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Jean Pascal: un exemple flagrant de racisme

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Jean Pascal rêve du jour où le racisme n’existera plus. Il ne croit cependant pas qu’il verra ça de son vivant. 

«Je l’espère sincèrement, mais j’en doute fort. Peut-être ma fille et mes petits-enfants, si jamais j’en ai, pourront un jour vivre dans un monde meilleur où le racisme n’existe pas. Mais malheureusement, je ne crois pas que je verrai ça de mon vivant», a-t-il affirmé à l’émission JiC, lundi, sur les ondes de TVA Sports. Voyez cette entrevue dans la vidéo ci-dessus.  

S’il soutient n’avoir jamais été victime de racisme à titre de boxeur, Pascal en a souvent été témoin en tant que simple citoyen. Un exemple flagrant lui est revenu en tête. 

«La fois qui m’a le plus étonné, c’est en 2010 quand des amis m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas entrer dans certains bars de Montréal parce qu’ils étaient Noirs. Je ne les croyais pas jusqu’au jour où j’ai fait le test avec eux. Ils ont essayé de rentrer sans moi et ils se sont fait refuser l’accès. J’ai donc décidé de rentrer avec eux pour voir si c’était vrai. Quand je suis arrivé à la porte, on m’a refusé l’accès. J’étais vraiment étonné, je pensais même que c’était une blague.»

Sa notoriété publique l’a toutefois grandement aidé dans cette situation.  

«On m’a refusé jusqu’à ce qu’un autre portier me reconnaisse. Il s’est excusé quand il m’a vu. Nous avons ensuite pu entrer. Si on ne m’avait pas reconnu, je n’aurais pas pu entrer. La seule raison que j’ai pu entrer, c’est parce je suis Jean Pascal le champion. 

«Si tu es Noir et que tu n’as pas de succès, tu vas être victime de racisme. Si tu as du succès, tu es beaucoup moins victime de racisme. Je pensais que le racisme n’existait plus au Québec en 2010... jusqu’à ce que je vive cet événement.» 

Ironiquement, Pascal a déjà subi du profilage racial de la part de policiers... alors qu’il étudiait en techniques policières au Collège Ahuntsic.

«Comme j’étais déjà passé dans les rangs professionnels, je roulais en Hummer, prêté par un commanditaire. Je me suis fait souvent intercepter par la police compte tenu que j’étais un Noir qui conduisait une voiture de luxe. Souvent, on me reconnaissait et on me laissait aller sans problème. C’était plus difficile avec les policiers qui ne me connaissaient pas. En plus, j’étais moi-même un étudiant en techniques policières à cette époque!»

Encore une fois, une question de renommée...