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Des entraîneurs des Nordiques qu’on avait oubliés

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Le présent mois rappelle un événement horrible aux partisans des Nordiques de Québec qui ont vu leur équipe préférée déménager au Colorado en mai 1995. Durant les 16 saisons des Fleurdelisés dans la Ligue nationale (LNH), plusieurs visages ont défilé, autant sur la glace que derrière le banc.

D’ailleurs, beaucoup d’amateurs et de fins connaisseurs du hockey se plaisent souvent à mentionner le nom de joueurs pour le moins marginaux ayant brièvement évolué dans le circuit. Mais qu’en est-il des instructeurs qui ont eu droit à une chance de se faire valoir sans connaître de succès à la barre de leur formation?

Afin de souligner le séjour des Nordiques dans la LNH, voici une présentation de cinq entraîneurs qui ont dirigé l’équipe sans demeurer dans l’esprit de beaucoup de gens pour leur contribution au sein de l’organisation.

Jacques Demers (1979-1980)

Étrangement, le dernier pilote ayant procuré une coupe Stanley au Canadien de Montréal est également celui qui était en poste au cours de la première campagne des Nordiques en 1979-1980. Il faut cependant dire que Demers a parcouru beaucoup de chemin dans la LNH, lui qui a aussi été l’entraîneur des Blues de St. Louis, des Red Wings de Detroit et du Lightning de Tampa Bay.

C’est dans la Vieille Capitale qu’il a effectué ses premiers pas derrière un banc de la LNH. En fait, il avait suivi les Bleus quand ceux-ci ont effectué leur transfert en provenance de l’Association mondiale (AMH). Son entrée en matière s’est bien déroulée au cours de la première moitié de saison, mais les blessures et la zizanie ont anéanti le bon travail par la suite.

Demers a été limogé à la fin de la campagne durant laquelle sa troupe a raté les séries avec une fiche de 25-44-11. Il a pris sa revanche aux dépens de son ancienne organisation quand il a mené le Tricolore aux grands honneurs en 1993, écartant les Nordiques au premier tour des séries.

André Savard (1987)

Voici un autre homme ayant travaillé pour le Canadien plusieurs années plus tard. L’ancien hockeyeur est d’ailleurs un nom important de l’histoire du hockey à Québec, ayant fait la pluie et le beau temps dans l’uniforme des Remparts chez les juniors. C’est aussi dans la capitale provinciale qu’il a conclu sa carrière de joueur de la LNH en 1984-1985.

Or, l’ex-attaquant n’a pas tardé à renouer avec ses anciennes amours, car il a été nommé instructeur-chef des Nordiques à l’été 1987. Néanmoins, la tâche de remplacer Michel Bergeron – échangé aux Rangers de New York – était ardue et l’impatience a gagné rapidement le bureau du directeur général Maurice Filion et le vestiaire. Ainsi, Savard fut congédié en décembre de la même année après seulement 24 matchs.

Celui qui a occupé le poste de DG du Tricolore au début des années 2000 avait vilipendé les journalistes au terme d’une défaite au Colisée, ce qui n’a pas visiblement plu à son patron. Filion a d’ailleurs dit plus tard que son embauche avait été une erreur.

Ron Lapointe (1987-1988)

Successeur de Savard, Ron Lapointe a peiné à ramener les siens sur la voie du succès, même s’il avait connu de bons moments avec le club-école de Fredericton avant son arrivée. En janvier 1988, il a notamment écopé d’une suspension de cinq parties pour envoyer Terry Carkner se battre lors d’une altercation déjà en cours sur la glace. Québec a croulé dans le dernier droit pour manquer à nouveau les séries.

Au retour des activités, ce fut la catastrophe pour Lapointe, autant sur la patinoire qu’au plan personnel. Pendant que les siens accumulaient les défaites, l’instructeur a appris une terrible nouvelle en recevant un diagnostic du cancer du rein le 15 décembre, avant un match face au Canadien. Ses hommes lui ont donné une victoire de 6 à 4 au Colisée en guise de cadeau d’adieu et Lapointe n’a plus dirigé par la suite. Il est décédé le 24 mars 1992.

Crédit photo : Le Journal de Québec

Jean Perron (1988-1989)

C’est Jean Perron qui fut dépêché pour combler le poste vacant et l’ex-pilote du Bleu-Blanc-Rouge n’a pas du tout récolté les mêmes succès qu’à Montréal, où il avait remporté la coupe Stanley en 1986. En 46 affrontements sous sa gouverne, les Fleurdelisés ont conservé une piètre fiche de 16-25-5, en route vers les terrains de golf immédiatement à la fin du calendrier régulier.

Perron a pour sa part emprunté la voie du chômage, puisque le DG Martin Madden l’a remplacé par Michel Bergeron, qui avait subi le couperet à New York.

Dave Chambers (1990-1991)

En 1990, cet Ontarien unilingue anglophone a été l’homme de confiance du nouveau DG Pierre Pagé, au grand étonnement des observateurs et des amateurs. Chambers avait côtoyé son supérieur immédiat à titre d’entraîneur-adjoint chez les North Stars du Minnesota auparavant. La seule saison complète du nouveau pilote à Québec a été affreuse. Toutefois, une fiche de 16-50-14 et le dernier rang du classement général a permis aux Nordiques de repêcher Eric Lindros et d’empocher un magot des Flyers de Philadelphie ultérieurement.

Pour revenir à Chambers, il a amorcé la campagne suivante, mais les résultats furent encore plus horribles. Avec un dossier de 3-14-1, Pagé a sorti le crochet et a pris lui-même les rênes comme instructeur-chef.

Et dans l’AMH

Avant la LNH, il y a eu l’AMH où deux autres figures marquantes de l’histoire du Canadien ont tenté de tirer leur épingle du jeu à l’autre bout de l’autoroute 20, sans trop de succès.

Maurice Richard (1972)

On a tendance à oublier que Maurice Richard a été le premier entraîneur-chef de l’histoire des Nordiques dans l’AMH. Le règne du «Rocket» n’a vraiment pas été très long. Il a remis sa démission après seulement deux parties lors de la saison 1972-1973. Richard n’avait pas de plaisir à diriger des joueurs et ne sentait pas qu’il en avait les capacités.

Jacques Plante (1973-1974)

Un an après l’échec de Richard, la formation de la Vieille Capitale a embauché une autre légende du Canadien comme pilote. À l’été 1973, Jacques Plante a paraphé un contrat de 10 ans d’une valeur de 10 millions $ pour être l’entraîneur-chef et le directeur général des Nordiques. Mécontent de la performance de son club, Plante a démissionné après seulement une saison. À la place, il a choisi d’effectuer un retour au jeu avec les Oilers d’Edmonton, qui évoluaient également dans l’AMH.