SPO-ALEXIS SHANK GARDIE DES SAGUENEENS DE CHICOUTIMI

Crédit : ROGER GAGNON/AGENCE QMI

LHJMQ

Les gardiens des «Sags» transformés en agents de sécurité

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Les gardiens de but des Saguenéens de Chicoutimi Alexis Shank et Carmine-Anthony Pagliarulo ont troqué leur équipement habituel pour des masques, gants et lunettes de protection depuis le début de la pandémie de COVID-19 en œuvrant comme agents de sécurité dans une résidence privée pour aînés.

Les deux jeunes hommes ont accepté la proposition du père d’un ami qui cherchait à combler le manque de personnel de son agence en raison des mesures sanitaires déployées pour contrer la propagation du coronavirus.

Trois fois par semaine, à raison d’une douzaine d’heures par jour, les deux cerbères, chacun dans un centre distinct de Blainville, contrôlent les allées et venues des résidents tout en veillant à ce que chaque livraison soit désinfectée avant d’être remise à son destinataire.

Ils doivent aussi s’assurer que la distanciation physique est respectée en tout temps. Leur présence apporte un réconfort aux aînés.

«Quand ils commencent à te jaser, ils te jasent ça, lance Shank en riant, en entrevue téléphonique avec "Le Journal de Québec". Ça leur fait du bien d’avoir quelqu’un à qui parler et ça les rend heureux. C’est une partie de la job qui est vraiment réconfortante.»

«Il faut s’assurer que les gens et les visiteurs gardent les 2 mètres de distance sur le terrain, ajoute Pagliarulo. Les personnes âgées sont à risque, alors ça fait plaisir de les aider. Il n’y a pas grand-chose à faire ces temps-ci et ça me permet de voir du monde. Les personnes âgées veulent parler et ça leur fait du bien, parce que c’est parfois difficile sur le moral.»

À l’arrêt

Aussi temporaire soit le temps de la crise, cet emploi permet au duo de s’impliquer à sa manière dans ce combat quotidien contre la maladie et de se tenir occupé.

Comme plusieurs autres championnats dans le monde, la saison des Saguenéens et de la LHJMQ a été abruptement stoppée puis annulée, séries incluses.

«On est habitués à des horaires assez chargés avec l’école et le hockey, rappelle Shank, qui vient de terminer une troisième saison dans l’uniforme du club chicoutimien.

«On n’arrête jamais, et là, il n’y avait plus rien à faire [...] Ça change les idées et ça nous fait sentir bien parce qu’on donne notre contribution [à la lutte] à la pandémie.»

Pas en danger

Le portier originaire de Laval se dit chanceux de travailler dans une résidence où aucun cas n’a été diagnostiqué.

Il ne craint pas pour sa sécurité avec l’arsenal de protection qu’il porte, et il se lave les mains plusieurs fois par jour.

«Au début, j’étais un peu craintif, mais en même temps, là-bas, on est bien protégés, assure-t-il. On a des masques, des gants et des lunettes, ce qui m’a rassuré. À la résidence, il n’y a pas de cas, et en même temps, c’est un défi de contrôler [la propagation]. Comme on s’assure de savoir qui est sorti de la résidence, à quelle heure et où ils sont allés, s’il y a une éclosion, on va savoir ça vient d’où.»