Baseball - MLB

Pedro Martinez ne pensait pas au match parfait

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Le lanceur Pedro Martinez ne pensait pas au match parfait quand il était au monticule pour les Expos de Montréal, le 3 juin 1995, à San Diego.

«Je n’ai jamais pensé au match parfait ou au match sans point ni coup sûr. Je voulais simplement faire du bon travail pour remporter la victoire», avait-il confié, cité par différents médias québécois, au terme de cette rencontre mémorable face aux Padres. 

L’histoire veut qu’un spectateur de San Diego avait plutôt informé Martinez, après la septième manche, alors qu’il était en voie d’accomplir son exploit. Le lanceur dominicain comprenait soudainement pourquoi ses coéquipiers avaient cessé de lui parler dans l’abri des joueurs.

Avec 1245 disputés en carrière dans le baseball majeur, le receveur Darrin Fletcher ne se souvient pas de tous les détails, mais il se rappelle très bien que les Expos avaient failli échapper la rencontre. Fletcher se souvient aussi qu’il avait retiré Bip Roberts sur un relais au marbre, en fin de 10e manche, pour empêcher les Padres de marquer.

Après son double aux dépens de Martinez, Roberts avait donc atteint le troisième coussin sur un mauvais lancer du releveur Mel Rojas. Il n’y avait alors aucun retrait. Plus tard dans cette manche, Tony Gwynn avait frappé un roulant au deuxième coussin et le joueur des Expos Jeff Treadway avait réussi à épingler Roberts qui tentait de marquer.

«Je me souviens qu’on avait retiré Roberts au marbre et que nous étions tous soulagés pour Pedro, a dit Fletcher. S’il avait fallu qu’on perdre ce match...»

L’attrapé de Tarasco 

Évidemment, dans une victoire de 1 à 0 en 10 manches, chaque jeu peut être remis en question au baseball. Tony Tarasco avait notamment manqué d’opportunisme à l’attaque, mais le voltigeur avait, en retour, effectué un bel attrapé à la piste d’avertissement après une balle frappée par Scott Livingstone, en fin de neuvième manche, pour protéger ce qui était alors un match parfait.

Pour les amateurs de statistiques, Martinez avait quitté le monticule après avoir effectué 96 tirs. Il avait par ailleurs réussi neuf retraits au bâton, dont trois aux dépens de Ken Caminiti. Treadway avait produit le seul point des Expos, en début de 10e manche, poussant Shane Andrews au marbre à l’aide d’un simple.

Peu de crédit aux receveurs 

Question-piège pour Darrin Fletcher: qui était le receveur des Expos de Montréal lors du match parfait lancé par Dennis Martinez en 1991?

«Je le sais, c’est Ron Hassey, a-t-il répondu du tac-au-tac. J’ai toujours aimé Hassey. C’était un bon receveur qui savait bien faire lors des occasions importantes.»

Pourtant, il y a fort à parier que de nombreux partisans du club montréalais avaient oublié que ce dénommé Hassey avait guidé «El Presidente» lors de cette partie parfaite. Le receveur ne reçoit sans doute pas toujours le crédit qui lui revient.

«Le match parfait appartient au lanceur, même si le receveur est un complément important, a tranché Fletcher, à ce sujet. De toute façon, les vrais partisans savent et reconnaissent l’importance du receveur.»

Si comme Fletcher, vous avez répondu Hassey à la question ci-haut, vous êtes «un vrai partisan».