Impact de Montréal

Impact: un retour «bizarre et étrange»

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Les joueurs de l’Impact sont devenus lundi les premiers athlètes d’une équipe professionnelle de la province à pouvoir reprendre l’entraînement individuel.     

Le Bleu-Blanc-Noir a obtenu le feu vert de la Direction de la santé publique du Québec samedi, ce qu’il attendait depuis le début du mois.              

Même si les entraînements se font sur une base volontaire, les joueurs ont été nombreux à se rendre au Centre Nutrilait, eux qui n’avaient pas touché un terrain depuis le 12 mars, date à laquelle la Major League Soccer (MLS) a suspendu ses activités.     

Un premier groupe de joueurs, dont Bojan Krkic, ont foulé l’un des deux terrains en gazon naturel en début de matinée et les groupes se sont succédés en laissant un espace de temps comme tampon entre chaque groupe.     

Le protocole mis en place par l’équipe selon les exigences de la MLS très sévère. Des espaces de stationnement distancés les uns des autres, une zone d’accueil avec prise de température et port du masque et deux terrains séparés en quatre pour un maximum de huit joueurs présents en même temps.     

Adaptation     

Les joueurs étaient visiblement heureux de recommencer à taper des ballons même si la situation sort de l’ordinaire.     

«C’est génial même si les circonstances sont différentes. Il faut seulement s’adapter», a insisté le capitaine, Jukka Raitala.     

Comme le Centre Nutrilait n’est ouvert qu’aux joueurs et au personnel de l’équipe, il a fallu se rabattre sur les déclarations enregistrées par l’équipe dans lesquelles tous les joueurs portaient le masque.     

L’ambiance tranchait avec ce que l’on voit habituellement. Les masques, la prise de température, les terrains divisés. Rien n’était normal.     

«C’est bizarre et étrange, on ne peut pas le nier, mais c’est ça qui est ça et nous devons être positifs à l’idée de pouvoir nous entraîner sur le terrain.     

«J’espère que dans un avenir rapproché nous pourrons nous entraîner en petits groupes et éventuellement tout le monde ensemble», a indiqué Raitala.     

Trois mois     

Saphir Taïder était l’un de ceux qui avaient le plus envie de retrouver le terrain.     

«Ça fait presque trois mois donc forcément ça nous fait du bien à nous [les joueurs] et les gens qui travaillent au club. La décision a été bonne de nous faire reprendre parce que tout le monde en avait besoin.»     

Bojan abondait dans le même sens, ajoutant qu’il avait assez couru au cours des trois derniers mois et qu’il était heureux de toucher à des ballons.     

«Nous sommes heureux de revenir, ça fait longtemps qu’on n’a pas eu un entraînement à proprement parler, on a surtout beaucoup couru. Je suis content de revenir à la base et de retrouver l’entraînement dont on a besoin.»     

Plus de liberté     

En pouvant utiliser le Centre Nutrilait, les joueurs du Bleu-Blanc-Noir retrouvent une plus grande liberté et surtout un endroit sécuritaire pour s’entraîner.     

«On avait des séances quotidiennes, on recevait un planning chaque semaine, on nous avait livré des vélos d’appartement et du matériel, a expliqué Taïder. Dernièrement, on sortait dans les parcs pour courir et prendre l’air.»     

Tout ça est bien beau, mais ce n’était tout simplement plus suffisant, surtout que l’été se présente hâtivement.     

«À la maison, on ne peut pas faire ce qu’on veut. On peut courir de longues distances et c’est bon pour maintenir la condition physique, mais on ne pouvait pas toucher au ballon.»     

Ce n’est qu’un début puisque le moratoire imposé par la MLS sur les entraînements en petits groupes est maintenu jusqu’au 1er juin, mais les joueurs prennent tout ce qui passe.     

«Nous savons que la situation n’est pas évidente alors nous devons faire ce que nous pouvons», a lancé Bojan.     

«On commence à voir une certaine lumière», a ajouté Taïder.     

Raitala a eu le temps de guérir     

Pendant la période de confinement, seuls les joueurs qui devaient subir des traitements médicaux ou qui étaient en réadaptation ont pu se rendre au Centre Nutrilait. Jukka Raitala était l’un de ceux-là.     

Pour rappel, le capitaine de l’Impact s’est fracturé le péroné droit après seulement cinq minutes du match retour de la Ligue des champions contre le Deportiva Saprissa, à la fin février.     

Entrevue de Jukka Raitala à l'entraînement -

Ce qui est ahurissant, c’est que le Finlandais a quand même joué toute la première demie avant d’être remplacé par Thierry Henry. Il a ensuite été en convalescence, une période qui s’est bien déroulée selon ce qu’il nous avait indiqué lors d’une entrevue plus tôt ce printemps.     

«Ma jambe va bien, le personnel a fait un très bon travail avec moi au cours des deux derniers mois. J’ai travaillé très fort pour rétablir ma jambe. La condition physique n’y est pas encore, mais je suis très affamé de la retrouver», a-t-il confié hier.     

Temps en famille     

Le confinement n’a pas eu que du mauvais pour les joueurs même si pour eux, rien ne remplace le plaisir de se retrouver sur un terrain.     

D’ailleurs, Saphir Taïder n’a pas fait de détour quand on lui a demandé ce qui a été le plus difficile en attendant que l’entraînement reprenne.     

«Ce que j’ai détesté, c’est de ne pas pouvoir jouer au football.»     

N’empêche que le milieu de terrain est père de trois enfants en bas âge et qu’il a pu passer beaucoup avec eux à une période de l’année où l’équipe est habituellement partie très fréquemment.     

«J’ai apprécié de pouvoir être avec ma famille et mes enfants parce que ça faisait un moment que je n’avais pas passé autant de temps avec eux.»     

Vercoutre courtisé     

Par ailleurs, l’Impact pourrait bien devoir se chercher un nouvel entraîneur des gardiens de but.     

En effet, selon le journal français L’Équipe, Rémy Vercoutre ferait partie d’une courte liste de trois candidats pour le poste qui actuellement vacant chez l’Olympique Lyonnais, son ancien club.     

Selon ce qu’indique le quotidien sportif, les trois candidats ont été rencontrés au cours du week-end.     

L’Équipe précise aussi que l’ancien adjoint de Rémi Garde, Joël Bats, pourrait lui aussi être de retour à Lyon comme superviseur.      

(Vidéos et photos: Impact de Montréal)