MLS

Un tournant inattendu dans la MLS

Un tournant inattendu dans la MLS

Vincent Destouches

Publié 01 juin
Mis à jour 01 juin

Les négociations entre la MLS et l’Association des joueurs (MLSPA) ont pris un tournant inattendu au cours des dernières heures. La ligue aurait menacé les joueurs d’un lock-out si l’impasse perdurait au-delà de mardi midi, selon ESPN. 

Ma première réaction fut l’étonnement, car il s’agit d’une balle courbe dans des négociations qui se passaient plutôt bien.     

Mais en fait, cette menace trahit simplement l’envie de la ligue de reprendre le contrôle de la conversation, ainsi que son empressement à retrouver les terrains. 

Ce week-end, les joueurs ont voté en majorité pour un retour au jeu, et une contre-proposition a été transmise par la MLSPA. Sur de nombreux enjeux, les positions des deux parties sont proches. 

Prenez l’exemple des salaires. Selon plusieurs sources, et je peux confirmer l’information, la ligue a proposé une réduction de 8,75% (leur première offre se montait à 10%), alors que les joueurs avaient fait savoir qu’ils accepteraient une baisse de 7,5%. 

Avouez que, même dans l’éventualité où il n’y aurait pas encore d’accord à ce sujet, ce serait déraisonnable de déclencher un lock-out pour un écart aussi faible. 

Ce qui rend les choses complexes, c’est d’abord et avant tout l’ampleur des pourparlers. Non seulement faut-il s’entendre sur les conditions d’un retour au jeu, mais il faut en plus trouver un terrain d’entente pour l’organisation d’un tournoi estival à Orlando rassemblant les 26 clubs – qui doit servir de préambule au retour de la saison régulière – et rouvrir les négociations sur la nouvelle convention collective. 

Je ne peux l’affirmer, mais à mon sens, c’est sur ce dernier point que ça achoppe, et en particulier sur l’inclusion d’une clause de force majeure à la convention collective. D’après ESPN, le circuit Garber aimerait pouvoir l’invoquer advenant une baisse des assistances d’au moins 25% constatée chez cinq équipes. 

Crédit photo : AFP

Un coup dur    

Je peux comprendre la ligue, pour qui la pandémie est un énorme coup dur. En effet, c’est au travers des revenus aux guichets que la MLS renfloue prioritairement ses caisses. Une baisse de la fréquentation des stades changerait donc son portrait économique, l’obligeant à revoir ses engagements. 

Mais justement, nul ne peut dire comment et à quel point la COVID-19 va affecter les foules durant les prochains mois, et il serait logique que les joueurs veuillent se prémunir contre l’insécurité qu’offrirait cette clause. 

Les joueurs sont solidaires depuis le début des négociations et ont déjà obtenu des concessions de la part de la ligue. Un exemple? Nombre d’entre eux voyaient d’un très mauvais œil de devoir s’absenter deux mois de leur foyer pour aller disputer le « tournoi de reprise » à Orlando. 

La MLS a donc accepté de réduire la durée du tournoi, et certains joueurs devraient même pouvoir y échapper s’ils en reçoivent l’autorisation « pour raisons personnelles ». Est-ce que Carlos Vela, dont la femme est enceinte, raterait le tournoi à Orlando? Possible... À suivre! 

Pour le moment, le problème est ailleurs. Avec sa menace de lock-out, la MLS tente visiblement de passer en force sur certains éléments, et au-delà de ça, rétablir l’ordre des choses : dans sa vision, c’est elle qui doit décider, et non se faire dicter la marche à suivre. 

Des développements attendus    

Ce véritable coup de tonnerre aura probablement des conséquences visibles aujourd’hui, avec notamment de l’absentéisme à l’entraînement (de toute façon facultatif). 

Mais les choses vont vite, très vite, dans ces négociations, qui devraient accoucher de nouvelles plus positives dans les prochains jours, voire heures. 

Le lock-out est une issue impossible, tant pour l’image de la MLS que pour les intérêts de chacun. 

Quel drôle de 25e anniversaire pour la ligue, en tout cas...

(Dans la vidéo ci-dessus, mon collègue Frédéric Lord résume le dossier en entrevue à l’émission JiC)