Hockey

Les écoles de hockey nagent dans l'incompréhension

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La première phase des mesures de déconfinement sportif n’a évidemment pas fait que des heureux. Dans le rang des mécontents, les écoles de hockey estiment qu’elles peuvent aisément se conformer aux attentes de la santé publique et peinent à comprendre pourquoi leurs enseignements sont mis sur la glace.

Juge de lignes dans la LNH depuis bientôt 20 ans, Jonny Murray consacre ses étés à la gestion de son école de hockey Extreme Power Skating, à Québec. Il assure que son équipe s’est montrée proactive en préparant plusieurs mesures visant à respecter les règles de distanciation sociale.

Malgré les bonnes intentions, le retour de l’entraînement supervisé à l’intérieur n’est pas prévu avant la phase 4 du plan de déconfinement sportif au Québec.

«Les mesures actuelles ne nous aident pas, mais j’imagine que l’eau va couler sous les ponts d’ici peu», a indiqué celui qui opère l’école depuis 16 ans, lorsque joint à son domicile en Floride.

«On a déjà prévu qu’il y aurait moins de jeunes dans les vestiaires et sur la glace. On prévoit installer des tapis autour de l’aréna pour que les jeunes puissent se changer dehors en gardant leurs distances. Les parents ne pourront pas entrer dans l’aréna. Il y a des moyens faciles à mettre en place pour respecter les exigences, mais on nous demande de rester fermés. On n’est pas plus niaiseux que les autres», a-t-il pesté.

Jeunes en attente

Selon Murray, le téléphone ne dérougit pas et la boîte de courriels se remplit. «Les parents m’appellent et m’écrivent parce que leurs jeunes sont en train de virer fous. Ils veulent que leurs enfants bougent et qu’ils puissent pratiquer le sport qu’ils aiment. Je comprends très bien qu’il faut se soucier des personnes âgées, mais nos enfants ont aussi besoin qu’on se préoccupe de leur moral», plaide le Beauportois d’origine.

«On peut très bien s’adapter. Il y a des usines de 100 employés qui ouvrent. Je ne verrais pas pourquoi on ne serait pas capable de respecter les règles dans un aréna.»

«Pourquoi les camps de jour peuvent ouvrir et pas nous ? Qu’est-ce qui est un besoin essentiel pour vous et qu’est-ce qui est un besoin essentiel pour un jeune ? La définition n’est la même pour personne», a opiné Murray.

Et le contact ?

Qui dit hockey dit du même coup sport de contact, mais le concept d’une école est bien différent, au sens où elles peuvent avant tout se consacrer au développement d’habiletés individuelles.

«En misant sur les habiletés individuelles, il n’y a pas de contact physique. Il y a des manières de structurer les entraînements pour être conforme», a pour sa part ajouté Bryan Lizotte, ex-entraîneur-chef du Titan d’Acadie-Bathurst, qui dirige l’école Relève Hockey. Selon lui, les jeunes sont prêts à tout pour renouer avec les patins et la rondelle. «Ils sont nombreux à m’écrire et à me dire qu’ils sont prêts à s’exposer au risque. Personne ne leur tord un bras. Ceux qui ne sont pas à l’aise ne viendront pas et c’est bien correct.»

«Dans tout ça, on ne pense pas assez aux jeunes. C’est un non-sens. On est capable de bien faire les choses», a-t-il imploré.