ne se retrouve pas assis autour d’une table avant 2025...

Covid-19   

L’un des aspects les plus mystérieux du plan de retour au jeu concernait l’initiative de la ligue dans l’éventualité (plutôt, la forte probabilité) où un joueur serait testé positif à la Covid-19 au cours du tournoi de reprise à Orlando, où seront réunies les 26 équipes.

En entrevue à Dave Morissette en direct, Evan Bush a expliqué que le joueur en question serait confiné dans sa chambre pendant deux semaines, que tous les gens ayant été en contact avec lui seraient testés immédiatement et qu’une recherche de contacts serait effectuée. Pendant ce temps-là, le tournoi continuerait son cours. 

Le gardien de l’Impact a reconnu que les joueurs se posent beaucoup de questions, puisqu’un cas de Covid-19 finira par se présenter. Or, tous les joueurs résideront dans le même hôtel et partageront les mêmes aires communes...

Toutefois, il a tenu à préciser que la MLS avait couvert ses bases autant que possible sur ce dossier, qui est remonté jusqu’au fameux Dr Fauci et à la Maison-Blanche.