HKN-HKO-SPO-CALGARY-FLAMES-V-MONTREAL-CANADIENS

Crédit : AFP

Louis Jean

Kovalchuk, un personnage impressionnant

Kovalchuk, un personnage impressionnant

Louis Jean

Publié 15 mai
Mis à jour 15 mai

«J’espère qu’on va recommencer à jouer bientôt, je commence à être tanné! »     

C’est un peu le sentiment généralisé chez les joueurs de la LNH. Mais pour Marco Scandella, la dernière année a été un peu folle. Il a été échangé deux fois!     

Il est passé des Sabres de Buffalo à l’équipe de ses rêves, les Canadiens de Montréal, avant de se retrouver avec les champions de la Coupe Stanley, les Blues de St. Louis. Mais il aura passé moins d’un mois au Missouri avant de rentrer à la maison.         

«De tous les endroits que j’aurais pu être échangé, St. Louis était le "fit" parfait, a-t-il admis. Je suis familier avec cette division pour avoir longtemps joué au Minnesota. Le système de jeu cadre bien avec mon style. En arrivant, on m’a jumelé avec Colton Parayko, un gars qui fait six pieds six pouces et qui patine comme le vent. C’est un ami hors glace et c’est certain que ça a aidé la transition.»    

«Dès le premier jour, je me sentais à l’aise puisque je connaissais Ryan O’Reilly, Brayden Schenn, Jake Allen, Alex Pietrangelo et David Perron, mais aussi parce qu’en tant que vétéran, je savais à quoi m’attendre, a-t-il ajouté. Dès les premiers jours, je me suis senti à l’aise avec le groupe.»    

Tous ceux qui sont confinés à la maison depuis plus de deux mois ont parfois l’impression de vivre le jour de la marmotte. Le natif de Montréal, de son côté, essaie de profiter de ce temps pour découvrir de nouvelles passions.    

«J’essaie d’utiliser le temps de la bonne façon et être productif, a-t-il indiqué. Si tout ce qu’on fait, c’est écouter des films, on a l’impression que les journées sont interminables. J’ai commencé à cuisiner de nouvelles choses, comme du canard par exemple. Je fais beaucoup de recherche pour trouver mon prochain projet. »    

L’appel de la nature a également fait le plus grand bien au défenseur gaucher de 30 ans.    

Voir cette publication sur Instagram

Axe to Grind with Isolation #StayHome #StaySafe

Une publication partagée par Marco Scandella (@scandeezy6) le

«Quand j’étais jeune, je montais à Labelle avec mon père et on passait des journées complètes dans la forêt à faire du bois de chauffage, s’est-il souvenu. On partait avec une scie mécanique et une hache. C’était du travail dur, mais bon pour le mental. Je passe mon confinement en Estrie et quelques fois par semaine, je vais prendre des longues marches dans le bois et j’abats les arbres morts. C’est comme une thérapie.»     

«L’autre chose qui m’aide à vraiment décrocher, c’est ma voiture, a-t-il également souligné. J’ai une Ford Shelby 350 manuelle de 500 chevaux-vapeur. Je ne l’ai pas acheté pour la vitesse. Juste d’entendre le moteur et de changer les vitesses, ça me donne du plaisir.»    

La pause forcée a en quelque sorte permis au vétéran de 10 saisons dans la LNH de renouer avec une passion.    

«J’adore les voitures, a-t-il révélé. Je suis un "gars de char". Je pense que ça vient de mon père. Lorsqu’il habitait en Italie, il était passionné par les motocyclettes. Malheureusement, il a eu un grave accident lorsqu’il était jeune et a été hospitalisé pendant six mois environ. Il m’a demandé de lui promettre de ne jamais avoir de moto. Alors, je me suis tourné vers les voitures!»    

Voir cette publication sur Instagram

🐎 needed to stretch #gt350

Une publication partagée par Marco Scandella (@scandeezy6) le

«C’est une passion que je partage avec mon frère Giulio, a poursuivi Scandella. Il est malade des chars lui aussi. Quand on était jeunes, on aimait travailler sur nos voitures. On a chacun eu une Honda S2000 et on aimait la modifier, l’améliorer. On changeait la suspension, les roues, la soupape d’admission, etc. On aimait voir la progression de nos voitures.»     

  

«Le confinement nous a donné envie de planifier un projet ensemble, a-t-il raconté. On veut refaire une voiture des années 90. Peut-être une Acura NSX ou une Skyline, on n’a pas encore arrêté notre choix. Pour l’instant, on fait beaucoup des recherches, mais c’est certain qu’on va remonter une voiture ensemble.»    

Influencé par ses pairs    

Un coup d’œil dans un stationnement de centre d’entraînement de la LNH et vous allez retrouver de rutilants bolides. Dès ses premiers pas dans le circuit Bettman, Scandella a été exposé à des bagnoles de luxe.    

«Quand je jouais au Minnesota, Benoit Pouliot aimait vraiment les voitures, s’est-il rappelé. Il a eu une Nissan GTR et quand je l’ai vu je me suis dit wow, j’en veux une un jour. Trois ans plus tard, je me suis offert ce cadeau! Plusieurs joueurs aiment les voitures, mais je me souviens aussi que José Théodore et Patrice Brisebois aussi ont toujours eu de belles voitures.»    

Et quelle voiture est maintenant sur ta liste?    

«La liste est longue, mais si j’avais à choisir une voiture de rêve, ce serait la Porsche Carrera GT.»    

Une expérience mémorable à Montréal     

Même s’il n’aura disputé qu’un quart de saison à Montréal, l’ancien choix de deuxième ronde dans la LNH n’en retient que du positif.     

«J’ai joué pour plusieurs équipes, mais ce qui m’a frappé du Canadien, c’est que tout le monde aimait tout le monde, a-t-il affirmé. C’est vraiment une équipe unie. Les joueurs passent beaucoup de temps ensemble, ils vont au restaurant ensemble. L’identité, c’est vraiment le concept d’équipe.»    

Un de ses anciens coéquipiers a d’ailleurs laissé une forte impression sur Scandella.    

«Si j’avais à choisir un joueur, ce serait "Kovy" (Ilya Kovalchuk), a-t-il révélé. Le gars est une légende, il connaît une carrière digne du Temple de la renommée et il était le joueur qui travaillait plus fort que tout le monde. Que ce soit sur la glace, dans le gym, sa façon de se préparer ou récupérer après les matchs, il était impressionnant. C’est souvent lui qui s’occupait des réservations dans les restaurants et il s’assurait d’inclure tout le monde.»     

Les conseils de son entraîneur    

Scandella approche les 600 matchs dans la LNH. Plusieurs personnes ont contribué à ce qu’il réalise son rêve, dont son entraîneur avec les Foreurs de Val d’Or.    

«Éric Lavigne m’a vraiment aidé au niveau junior, a-t-il assuré. J’étais un choix de sixième ronde et il m’a aidé avec le côté mental et comment être un pro. Il me disait de me lever le matin, prendre une douche, toujours être présentable et respectueux des autres.»     

«Je me suis aperçu au niveau junior que ce ne sont pas toujours les meilleurs joueurs qui percent, a-t-il poursuivi. Les gars qui travaillent le plus fort vont faire leur place. Des gars comme Steve Bégin étaient une inspiration pour moi. Oui, il était talentueux, mais il travaillait plus fort que quiconque. C’est un peu ce que j’ai toujours essayé de faire.»    

C’est une chose d’atteindre la LNH, c’en est une autre d’y rester. Malgré ses années de service dans la meilleure ligue au monde, Scandella ne s’assoit pas sur ses lauriers.     

«Même après 10 ans dans la LNH, il demeure qu’il faut bûcher tous les jours pour rester dans la ligue, a-t-il observé. Je conserve ma mentalité de ma première saison, c’est-à-dire de toujours pousser et toujours pratiquer fort. La pire chose qui puisse arriver est de se sentir confortable et à l’aise. C’est le genre d’approche qui mène à ton déclin.»     

«Les jeunes joueurs sont enthousiastes et excités de faire le saut dans la LNH afin de prendre ta place, a-t-il ajouté. Pour moi, la compétition est un mode de vie. Je m’entraîne avec Anthony Beauvilier, Nicolas Aube-Kubel et William Carrier l’été. Les gars me poussent vraiment à me dépasser. Le jour où j’aurai un sentiment de satisfaction sera le moment où je vais arrêter de jouer.»    

Ce moment devra attendre. Scandella n’a jamais été mieux placé pour gagner une Coupe Stanley. Comme tous ses pairs et les partisans aussi, il attend impatiemment le retour du hockey!