Canadiens de Montréal

La seule et unique mission de François Allaire

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Lorsqu’il a été rappelé du club-école de Sherbrooke par les Canadiens de Montréal en 1985-1986, François Allaire avait une seule et unique mission au sein du personnel d’entraîneurs.      

«Jean Perron m’a dit à l’époque "occupe-toi seulement de Patrick Roy. Ne t’occupes pas de Doug Soetaert ni de Steve Penney", a-t-il raconté à l’émission «JiC», jeudi, sur les ondes de TVA Sports.      

Écoutez l'entrevue avec François Allaire à «JiC» dans la vidéo, ci-dessus.   

Selon l’instructeur des gardiens à jamais associé aux succès de la légende, «Casseau» n’avait pas eu la confirmation que c’est lui qui garderait les buts en séries. Mais ce n’était qu’une question de temps. C'était un secret de Polichinelle.      

«Il y avait anguille sous roche, raconte-t-il. S’ils voulaient que je travaille avec lui à un mois des séries, c’était pour l’envoyer dans la mêlée soit au début des séries ou à court terme si ça ne fonctionnait pas avec les deux vétérans.»      

Roy était déjà reconnu comme étant un athlète de caractère. Selon Allaire, son désir de gagner était plus fort que tout.      

«Il voulait tirer profit de tout ce qu’(on lui enseignait). Si on pouvait lui offrir une information pour faire en sorte que sa performance soit optimale, il était prêt à écouter.      

«Une de ses forces est son intelligence sportive. Il sait ce qui est bon pour lui et ce qu’il ne l’est pas. Ça lui a permis d’évoluer très rapidement dans la Ligue nationale.»      

En saison régulière, Roy a gardé les buts dans 47 rencontres à sa première saison, compilant une fiche de 23-18-3. Il a eu droit à un vote de confiance incroyable à l’âge de 20 ans.      

«Il ne voulait pas décevoir personne. Il ne voulait pas décevoir les entraîneurs. Il ne voulait pas décevoir ses coéquipiers. Il était prêt mentalement et surtout physiquement à faire face à la musique.      

«Dès le début des séries, on savait qu’il était prêt à connaître de bonnes séries.»      

Un tournant dans la Grosse Pomme      

La veille d’un match face aux Rangers, à New York, un journaliste l’a abordé en prononçant son nom de famille à l’anglaise. Le numéro 33 n’a pas hésité à le corriger.       

«Il lui a dit ‘it’s not Roy, it’s Rou-Ah. Le lendemain, c’était écrit dans les journaux et la foule en a profité.»      

Au Madison Square Garden, une partie des 20 000 personnes a scandé son nom de famille comme il était écrit dans les médias imprimés pendant la rencontre. Si cette tactique se voulait une tentative d’intimider le gardien adverse, ce dernier n’a pas mordu.      

«Je lui ai dit ‘laisse-les crier. S’ils crient après toi, ça veut dire qu’ils ont peur de toi.      

«C’est ce qui est arrivé. Plus la foule criait, plus il était concentré dans son match.»