Canadiens de Montréal

L'espoir du CH qui provoque des coups de foudre en Suède

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Ancien gardien des Oilers d’Edmonton, Mike Zanier est aujourd’hui analyste en Suède. Il couvre les Lakers de Vaxjo dans la SHL, le meilleur circuit au pays. Un bon jour, Zanier a décidé de se rendre à un match de la Allsvenskan, la ligue de deuxième division. Il avait prévu observer un joueur en particulier.         

Or, sans qu’il s’y attende, c’en est un autre qui a capté son attention. Il a fait une découverte du nom de... Mattias Norlinder.              

«J’étais surpris... Quand je l’ai vu, je me suis dit : "Wow! Qui est ce jeune homme?" J’ai fait mes recherches par la suite et j’étais vraiment impressionné», raconte Zanier.         

Lorsque les séries éliminatoires de la Allsvenskan se sont mises en branle, le Britanno-Colombien, qui vit en Europe depuis maintenant 30 ans, a eu la chance de revoir à l’œuvre ce fameux Norlinder, repêché au troisième tour (64e au total) par les Canadiens de Montréal en 2019.          

«Il était le gars qui prenait les choses en charge. Il a beaucoup de potentiel. Je crois qu’il a besoin d’une couple d’années et il sera un bon défenseur dans la Ligue nationale de hockey [LNH]», s’est prononcé Zanier, qui a notamment été témoin des prouesses d’Elias Pettersson et de Rasmus Dahlin dans son emploi d’analyste à la télévision.          

Fut un temps où les gros défenseurs faisaient leur renommée à coups de doubles-échecs. Norlinder, lui, incarne le profil de l’arrière moderne. S’il est sur la patinoire, vous risquez de le remarquer.         

«Son coup de patin et sa vision sortaient du lot, se rappelle Zanier. Il n’avait pas peur de bouger la rondelle, d’orchestrer une poussée offensive ou de se joindre à l’attaque. Il n’était pas juste un défenseur régulier, il se démarquait. Et je crois qu’il était bon défensivement. Même si MODO était une équipe offensive qui avait souvent la rondelle, il ne commettait pas de bourdes. Tu ne le voyais pas faire une passe stupide et dangereuse. Il semblait toujours effectuer le bon jeu.»         

Un joueur électrisant         

Si vous consultez les statistiques de Norlinder en 2019-2020, vous ne tomberez pas en bas de votre chaise - même si celles-ci sont très bonnes sachant qu’il jouait dans un circuit professionnel. Ses faits saillants pourraient toutefois avoir cet effet sur vous.          

Ce n’est pas un hasard si, parmi tous les joueurs sur la patinoire, c’est Norlinder qui est tombé dans l’œil de Zanier. On verra si ce sera efficace au plus haut niveau, mais il y a un «petit quelque chose» de spectaculaire dans le jeu du Suédois qui captive les observateurs.          

C’est sans doute pourquoi le pauvre espoir a été associé malgré lui à quelques déclarations audacieuses au cours de la dernière année. Au mois de décembre, un journaliste affecté à la couverture du club de Modo a déclaré qu’il allait gagner le trophée Norris dans cinq ans, en plus de le comparer à Nicklas Lidstrom. L’ancien recruteur à temps partiel du CH Grant McCagg a pour sa part affirmé qu’il fallait se préparer pour le P.K. Subban suédois.         

Au final, ce n’est certainement pas une mauvaise chose si les experts familiers avec le jeu de Norlinder sont aussi élogieux à son égard. Son partenaire de jeu cette saison avec Modo, l’ancien défenseur de la LNH Tobias Enstrom, est lui aussi ébahi par son talent.  

C’est la saison prochaine, dans la meilleure ligue en Suède, qu’on risque de voir ce que Norlinder a vraiment dans le ventre.         

La bonne école         

Il n’y a aucune chance que vous voyiez Norlinder à Laval la saison prochaine. Ce n'est pas une mauvaise chose en soi - sans rien enlever aux qualités d'enseignant de Joël Bouchard.         

En 2016, alors que les Canadiens connaissaient toutes sortes de ratés en matière de développement – certains diront que le problème persiste aujourd’hui, mais il s’agit d’un autre débat –, il y a un espoir qui s’est montré fin prêt pour la LNH dès son arrivée au sein de l’équipe : Artturi Lehkonen. Cela n’était pas étranger au fait que le Finlandais était entre les mains de Frolunda, dont le programme est réputé à travers le monde. Et c’est avec cette même équipe que Norlinder graduera de la Allsvenskan à la SHL la saison prochaine.          

«Ce qui est bien pour les jeunes joueurs ici, maintenant, c’est que tellement de Suédois ont quitté pour jouer en Amérique du Nord, en Suisse ou en Russie, observe Zanier, alors les gars plus jeunes qui devaient évoluer dans le junior aboutissent chez les professionnels. Et la SHL est supérieure à la Ligue américaine [une affirmation qui ne fait pas l’unanimité dans le monde du hockey, NDLR]. Pour eux, la transition est beaucoup plus rapide qu’elle ne l’est pour les jeunes dans la ligue junior canadienne.»          

La relève suédoise        

Zanier a le privilège de voir défiler sous ses yeux les plus prometteurs espoirs de la Suède. Cette année, les attaquants Lucas Raymond et Alexander Holtz retiennent particulièrement l'attention en prévision du repêchage. L'ancien gardien est cependant plus loquace lorsqu'il est question de Noel Gunler, qui pourrait entendre son nom vers la fin du premier tour.         

«Je crois que Raymond et Holtz seront excellents. Il y a un autre espoir, Gunler, mentionne-t-il. Je l'ai vu jouer en personne à quelques reprises au cours des deux dernières années. La première fois que je l'ai vu, je crois qu'il venait d'avoir 17 ans. Je me demandais qui était ce jeune joueur, il fallait que je fasse mes devoirs. Je l'ai vraiment aimé. Son équipe était la meilleure du circuit cette année. Il n'a pas obtenu de temps de jeu en avantage numérique et il a présenté des statistiques semblables à celles de Raymond et Holtz.»        

L'analyste s'est également prononcé au sujet du défenseur Philip Broberg, un espoir des Oilers d'Edmonton qui piquait la curiosité de plusieurs partisans des Canadiens lors du repêchage de 2019. Il ne voit pas en cet athlète de 6 pi 3 po et 203 lb le même potentiel offensif que possèdent ses compatriotes Victor Soderstrom et Nils Lundkvist, dont les droits appartiennent respectivement aux Coyotes de l'Arizona et aux Rangers de New York.         

«Il va peut-être se joindre à l'attaque et fournir un peu d'offensive, mais ce ne sera pas naturel pour lui, estime Zanier. Je le vois davantage comme un quatrième ou cinquième défenseur. Soderstrom et Lundkvist, eux, sont des défenseurs offensifs. Tu le vois dans leur façon de planifier les jeux dans leur tête. Je ne vois pas ça dans le jeu de Broberg.»         

Lundkvist a fait un tabac dans la SHL la saison dernière, amassant 31 points, dont 11 buts, en 45 matchs avec Lulea. Des chiffres incroyables pour un joueur de 19 ans.        

«Il était vraiment spécial. Il va être le quart-arrière d'un avantage numérique dans la LNH», a prédit Zanier.