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Red Bull Stratos: à deux doigts de la catastrophe

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Il y a un peu plus de 7 ans, le 14 octobre 2012, Felix Baumgartner devenait le premier humain à franchir le mur du son en chute libre, lui qui s’élançait de la frontière de l’espace, soit à plus de 39 000 mètres d’altitude.    

L’acteur principal du projet Red Bull Stratos a cependant passé bien proche de ne jamais sauter, puisqu’il a tenté de se défiler quelques instants avant son grand moment.        

Vous pourrez revivre l’incroyable exploit de Baumgartner, alors que la chaîne TVA Sports présentera le Red Bull Stratos, à 19h, ce vendredi.  

C’est ce qu’a révélé le directeur technique de l’audacieux projet, Art Thompson, lors d’un entretien téléphonique.    

Il faut toutefois revenir trois ans avant le moment historique pour comprendre ce qui se déroulait dans la tête de Baumgartner.    

«En 2009, nous avions développé la capsule et la combinaison. Tout était prêt pour faire des tests dans un simulateur au Texas, a raconté celui qui travaillait sur le projet depuis 2005. C’était l’étape la plus dangereuse avant le grand saut. Toute notre équipe était prête, mais Felix ne s’est pas présenté. Il m’a appelé en pleurant et il me disait qu’il ne pouvait plus le faire. J’étais sûr qu’il s’agissait d’une blague.»    

Mais non, Baumgartner avait développé de la claustrophobie quand il enfilait sa combinaison.    

«Cela le rendait trop nerveux. Il ne l’avait dit à personne, mais il ne pouvait tout simplement plus mettre sa combinaison.»    

Rattrapé par l’orgueil    

Devant ce constat, Thompson a demandé à Baumgartner de l’aider à former le prochain parachutiste, mais l’Autrichien a refusé et il est reparti dans son pays natal.    

«Je savais que nous devions trouver quelqu’un d’autre et c’est ce que nous avons fait. [...] Je savais que Felix aurait l’impression qu’il perdait sa place.»    

Tiraillé par son orgueil, Baumgartner a rappelé Thompson.    

«Je l’ai prévenu que j’allais le torturer. Je lui ai dit que j’allais le rendre misérable et que j’allais le mettre dans les pires conditions possible, parce que nous ne pouvions pas nous permettre de l’envoyer si haut dans les airs et qu’il nous laisse tomber», s’est souvenu en rigolant le grand manitou du Red Bull Stratos.    

Le directeur technique ne lui a cependant pas uniquement fait vivre un enfer dans son costume, il l’a également entouré d’une solide équipe de psychologues sportifs. Thompson s’est aussi assuré que l’esprit de son parachutiste soit occupé dans la capsule, afin que ses démons ne le rattrapent pas.    

À deux doigts de la catastrophe    

Et pourtant, Baumgartner est passé bien proche de ne pas être en mesure de s’élancer le 14 octobre 2012.    

«Alors que nous étions prêts à effectuer le saut, Felix s’est mis à paniquer, a indiqué Thompson. Si vous regardez la vidéo, il y a un moment où il nous dit que quelque chose ne fonctionne pas avec son casque.»    

À ce moment, l’un des opérateurs a donné un signal audio prédéterminé qui avait été mis en place afin de couper l’audio pour les millions de spectateurs qui vivaient l’événement historique en direct.    

«Quand l’audio a été coupé et que Felix savait qu’il n’était plus écouté par le public, il a dit qu’il devait me parler.»    

«Il m’a expliqué que son casque ne fonctionnait pas bien, mais je savais que ce n’était pas le cas. Il était nerveux et il paniquait. Je lui ai démontré que tout fonctionnait parfaitement. Finalement, je lui ai dit qu’il était déjà à 36 000 mètres, qu’il devait simplement passer la porte ou qu’il devait bien attacher sa ceinture, car j’allais décrocher la capsule du ballon. Il a repris ses esprits et nous avons poursuivi le processus.»    

«Felix a fait un travail exceptionnel, a dit Thompson. Il a vaincu sa peur, il est sorti de la capsule et en 4 minutes 20 secondes il a atterri sur ses deux pieds.»