Impact de Montréal

«S'il faut s'entraîner dans un autre pays, on va le faire!»

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Alors que les matchs de soccer ont déjà repris dans certains pays et que plusieurs clubs de la MLS ont recommencé l’entraînement, l’Impact de Montréal, lui, est au neutre.  

La situation commence d’ailleurs a titiller le président et chef de la direction du Bleu-blanc-noir, Kevin Gilmore. 

Voyez son entretien complet à l’émission «Dave Morissette en direct» dans la vidéo ci-dessus.   

En entrevue à l’émission «Dave Morissette en direct», Gilmore a indiqué ne pas trop comprendre ce qui empêche son club de reprendre les entraînements.  

«C’est un peu le mystère. Nous, avec la ligue, on a récemment mis en place un protocole strict pour le retour des entraînements individuels. Et quand je parle de protocole strict, je parle de quatre joueurs maximum par terrain et de prise de température à l’arrivée des athlètes.  

«L’idée de présenter un tel protocole, c’était vraiment de démontrer notre sérieux et de pouvoir faire sortir les joueurs de leurs appartements avec l’arrivée du beau temps. On croit qu’un retour au jeu arrivera plus tôt que tard.» 

Toutefois, indique Gilmore, un obstacle de taille se dresse présentement devant les plans de l’équipe.  

«Malheureusement, jusqu’ici, on n’a pas l’autorisation des autorités publiques. Et la MLS exige, pour cautionner un retour, que les autorités publiques de l’agglomération d’un club donnent leur aval. On ne l’a pas présentement.» 

Les contrecoups du long processus 

À l’heure actuelle, 20 des 26 formations du circuit Garber ont recommencé à s’entraîner en formule individuelle. La prochaine étape (phase 2) sera d’autoriser les séances impliquant des groupes restreints. Mais l’Impact, rappelle un Kevin Gilmore visiblement froissé, n’a toujours pas atteint la phase un.  

«Ça fait déjà deux semaines que presque tous les clubs ont repris. Nous, non. Ce que je veux faire comprendre aux gens, c’est que nos joueurs, qui s’entraînent dans des parcs publics ou sur des terrains de mauvaise qualité, risquent des blessures.  

«D’ailleurs, on vient d’avoir la confirmation que Steeven Saba s’était fracturé le pied en courant près de chez lui, dans les rues de Montréal. Voici donc notre première blessure liée au fait que l’on ne peut pas s’entraîner au Centre Nutrilait! Les joueurs sont laissés à eux-mêmes. Il y a urgence de les laisser pratiquer sur un terrain bien entretenu.» 

Des discussions qui trainent  

Lorsque questionné à savoir où en étaient les procédures avec les autorités compétentes, le président du club montréalais a répondu ceci.  

«On a commencé par contacter les autorités municipales, qui nous ont redirigé vers les autorités régionales. On a alors essuyé notre premier refus. Les autorités municipales nous disaient qu’elles attendaient une reprise plus globale du sport au Québec.  

«Quand le gouvernement a finalement annoncé une première phase de déconfinement sportif, il a énuméré cinq critères qui devaient être respectés. Et nous, on respecte les cinq! Si je vous résume le tout, on a donc parlé au municipal, au régional et au provincial, mais on s’est fait répondre qu’on ne faisait pas partie de la phase un du déconfinement. Et on n’a pas eu davantage d’explications...» 

Et qu’en est-il d’un retour au jeu?  

On le disait plus tôt, quelques ligues professionnelles de soccer ont déjà relancé leur saison dans les derniers jours.  

À quoi peut-on s’attendre du côté de la MLS?  

«Je sais que plusieurs ont déjà évoqué la possibilité d’un site commun pour la reprise des matchs. Nous, on doit se préparer dans l’éventualité où ce scénario se produirait vraiment. On connait les athlètes : dès qu’il y aura une annonce concernant un retour au jeu, ils voudront tout faire pour atteindre un niveau de condition physique optimal. 

«Les joueurs de notre équipe sont pris à faire du vélo stationnaire et des étirements dans leur appartement depuis 2 mois. On ne peut pas les empêcher de s’entraîner. On doit leur offrir un endroit sécuritaire pour le faire.  

«Et au-delà de l’aspect santé, on parle aussi de l’aspect compétition. Nous, si on ne peut pas s’entraîner avant de s’envoler vers un site commun, on va clairement être désavantagés. Si on doit aller s’entraîner dans un autre pays, on le fera! On a d’ailleurs commencé à regarder d’autres sites. Si on doit compliquer les choses pour reprendre l’entraînement, on va le faire.»