Canadiens de Montréal

Maxim Lapierre : «Je n’avais plus envie de jouer au hockey»

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«Quand je suis arrivé à Anaheim, ça n’allait pas bien. Je ne me sentais pas bien dans l’organisation. À un moment donné, je n’avais plus aucune envie de jouer au hockey.»    

Repêché au deuxième tour par les Canadiens de Montréal à l’encan de 2003, Maxim Lapierre a connu de bons moments avec le club de son enfance.    

Voyez l'entretien avec Maxim Lapierre dans la vidéo, ci-dessus.   

Étrangement, sa plus grande fierté est aussi sa plus grande déception : «me remettre de l’échange des Canadiens. Partir de Montréal a été très difficile pour moi», a-t-il lancé à Dave Morissette en direct, jeudi, sur les ondes de TVA Sports.    

Lapierre avait fier allure dans le maillot du Bleu-blanc-rouge devant ses proches et amis. L’échange qui l’a envoyé en Californie est passé de travers.    

Crédit photo : Eric Bolte/24 Heures/Agence QMI

Difficile de s’en remettre    

En 2008-2009, sa deuxième saison comme régulier, il a connu sa meilleure campagne avec 28 points, dont 15 buts, en 79 matchs. Ses statistiques ont glissé dès l’année suivante et, bien malgré lui, il est passé aux Ducks d’Anaheim en décembre 2010. Précisément, le 31 décembre.    

En écoutant son récit des faits près de 10 plus tard, l’amertume est toujours présente envers le Club de hockey Canadien.    

«À mon avis, ce n’était pas la bonne façon de partir (de Montréal). Je repense toujours au fait que j’aie été échangé la veille du Jour de l’an. Tout le monde m’attendait chez nous. On m’a plutôt laissé tout seul en Floride.    

«Tout ça pour un choix de (cinquième tour). Dans ma tête je me disais que ce choix-là peut attendre!»    

Deux mois plus tard, après avoir amassé seulement trois points en 21 sorties, le Québécois était impliqué dans une autre transaction. Cette fois, il était transféré aux Canucks de Vancouver, échange qui l’a réuni avec son entraîneur-chef du junior : Alain Vigneault.    

«À Vancouver, j’ai senti qu’ils étaient venus me chercher parce qu’ils savaient que j’étais capable de plus. Que j’étais capable de me relever. Il y avait un bon groupe de gars et un bel esprit d’équipe.    

«J’ai repris confiance. Ça m’a donné le goût de recommencer à jouer. Ç’a rajouté peut-être 10 ans (à ma carrière)», explique celui qui a atteint la finale de la Coupe Stanley en 2011.    

Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM / Agence

Deux regrets    

Près d’une décennie après ces épreuves, l’ancien numéro 40 dit être rongé par deux regrets. Un de ceux-ci concerne un des deux patrons qu’il a côtoyés derrière le banc. Inutile de savoir qui de Guy Carbonneau ou Jacques Martin était le plus exigeant.    

«J’ai fait ce que le coach me demandait, mais je l’ai fait un peu trop parfois. On me disait "il faut que tu sois un agitateur et que tu déranges". Ce n’est pas quelque chose que j’ai particulièrement aimé faire à tous les soirs.    

«Des fois, je ne le faisais que pour garder ma place dans la formation. Je réalise maintenant que si j’avais été moi-même, j’aurais peut-être eu plus d’opportunités. Je suis capable de bien jouer dans les deux sens de la patinoire. La concentration n’était peut-être pas toujours à la bonne place.»    

La pression qu’il se mettait constamment sur les épaules a aussi contribué à une forme de distraction pendant son passage dans la LNH.    

«J’avais tellement peur de commettre une erreur ou ne pas faire le jeu parfait, que parfois, ça me menottait. Tu mets la rondelle à la ligne rouge et tu vas frapper un gars tellement que tu es bloqué mentalement.    

«Tu te mets tellement de limites que tu n’es plus le même joueur.»    

Crédit photo : Martin Chevalier / Le Journal de

«Je me suis calmé un peu»    

Exilé en Europe depuis cinq ans, Lapierre vient de conclure sa première saison avec les Polar Bears de Berlin, en première ligue allemande. Il s’agit du troisième pays qu’il habite depuis son exode en 2015.    

L’ancien des Canadiens a bien fait dans la capitale germanique avec 34 points en 50 rencontres. Il dit avoir fait preuve de discipline après avoir récolté 119 minutes de punition au cachot à Lugano, lors de la dernière campagne.    

«Je me suis calmé un peu. Tu sais pourquoi? Parce que maintenant, j’ai la chance de jouer sur l’avantage numérique, donc je ne veux pas être au banc des punitions trop longtemps!», a-t-il indiqué en s'esclaffant.   

Contrairement au soccer, le hockey demeure en pause en Allemagne et Lapierre y voit le bon côté, puisqu’il dit «soigner des petits bobos». Mais à 35 ans, un arrêt prolongé pourrait avoir un impact sur la suite de sa carrière.    

«Je suis conscient qu’un gars de 35 ans qui arrête une année complète, ça pourrait être dramatique pour le timing. Je vais faire de mon mieux pour demeurer en forme. Mon but est de jouer encore deux ou trois ans à Berlin. Les enfants sont bien là-bas.    

«Le propriétaire du club est le propriétaire des Kings de Los Angeles. On est traité comme une équipe de la LNH.»