Canadiens de Montréal

«Je ne devais pas être si mal que ça» - Jean Perron

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L’ancien entraîneur des Canadiens Jean Perron a réagi avec aplomb, mardi, aux propos tenus à son sujet par l’ex-directeur général de l’équipe, Serge Savard, qui a admis lundi qu’il avait fait une erreur en lui donnant «une prolongation de contrat en sachant qu'il n'était pas capable de diriger l'équipe».  

Savard avait indiqué, en entrevue à «Dave Morissette en direct», que s’il aimait bien l’homme, il ne croyait pas Perron fait pour être entraîneur-chef, le voyant davantage comme un bon adjoint, et que «ça a été une erreur de continuer avec lui».    

Rejoint à son domicile gaspésien par l’émission «JiC», Perron, qui a mené le CH à la Coupe Stanley en 1986 pour être congédié environ deux ans plus tard, a semblé prendre le tout avec un sourire, mais a néanmoins tenu à se défendre.  

«J'en ai oublié des bouts, mais je pense que Serge en a oublié des bouts aussi, a-t-il d’abord indiqué. À partir du 17 février 1988 jusqu'au 23 mars, on avait gagné 14 matchs consécutifs, on a fini la saison avec 15 victoires, deux défaites et trois nulles.»  

«Jamais je ne parlerais contre Serge Savard, il m'a donné la chance de "coacher" le Canadien et de gagner la Coupe Stanley, a-t-il ajouté. Mais je peux te garantir une chose: dans l'avion, Serge, dans cette séquence de victoires qu'on avait, m'a dit "Jean, va falloir qu'on parle de ton nouveau contrat". Je ne devais pas être si mal que ça comme "coach".»  

Perron a néanmoins été limogé après que l’équipe eut été éliminée au deuxième tour des séries par les Bruins.  

Perron estime que son groupe de vétérans de l’époque n’a jamais tellement apprécié ses méthodes et que ça a sans doute fortement contribué à lui faire perdre son poste.  

«On avait amené neuf recrues dans l'alignement, a-t-il rappelé. Naturellement, les vétérans de l'époque n'ont peut-être pas accepté trop trop la manière dont les jeunes performaient et moi, je les faisais jouer. Mais il reste que j'ai eu la chance de gagner la Coupe Stanley avec Serge et ça, pour moi, c'est un souvenir indélébile. Je garderai toujours ça dans mon arsenal, pour dire à tout le monde que j'ai une Coupe Stanley, et il n'y a pas personne pour me l'enlever.»  

«Je ne commencerai pas à me creuser les méninges pour savoir pourquoi il a dit ça, a également mentionné l’ex-entraîneur. Personnellement, je pense que j'ai connu du bon temps dans l'organisation du Canadien, je n'ai pas nécessairement fait juste des mauvaises affaires. Il n'y a pas trop, trop de monde sous l'ère de Serge Savard qui a autant de succès dans les séries éliminatoires!»  

Celui qui a participé à trois rondes de séries chaque saison, en moyenne, avec le CH, estime qu’il a senti le soutien de Savard la plupart du temps lorsqu’il était l’entraîneur du club.  

«J'ai eu l'assentiment de Serge Savard pour faire beaucoup de choses, pour s'assurer que les jeunes connaissent du succès dans l'organisation du Canadien, s’est-il rappelé. Serge était derrière moi à 100 milles à l'heure. Mais j'ai l'impression qu'il y a encore des vétérans dans l'organisation du Canadien, qui n'ont pas digéré la façon dont j'ai utilisé les jeunes. Et ça, je  

ne peux rien y faire. De toute façon, on a gagné la Coupe Stanley, et tu ne gagnes pas la Coupe Stanley par chance. Ça, Serge le sait.»  

En tout cas, Perron n’a pas apparu trop perturbé par ce qui s’est dit à son sujet.  

«Inquiétez-vous pas, je dors très bien avec ma Coupe Stanley à mes côtés», a-t-il résumé.  

Pagé déplore  

Opposé à Perron lors de la finale de 1986, Pierre Pagé, qui était entraîneur adjoint des Flames à l’époque, a semblé déçu par les critiques formulées par Savard.  

«J'ai de la misère à comprendre parce que Serge a gagné huit Coupes Stanley comme joueur, deux comme gérant, quand tu gagnes une de deux Coupes Stanley en 40 ans, tu devrais célébrer et ne pas dire des choses comme ça. Je trouve ça dur à accepter», a-t-il admis, aussi en entrevue à «JiC».  

Posé en Autriche depuis quelques années, celui qui a aussi dirigé les Nordiques a rappelé que «que ce n'est pas facile de gagner à Montréal» et que l’équipe de 1985-1986 dirigée par Perron est celle «qui a compté le plus grand nombre de buts sous Serge Savard».  

Voyez l’entrevue de Jean Perron en vidéo principale, et celle de Pierre Pagé ci-dessous.  

Entrevue de Pierre Pagé à «JiC» -