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Crédit : Rena Laverty / USA Hockey

Repêchage LNH

«Il pourrait devenir le meilleur joueur du repêchage»

Publié | Mis à jour

Dans cinq ans, est-ce qu’Alexis Lafrenière sera le meilleur joueur de son année de repêchage? Pour une majorité écrasante d’analystes, il s’agit d’une certitude, le Québécois étant pratiquement assuré d’être le premier élu de l’encan de 2020. 

Or, le passé nous conseille de garder l’esprit ouvert lorsqu’on s’attaque à une science aussi inexacte. Si la séance de 2017 était à refaire, il y a fort à parier que Miro Heiskanen, Cale Makar et Elias Pettersson auraient tous été repêchés avant Nico Hischier et Nolan Patrick, les deux premiers de classe.       

N’empêche, l’auteur de ces lignes a été pris de court lorsqu’il a entendu l’entraîneur-chef du programme de développement américain des moins de 18 ans, Seth Appert, se prononcer au sujet du défenseur Jake Sanderson.

«Tu pourrais défendre les mérites de le repêcher au premier rang, a-t-il lancé lors d’un généreux entretien avec le TVASports.ca. Ce n’est rien contre Lafrenière, qui est un joueur extraordinaire, mais c’est vous dire à quel point Jake est bon et comment les défenseurs mobiles de 6 pi 2 po sont importants.» 

À moins d’un miracle, non, Sanderson ne sera pas le premier espoir de son repêchage à être choisi. Son entraîneur croit tout de même qu'il pourrait être le meilleur joueur de sa cuvée dans quelques années. Il est question ici de l’évaluation d’un homme de hockey qui contribue année après année au développement des plus beaux joyaux américains. 

L’ascension de Sanderson est fulgurante. Au début de l’année, il était pressenti pour être sélectionné vers la fin du premier tour. Il est désormais un candidat à être repêché parmi les cinq premiers. Certains le voient être appelé avant le phénoménal Jamie Drysdale. 

«C’est possible qu’il devienne le meilleur joueur de sa cuvée, car sa progression avec nous en l’espace de deux ans a été incroyable, a expliqué Appert. L’an passé, il a été bon, mais il n’a jamais été rappelé dans la formation des moins de 18 ans. Lorsqu’il est arrivé cette saison, il n’était pas parmi les espoirs les plus convoités. 

«Mon entraîneur adjoint est avec le programme depuis 10 ans et il dit que notre équipe cette année est au sommet au chapitre de l’éthique de travail et du côté compétitif. Et au sein de cette équipe, Jake se classait au premier rang dans ces aspects.» 

Le jeu de Sanderson est très complet, mais il y a une qualité en particulier qui le définit. Réduire le temps et l’espace des joueurs est la marque de commerce de l'arrière gaucher.

«Il est un patineur de catégorie élite en défensive, a soutenu Appert. Il fait avorter les jeux partout à travers la glace pour permettre à son équipe de se remettre rapidement à attaquer.»

Le Miro Heiskanen américain       

Un simple coup d’œil à la fiche hockeydb du jeune homme ne lui rend pas justice. Il est vrai qu'il n’a pas compilé des statistiques offensives aussi alléchantes que certains de ses pairs, mais celles-ci ne racontent qu’une partie de l’histoire.

«Drysdale, par exemple, jouait probablement de 25 à 27 minutes par match, alors qu’avec nous, Sanderson obtenait de 16 à 18 minutes, car nous sommes un programme de développement et nous développons tous nos joueurs, a souligné Appert. Dans les tournois internationaux, par contre, on joue pour gagner, et c’est là que tu voyais ses chiffres grimper offensivement. Il a été le meilleur pointeur du tournoi des 5 Nations, et ce, toutes positions confondues.» 

Appert compare son élève au surdoué des Stars de Dallas Miro Heiskanen. À 20 ans, ce dernier était le joueur le plus utilisé de son équipe cette saison, lui qui passait près de 24 minutes par match sur la patinoire.

«Le jeu offensif de Jake n’est pas risqué, a mentionné Appert. C’est de l’attaque efficace. Il ne vous fera pas lever de votre siège. Il n’effectuera pas des tourniquets et il n’attaquera pas les joueurs à un contre un. Il va opter pour le bon jeu encore et encore et il va générer de l’attaque de la sorte. Heiskanen était très semblable à son année de repêchage. Jake est probablement supérieur défensivement au même âge.» 

Parfait pour le Tricolore?      

Dans l’actuel état des choses, les Canadiens de Montréal ne cracheraient pas sur un défenseur polyvalent, fiable dans son territoire, pouvant fournir une bonne première passe. 

Avec Romanov et Sanderson à gauche ainsi que Weber et Petry à droite, la brigade du Tricolore commencerait à avoir du mordant. Et Carey Price aurait un peu de répit dans son demi-cercle. 

«C’est difficile pour moi de porter un jugement sur une autre équipe, mais j’ai la ferme conviction que Sanderson sera un défenseur de première paire dans n’importe quelle formation pour les 15 prochaines années, a affirmé Appert. Il est capable de devenir un "défenseur de franchise".»

Encore faudrait-il que le Tricolore s’incline devant les Penguins de Pittsburgh pour espérer sélectionner ce prodige du Montana.