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Canadiens de Montréal

Canadien: Alexander Romanov face aux Penguins?

Publié | Mis à jour

Bien que Bill Daly ait affirmé que la Ligue nationale de hockey (LNH) voyait d’un mauvais œil que ses équipes mettent sous contrat des nouveaux joueurs pour la reprise des activités, Marc Bergevin garde encore espoir de pouvoir miser sur les services d’Alexander Romanov face aux Penguins de Pittsburgh.

«En fait, il n’y a aucune décision finale quant à la possibilité qu’il participe à ce tournoi, a lancé le directeur général du Canadien de Montréal, au cours de sa conférence téléphonique, mercredi. Oui, on aimerait que Romanov puisse participer au retour au jeu.»

Pourtant, le commissaire adjoint avait semblé plutôt limpide sur la question, 24 heures plus tôt.

«En ce moment, la position de la Ligue est claire, et c’est la même depuis le début de la pause: aucun club n’a le droit de signer un contrat durant l’année en cours», avait-il déclaré.

«La décision n’appartient pas seulement à la LNH, mais également à l’Association des joueurs», a précisé Bergevin.

La contribution du jeune Russe serait assurément la bienvenue au sein de la brigade défensive du Canadien. En sa qualité de gaucher, il viendrait solidifier ce flanc de la défense montréalaise. De plus, on ignore quel est l’état de santé de Victor Mete, victime d’une fracture au pied gauche à la mi-février.

À l’époque, on disait que sa saison était terminée. Toutefois, l’interruption de quelques mois pourrait lui avoir laissé suffisamment de temps pour récupérer; une information que Bergevin n’était pas en mesure de donner, mercredi.

«Jonathan Drouin a obtenu le feu vert pour jouer. Pour Victor, c’est plus difficile à dire. Il est retourné chez lui [en Ontario] et il a fait de la réadaptation de son côté. Tant que les médecins de l’équipe ne l’auront pas vu, on ne pourra pas se prononcer sur son cas», a-t-il fait valoir.

Pour la même raison que dans le cas de Mete, le directeur général était incapable d’offrir une mise à jour sur la santé de Jesperi Kotkaniemi, blessé à la rate au début de mars, alors qu’il portait les couleurs du Rocket de Laval.

La santé de Domi

Parlant de santé, on fait beaucoup état de celle de Max Domi. Aux prises avec le diabète de type I, l’athlète de 25 ans fait partie de la tranche de la population plus à risque de développer de graves complications advenant une infection à la COVID-19.

Sera-t-il sécuritaire de l’inclure dans le groupe de 28 patineurs (excluant les gardiens) sur lequel pourra compter le Canadien lors de la reprise des activités?

«Je suis convaincu que la LNH et le Canadien de Montréal ne mettront jamais Max Domi dans une situation où il sera exposé à quelque chose qui pourrait l’affecter à court et long termes», a d’abord indiqué Bergevin.

«Si les docteurs décident que ce n’est pas sécuritaire pour Max Domi, il ne participera pas aux séries, a-t-il assuré. Jamais je ne mettrai en péril la santé d’un de mes joueurs. Ça fait partie de la philosophie du Canadien.»

D’ailleurs, exception faite de Domi, Bergevin a une bonne idée de l’identité des joueurs qu’il amènera avec l’équipe dans la ville que la LNH aura déterminée pour accueillir les confrontations de l’Association de l’Est.

«C’est certain qu’on aura plus que deux gardiens. Tu ne peux pas aller dans une ville hôtesse (hub city) avec seulement deux gardiens. Imagine que l’un se blesse.»

Tranquille à Brossard

Avant d’en arriver à une reprise des activités, la LNH devra franchir, avec succès, les phases 2 et 3 de son plan de relance. Dans la seconde, on prévoit la réouverture des centres d’entraînement. Selon Bergevin, les joueurs du Canadien pourraient être peu nombreux à fouler la glace du complexe d’entraînement de Brossard.

«Les joueurs qui sont aux États-Unis doivent respecter une période de deux semaines de quarantaine. Pour l’instant, ils sont plus à l’aise de rester dans leur coin. Même chose pour les Européens, a-t-il spécifié. Mais le processus ne s’est mis en marche qu’hier (mardi).»

Les séries avant la loterie

Marc Bergevin connaissait le sort de son équipe le 12 mars. Le Canadien de Montréal se dirigeait alors vers une autre exclusion des séries: une troisième année d’affilée et une quatrième en cinq ans.

Au moment de l’interruption des activités dans la Ligue nationale de hockey (LNH) en raison de la pandémie de la COVID-19, le directeur général du Tricolore consacrait déjà ses énergies à rebâtir son équipe. Dans son rôle de DG, il avait échangé Ilya Kovalchuk, Marco Scandella, Nate Thompson et Nick Cousins pour regarnir encore plus sa banque de choix.

Toujours le 12 mars, le CH avait 6 % des chances de gagner la loterie pour Alexis Lafrenière et 19 % des chances de remporter l’un des trois premiers choix. Mais cet univers n’existe plus. Les plans ont déraillé, comme dans toutes les sphères de la société, avec la pandémie.

Depuis mardi et la confirmation du plan de relance de Gary Bettman avec une formule éliminatoire à 24 équipes, le Tricolore a maintenant un billet pour une confrontation 3 de 5 dans une série qualificative contre les Penguins de Pittsburgh. Avec seulement 71 points en 71 matchs, le Tricolore a obtenu la dernière place disponible dans l’Association de l’Est. Et il faut rappeler que des 24 équipes impliquées dans ce futur tournoi, il s’agit de la pire fiche.

Malgré ça, on passe maintenant du rêve de la loterie au rêve de la coupe Stanley. Le DG du CH a frappé sur ce clou à son premier bain médiatique depuis la date limite des échanges, mercredi.

«Quand la saison commence, tu espères toujours participer aux séries, a-t-il affirmé. Si la saison avait continué, on n’aurait probablement pas participé aux séries. Ce n’est pas parfait, c’est du nouveau. Nous nageons tous dans des eaux inconnues. De notre côté, nous aurons la chance, si nous pouvons recommencer à jouer, de prouver quelque chose. Oui, cette formule affecte le repêchage, mais tout le monde est là pour le même but. Nous sommes chanceux de recevoir cette chance.»

Jeu dangereux

Dans une perspective d’avenir, le CH pourrait payer cher une victoire contre les Penguins. À la loterie, il n’y aurait plus une seule boule pour le Tricolore. Un choix parmi le top 3 deviendrait impossible. Et d’un probable huitième choix au premier tour, sans l’incidence des trois tirages, l’équipe reculerait au 16e rang minimum.

Encore une fois questionné à ce sujet, l’ancien défenseur a insisté sur sa préférence de vivre les séries.

«Je peux donner un exemple. À la dernière journée de la saison, il y a des équipes qui se qualifient pour les séries. Tu aimes mieux entrer dans les séries que de garder des chances pour la loterie. Le but est de participer aux séries. Nous essaierons de nous rendre le plus loin possible, si nous recommençons à jouer au mois de juillet ou août.»

«Si j’ai à choisir, je veux jouer en séries, a-t-il poursuivi. C’est l’objectif. Le but ultime restera toujours de gagner la coupe Stanley, mais la première étape est de participer aux séries. Pour les joueurs, c’est aussi dans leur ADN. Ils veulent gagner. Pour moi, c’est une réponse facile, j’aime mieux une chance de jouer en séries qu’une chance de remporter la loterie.»

Rien d’impossible

Sur papier, le Canadien sera négligé face aux Penguins.

Bergevin le sait. Mais ça ne l’empêche pas d’y croire.

«Nos chances sont aussi bonnes que les autres équipes dans ce tournoi. Ce sera une courte série. Je ne veux pas placer de pression sur Carey [Price]. Mais quand tu as un gardien comme lui, tout est possible. J’aime nos chances contre les Penguins.»

«Quand une équipe rentre en séries, tout est possible. Je l’ai dit souvent. Que tu rentres troisième ou huitième, c’est possible. Est-ce qu’on peut battre les Penguins? C’est possible. Je crois encore en cette équipe. Il y a eu des périodes difficiles. Mais on verra si un retour au jeu est possible. Ça se joue sur la glace, pas sur du papier. Les Blue Jackets ont éliminé le Lightning 4 à 0 l’an dernier même s’ils avaient eu 30 points de moins. C’est le hockey.»