Crédit : Eric Bolte-USA TODAY Sports

Impact de Montréal

«Nous avons été choqués par cette menace»

Dave Lévesque

Publié | Mis à jour

Il n’y aura pas de lock-out en Major League Soccer. La ligue et l’Association des joueurs (MLSPA) se sont entendues sur une version remaniée de l’entente survenue en février dernier.

Le nouveau contrat de travail a été ratifié ce mercredi et sera valide jusqu’à la fin de la saison 2025, soit une année de plus qu’initialement prévu.

L’Association des joueurs avait déposé une contre-offre dimanche soir, mais la MLS avait indiqué que sa dernière offre était finale et avait brandi la menace d’un lock-out, ce qui a fait mal aux joueurs.

«La menace d’un lock-out a laissé une impression défavorable au sein du bassin de joueurs, ce qui a fait que les choses ont été un peu plus émotives», a indiqué le gardien de l’Impact de Montréal Evan Bush, qui est représentant de son équipe au sein de la MLSPA.

«Si nous ne nous sommes pas présentés à l’entraînement en début de semaine, ce n’était pas une forme de grève, c’était notre façon de manifester notre mécontentement, notre inquiétude. Nous avons été choqués par cette menace.»

Tournoi

Cette entente met la table à la présentation d’un tournoi qui doit avoir lieu à Orlando le mois prochain.

«Le tournoi fait en sorte que les joueurs sont à fois fébriles d’y participer, mais aussi nerveux de se rendre en Floride», admet Bush.

«Tout le monde aurait préféré recommencer à jouer des matchs dans leur stade à huis clos, mais ce n’était pas une situation possible pour le moment.»

Les détails ne sont pas encore définitifs, mais il est question d’un tournoi à la ronde de trois matchs qui compteront au classement suivi d’une phase éliminatoire.

«La première préoccupation pour tout le monde, c’est le temps que nous allons passer loin de notre famille. Nous ne partons pas dans un contexte normal comme la présaison.

«Nous leur avons fait comprendre qu’on ne pouvait pas partir trop longtemps. On parle maintenant d’une période de trois à six semaines en incluant une période d’entraînement à l’arrivée.»

Concessions

Les joueurs ont dû faire des concessions. Selon les chiffres qui circulent, ils vont subir une baisse de salaire de 7,5% rétroactive à la période de paie commençant le 31 mai. ESPN avance des pertes dépassant les 100 M$ US.

La ligue et les joueurs s’étaient entendus sur les termes d’un nouveau contrat de travail le 6 février dernier, mais celui-ci n’avait pas été signé.

«Comme l’entente n’a pas été ratifiée avant le début de la pandémie, nous nous sommes retrouvés dans une situation précaire, a admis Bush. Cela dit, nous devions aider la ligue d’une certaine façon puisque les équipes perdent beaucoup d’argent.»

«Nous étions d’accord pour faire des compromis, je ne crois pas que nous en avons trop demandé et je ne crois pas que nous en ayons trop laissé tomber.»

Achoppement

L’autre pierre d’achoppement était la clause de force majeure incluse dans la convention que la ligue voulait lier à une potentielle baisse de fréquentation des stades. Elle aurait pu se retirer de la convention collective advenant que seulement cinq équipes subissent des baisses d’assistance de 25% en raison d’une catastrophe ou d’un événement majeur.

La nouvelle entente permet aux deux parties de se retirer avec un préavis de 30 jours si la convention collective devient impossible à appliquer financièrement.

On a aussi revu le mode de partage des revenus qui sera mis en action à compter de la saison 2023. À l'origine, le partage des revenus devait s’amorcer en 2022 et les joueurs devaient obtenir 25% des droits de télévision pour toute somme dépassant 100 M$ US.

La MLS et l’Association des joueurs ont convenu de réduire ce montant à 12,5% en 2023 pour revenir à 25% en 2024. Les hausses de salaire prévues dans la convention originale sont aussi reportées d’une année, soit en 2021.