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Crédit : Pierre-Paul Poulin / JdeM

Boxe

Simon Kean change d'entraîneur

Publié | Mis à jour

Simon Kean a un nouvel entraîneur depuis quelques semaines. Le poids lourd trifluvien a décidé de poursuivre sa route avec Vincent Auclair.

Auclair est peu connu du grand public. Le Québécois entraîne plusieurs jeunes boxeurs amateurs.

Chez les pros, il s’occupe de Clovis Drolet, de Vincent Thibault et de Thomas Chabot, qui sont tous chez Eye of The Tiger Management (EOTM).

«Simon se cherchait un nouvel entraîneur et son promoteur, Camille Estephan, tentait de l’aider dans ce processus, a expliqué Vincent Auclair lors d’une entrevue accordée au Journal de Montréal. Ils ont regardé la possibilité d’aller au gym de Bupas, en Russie, ou dans un gymnase aux États-Unis.

«C’est à ce moment que Camille a demandé conseil à Marc Ramsay. En Russie ou aux États-Unis, c’est souvent la sélection naturelle qui prime et l’encadrement n’est pas toujours maximal pour un boxeur de l’extérieur.»

Des partenaires de qualité 

En décidant de rester au Québec, la liste de candidats était courte pour le poids lourd (19-1, 18 K.-O.). Ça lui prenait un entraîneur qualifié avec une personnalité qui peut cadrer avec la sienne. Auclair possédait ces deux qualités.

«Je travaille au gymnase de Marc Ramsay où il y a des partenaires d’entraînement de qualité (Arslanbek Makhmudov et Oscar Rivas), a souligné l’entraîneur. Simon pourra poursuivre son développement et on va tenter de l’amener au bout de ses rêves.»

Des choses à travailler

Au cours des dernières années, Kean a travaillé avec trois entraîneurs différents: Jimmy Boisvert, Mike Moffa et Denis Hince. Boisvert a été celui avec qui il a travaillé le plus longtemps dans sa carrière professionnelle.

Auclair est bien conscient de l’ampleur du défi qui l’attend. Dans le passé, le Trifluvien a connu des camps d’entraînement et des combats en dents de scie.

Sur le plan technique, sa défensive n’a pas toujours été à point. Parfois, lors de certains combats, il n’utilisait pas assez son jab. Son nouvel entraîneur est bien au courant des aspects sur lesquels il doit travailler avec le «Grizzly».

«En raison de la COVID-19, je n’ai pas encore eu la chance de le voir à l’entraînement. Je l’ai vu sur certaines vidéos qu’il m’a envoyées. Je ne connais pas encore l’angle sur lequel on va travailler en premier.

«Je connais Simon depuis les rangs amateurs. J’ai beaucoup de respect pour le travail effectué par Jimmy et Denis au fil des années. Je vais devoir conserver une partie de leur travail.

«On va devoir travailler sur sa concentration et son attention par rapport à l’adversaire qu’il a devant lui. Parfois, il a des performances qui sont super bonnes, mais d’autres fois, elles nous laissent sur notre appétit.»

Kean a livré ses meilleurs combats alors qu’il pesait autour de 240 lb. Il était plus fluide dans ses mouvements et dans ses déplacements.

«Je veux en savoir davantage lorsque je vais le voir dans le gymnase et lors des séances de "sparring". Je vais voir comment il réagit selon son poids et on va cumuler des données là-dessus. Il faudra aussi regarder comment Simon se sent là-dedans. Ça va être important. »

«C’était une condition»

Dans le passé, Kean a déjà établi ses quartiers à Montréal. Après quelques mois seulement, il est retourné à Trois-Rivières pour ses camps et ses entraînements.

Auclair a demandé à son nouveau protégé de se trouver un appartement à Montréal, et Kean l’a fait.

«C’était une condition pour l’entraîner. Je ne voulais pas de quelqu’un qui était entre deux places. Je veux quelqu’un qui se donne à 100 %. Du voyagement, c’est dur pour le corps. Ça m’a donné une preuve du sérieux et de l’engagement de Simon.»

De la pression sur les épaules

En acceptant de diriger Simon Kean, Vincent Auclair est conscient de la pression qui vient avec sa nouvelle mission. Pour la première fois de sa carrière, il aura des projecteurs braqués sur lui en raison de la visibilité du Trifluvien au Québec.

Ses stratégies seront davantage analysées par les amateurs, mais aussi par les journalistes lors des prochains combats de Kean. Toutefois, Auclair est prêt à «faire face à la musique».

«Avant d’accepter le dossier de Simon, j’en ai parlé avec Marc Ramsay, a mentionné Auclair. On est constamment ensemble dans le gymnase.

«Dès que je peux, je vais lui demander des conseils sur plusieurs aspects. Pour ce qui est de la pression, en tant qu’entraîneur, on fait cela pour se rendre à ce niveau-là. Si j’avais refusé cette opportunité, cela aurait été de reconnaître que je ne suis pas fait pour cet emploi.»

Il ne sera pas tout seul dans sa barque avec Kean. Il aura l’appui de Ramsay, du promoteur Camille Estephan et de toute l’équipe d’Eye of the Tiger Management.

S’il parvient à amener Kean à l’autre niveau dans les prochaines années, sa notoriété va grimper en flèche dans le monde de la boxe.

«C’est un couteau à deux tranchants. Si ça va super bien avec Simon, c’est une belle vitrine. S’il y a des choses qui vont moins bien, c’est là qu’il pourrait y avoir des critiques. Le fait de travailler fort et de se renouveler en tant qu’entraîneur, ça va toujours finir par payer.»

Au quart de tour

Avec cinq boxeurs professionnels et une vingtaine chez les amateurs, Auclair est un homme occupé au gymnase.

«Simon va devenir un de mes dossiers prioritaires parce que c’est lui qui va avoir la plus grosse opposition. Il fait aussi des finales de gala, a précisé l’entraîneur. Pour bien diriger autant de boxeurs, la clé est dans l’organisation.

«Mes protégés ont toujours leur calendrier une semaine à l’avance.»

Auclair a une approche bien à lui. Il ne tentera pas d’y aller pour le coup de circuit en partant avec son poids lourd.

«Je mise sur l’atteinte de petits objectifs autant dans le gymnase que lors des combats. Je vais lui lancer des défis que j’espère il pourra relever. Je veux aussi intégrer de nouvelles notions dans sa technique.

«Je vais également vouloir qu’il soit discipliné à l’année. Je vais tout faire pour qu’il atteigne son plein potentiel. Je vais presser le citron au maximum.»