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«Ce serait étonnant que cela puisse être possible»

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Depuis ses débuts sur le circuit de l’ATP, Félix Auger-Aliassime ne cesse d’impressionner.  

À 19 ans seulement, il occupe déjà le 20e rang mondial.   

Confiné chez lui comme la plupart des Québécois l'ont été en raison de l’actuelle pandémie de coronavirus, Auger-Aliassime a récemment pu regagner le secteur de Monaco, là où il s’entraîne habituellement avec les membres de son équipe. Il en a d'ailleurs été question, lors de son passage à «Dave Morissette en direct». 

«Je ne suis pas chez moi présentement. Je suis logé à l’Académie de Patrick Mouratoglou. J’ai été testé sur place dès mon arrivée. Parce que le résultat a été négatif, j’ai pu reprendre l’entraînement. En ce moment, je peux m’entraîner à n’importe quelle heure du jour, donc c’est très bien. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’a poussé à venir ici plutôt que de me rendre chez moi. 

«Habituellement, j’exerce mon jeu sur le court en matinée, puis je m’entraîne en gymnase l’après-midi. Ce matin, d’ailleurs, j’ai pratiqué avec Stefanos Tsitsipas, puis j’ai ensuite travaillé physiquement en salle. Les journées sont bien chargées!» 

Voler de ses propres ailes  

La COVID-19 a eu de nombreux impacts financiers partout à travers la planète. 

Récemment, Tennis Canada, qui a dû procéder à plusieurs coupures dans les dernières semaines, a annoncé à Auger-Aliassime qu’il ne pourrait plus recevoir son soutien financier.  

Comment la raquette québécoise perçoit-elle cette nouvelle réalité?  

«Je crois que ça allait finir par arriver l’année prochaine, de toute façon. Pour moi, c’est une ouverture pour couper les liens et devenir autonome. Je suis dorénavant chef de mon entreprise. Je gère mon équipe et mes finances. Je crois que c’est une période très éducative. J’apprends à me connaître encore plus.» 

Pas de tournoi, pas de problème!  

Questionné à savoir si la pause sur le circuit de l’ATP le titillait quelque peu, Auger-Aliassime a répondu par la négative.  

«Ce répit ne change rien à mon objectif premier, qui est de devenir le meilleur joueur de tennis possible. Je veux gagner des tournois importants quand l’action va reprendre, donc ma motivation ne change pas.  

«Je prends les journées une à la fois. Je travaille très fort pour améliorer toutes les facettes de mon jeu.» 

Du tennis à huis clos? 

Vainqueur de 18 titres en simple sur le circuit de l’ATP, le Croate Marin Cilic a lancé, mercredi matin, qu’il ne voyait pas comment le tennis, mis sur pause jusqu’à la fin juillet, pouvait revenir si les gradins étaient dégarnis. 

Qu’en pense Félix?  

«Je serais prêt à jouer, moi. Avec ce qui se passe en ce moment, juste avoir l’opportunité de fouler le terrain, ce serait énorme. Sauf que comme Marin l’a dit, en termes de finances, un retour n’est peut-être pas envisageable. Les tournois doivent faire de l’argent s’ils veulent payer les joueurs! Ce serait étonnant que cela puisse être possible. Mais si on trouve une façon de faire fonctionner tout ça, je suis partant!» 

Bien faire les choses sur les réseaux sociaux  

À l’heure actuelle, Félix Auger-Aliassime est suivi par plus de 211 000 personnes sur le réseau social «Instagram». À l’ère où plusieurs sportifs semblent avoir le «don» de se tirer dans le pied sur ce type de plate-forme, comment le Québécois compose-il avec cet aspect de sa vie?  

«J’ai une super équipe qui me conseille à ce sujet. La personne qui m’aide pour les réseaux sociaux fait vraiment un travail remarquable. Elle me propose toujours de nouvelles choses.  

«J’essaie de projeter une image positive. Je veux que les gens voient que je suis authentique. Je souhaite être un exemple pour les jeunes.»  

Questions en rafale  

Ta ville préférée sur le circuit?  

«C’est sûr que j’adore Montréal. J’y suis chez moi. Mais si j’avais à nommer un autre endroit, je dirais Rome. La ville est incroyable et le site du tournoi est vraiment comme un musée.»  

Comment peut-on t’aider quand tu joues?  

«Je ne sais pas vraiment, pour être honnête. Mais quand je joue à l’extérieur et que des Québécois sont dans les gradins, j’entends souvent des "awaille mon homme" et ça me rappelle la maison!» 

Comment peut-on te déranger sur le terrain?  

«J’essaie de bloquer tout ça. Jusqu’ici, ni mes adversaires, ni le public n’ont eu de l’influence sur mes performances. Je vais tenter de garder ça ainsi!» 

Quelles choses te répète toujours ton père?  

«Des mots qui résonnent fort pour moi. Le respect, le travail acharné et l’humilité. Ces trois valeurs ne peuvent que m’apporter de bonnes choses.»