Crédit : Jean-Yves Ahern-USA TODAY Sports

MLS

Marc Dos Santos s'est adapté

Dave Lévesque

Publié | Mis à jour

Marc Dos Santos est un homme d’action et il n’est pas du genre à se plaindre. C’est le genre de gars qui va faire de la limonade quand on lui donne des citrons, comme le veut l’adage.

L’entraîneur-chef des Whitecaps de Vancouver, seul Canadien à diriger une équipe de la Major League Soccer (MLS) en ce moment, sait faire la part des choses et tirer le meilleur parti de chaque situation.

C’est ainsi que lorsqu’on lui a parlé, il y a quelques semaines, il semblait très bien s’accommoder de la situation peu orthodoxe dans laquelle nous sommes tous plongés. C’était avant que son équipe puisse reprendre l’entraînement individuel, mardi.

«C’était difficile au début, mais maintenant, non. Je regarde beaucoup les nouvelles, il y a tellement d’autres choses que le sport, relativise-t-il. C’est comme si on était en train de vivre une Troisième Guerre mondiale sans bombes.

«Nous, on habite dans un pays incroyable malgré ses faiblesses. Quand on regarde les nouvelles, il y a des pays vraiment épais», ajoute-t-il avec son franc-parler habituel.

Étude

Dos Santos est un mordu de soccer qui adore faire l’étude en profondeur de son sport. Il avoue d’ailleurs regarder un match par jour depuis le début du confinement.

«Il y a quatre ou cinq clubs que j’observe pour bâtir notre identité de jeu, que ce soit dans les principes ou dans l’exécution tactique», avoue-t-il.

Il porte ainsi son attention autant sur l’Amérique du Sud que sur l’Europe pour marier des styles qui peuvent être complémentaires.

«Je regarde entre autres un match de Liverpool et l’Atlético. Il y a aussi Flamengo et River Plate qui sont deux équipes d’Amérique du Sud que j’aime beaucoup. J’aime aussi beaucoup ce que fait la Juventus avec sa défensive à quatre.»

Il admet que ses repères ne sont plus les mêmes puisqu’il n’y a pas d’enchaînement de matchs.

«Ça ne me prend que le matin parce qu’il n’y a pas de match à préparer. Le dernier match a été joué et on ne sait pas quand aura lieu le prochain.»

Préparation

En attendant de revoir son équipe disputer des matchs, et alors que les joueurs viennent à peine de recevoir la permission de s’entraîner individuellement, Dos Santos ne chôme pas.

«En fin de journée, je parle à mon analyste et une fois toutes les deux semaines, on a une séance vidéo Zoom avec les joueurs et on partage ensemble.

«Le dimanche, on prépare le cycle de travail pour les joueurs qui travaillent avec le préparateur physique par l’entremise de Zoom.» Dos Santos reconnaît qu’il ne sait pas ce que l’avenir réserve au soccer de la MLS.

«Je ne serais pas surpris si on commençait seulement en août, pas plus que je serais surpris s’il n’y en avait même pas cette année.

«On va être prêts parce qu’on a un groupe de performance et un "staff" qui est prêt. On sait où on a laissé le travail, alors on n’est pas stressés quand ça va recommencer.»

Bon départ

C’est dommage pour Dos Santos et son équipe qui pouvaient aspirer à une belle saison 2020 après une année de transition difficile en 2019, sa première à la barre des Caps.

«On le savait que la première année serait difficile, tout le monde le savait, du "staff" aux propriétaires. Reconstruire une équipe en MLS, c’est difficile quand tu n’es pas une équipe d’expansion.

«On savait que c’était un projet d’au moins trois ans et on se sentait bien en amorçant la deuxième année. On avait fait de bonnes acquisitions, dont Lucas Cavallini.»

Les Whitecaps avaient disputé leurs deux premiers matchs de la saison à l’étranger et avaient profité du second pour causer la surprise en battant le Galaxy de Los Angeles 1 à 0 lors de l’entrée en scène de Chicharito.

«On était sur la bonne voie et on sentait qu’il y aurait une belle croissance, et on le sent encore. On a une équipe jeune qui peut former un noyau pour durer. On ne peut pas acheter, il faut la former.»

Temps en famille

Au moins, cette interruption non prévue lui donne une nouvelle perspective sur la vie en famille, lui qui est père d’une adolescente de 11 ans et de deux jumeaux de 8 ans.

«Ça fait longtemps que je n’ai pas passé autant de temps en famille. Il y a des réactions, des tics chez mes enfants que je ne connaissais pas», avoue-t-il.

«Le matin, on fait l’école à la maison et, l’après-midi, on a notre routine. Ils suivent le programme que l’école envoie. Les garçons ont un appel Zoom avec leur prof trois fois par semaine et ma fille c’est une heure par jour.»

Et une fois que tout le monde a accompli ses tâches, ils peuvent profiter de la belle nature de la Colombie-Britannique.

«On habite à North Vancouver, alors on marche beaucoup, on peut s’entraîner.»