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Olympiques

Plongeuse et infirmière

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La plongeuse Mélissa Citrini-Beaulieu avait d’abord prévu compléter son baccalauréat en sciences infirmières après les Jeux olympiques de Tokyo, mais avec le report annoncé, elle a réussi la plus belle des vrilles pour obtenir son diplôme au cours des dernières semaines.

«Ç’a été un tourbillon d’émotions et de défis», a résumé l’athlète originaire de Saint-Constant, sur la rive sud de Montréal, lors d’une entrevue téléphonique.

En pleine «semaine de la profession infirmière», du 11 au 17 mai, l’occasion est belle pour souligner les efforts déployés par Citrini-Beaulieu.

Concilier le sport de haut niveau et les études universitaires est certainement une mission difficile et ce l’est encore davantage lorsqu’une pandémie mondiale s’en mêle. Si le diplôme est le fruit de plusieurs années de labeur et de persévérance, on parle aussi, dans ce cas-ci, d’un dernier mois et demi complètement fou.

«Un moment stressant»

Quand le Comité olympique canadien (COC) a annoncé le dimanche 22 mars que le Canada n’enverrait pas ses athlètes aux Jeux de Tokyo, la plongeuse québécoise a d’abord cru vivre un cauchemar.

«Ç’a été extrêmement difficile, c’était un moment stressant, j’ai imaginé pendant un certain temps que mon rêve olympique serait reporté d’un autre quatre ans», a avoué celle qui fait équipe avec Jennifer Abel à l’épreuve synchronisée au tremplin de trois mètres.

Citrini-Beaulieu et Abel ont notamment remporté la médaille d’argent aux Championnats du monde de la FINA, en 2019, obtenant ainsi leur billet pour les prochains Jeux olympiques. Après la décision du COC, c’était humain de croire que le grand rendez-vous allait peut-être avoir lieu sans le Canada. Deux jours plus tard, le Comité international olympique reportait toutefois les Jeux de Tokyo à 2021.

«Cette fois, ç’a été un très gros soulagement», a indiqué la plongeuse de 24 ans, qui brigue une première participation olympique.

Nouveau plan de match

Malgré la délivrance, la situation devait forcer Citrini-Beaulieu à revoir son plan de match. Sans tarder, elle a entamé les démarches auprès de l’Université de Montréal pour compléter son baccalauréat dès cette année. Plus question de finir les études en 2021 lorsqu’elle devra alors se concentrer à 100% sur sa préparation olympique.

«À partir du 24 mars, pendant environ six semaines, j’étudiais 12 heures par jour en plus de continuer de m’entraîner, a précisé Citrini-Beaulieu, qui avait trouvé refuge au chalet familial situé à La Minerve, dans les Laurentides. C’était un gros coup à donner, j’étais particulièrement fatiguée la semaine dernière, mais là, je reprends le dessus.»

Forcément, le baccalauréat s’est complété à distance. La plongeuse n’a d’ailleurs pas eu droit à un ultime stage en milieu hospitalier.

«C’est un peu dommage, car ça fait que j’acquiers un peu moins d’expérience, mais en même temps, avec tout ce qu’on vit présentement, je comprends que la situation est exceptionnelle», a commenté Citrini-Beaulieu.

Hâte d’aller aider

Baccalauréat en poche, la jeune femme se sent néanmoins prête à faire sa part en cette période de pandémie de coronavirus.

«Je serais intéressée à aller aider, j’ai hâte, mais il y a de l’incertitude présentement avec notre centre d’entraînement. On ne sait pas quand ça va rouvrir, a-t-elle noté. En ayant une date, je pourrais aller aider et me mettre en quarantaine avant de reprendre l’entraînement. Là, je me sens un peu impuissante, j’ai les aptitudes, mais je ne peux pas vraiment y aller. Si nous étions dans une année post-olympique, ce serait différent. J’irais tout de suite.»

Citrini-Beaulieu doit penser à elle, mais aussi aux autres membres de l’équipe nationale de plongeon. Elle ne veut pas les exposer.

«Mon objectif olympique demeure ma priorité pour la prochaine année, a précisé la plongeuse, en vue des Jeux désormais prévus à compter du 23 juillet 2021. Comme athlète, avec le report, on doit trouver un moyen de s’adapter. Si tu as une attitude gagnante, tu vois ça comme une occasion d’améliorer encore plus tes capacités physiques et mentales dans la prochaine année.»

Pour ce qui est de la capacité d’adaptation, Citrini-Beaulieu, maintenant plongeuse et infirmière, a déjà fait joliment ses preuves au cours des derniers mois.