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Crédit : AFP

LNH

Poulin et Pelletier veulent mêler les cartes

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

De tous les joueurs issus du repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH) en 2019 à Vancouver, seulement trois ont fait le saut dans la grande ligue à temps plein cette saison. Jack Hughes, Kaapo Kakko et Kirby Dach, les trois premiers de classe, ont connu des débuts mitigés avec les Devils du New Jersey, les Rangers de New York et les Blackhawks de Chicago, respectivement. 

Samuel Poulin et Jakob Pelletier, les deux seuls joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) repêchés au premier tour l’an dernier, aimeraient suivre les traces des trois autres attaquants en atteignant à leur tour la LNH en 2020-2021.  

Avant d’aspirer à un poste avec les Penguins de Pittsburgh ou les Flames de Calgary, Poulin et Pelletier auront besoin de voir une multitude d’obstacles tomber devant eux. À commencer par la reprise des activités dans la LNH. Un détail assez important. 

«Pour l’instant, je n’y pense pas trop, a raconté Pelletier, le choix de premier tour (26e) des Flames l’été dernier. Avec tout ce qui se passe, il y a d’autres préoccupations. Dans mon for intérieur, j’aimerais faire le saut dans la LNH le plus rapidement possible. C’est mon rêve d’y jouer, comme Sam. 

«Nous nous parlons deux ou trois fois par semaine, Sam et moi, a poursuivi l’ailier des Wildcats de Moncton. Nous nous demandons ce qui arrivera avec la saison. Nous faisons nos devoirs en poursuivant nos entraînements. Nous serons prêts quand nous aurons à nous présenter à un camp. Nous serons même plus prêts que jamais.» 

Poulin, le choix de premier tour (21e) des Penguins, voudrait également mêler les cartes au prochain camp au pays de Sidney Crosby. 

«Je crois que ce serait possible pour moi de cogner à la porte de la LNH, a dit le costaud ailier de 6 pi 2 po et 216 lb. À mon premier camp à Pittsburgh, je ne me sentais pas encore prêt. Les Penguins avaient pris la bonne décision en me renvoyant dans la LHJMQ pour une autre saison, à Sherbrooke. J’ai connu une bonne saison, j’ai gagné encore plus en confiance. J’aime ma progression et je sens que je me rapproche de la LNH. 

«Nous sommes dans l’incertitude, c’est impossible de prédire ce qui arrivera pour la prochaine saison, a-t-il enchaîné. Nous ne savons même pas s’il y aura une saison. Et c’est la même histoire dans la LHJMQ. Nous sommes tous devant l’inconnu.» 

Ailiers dominants 

Il y a quelques mois, Poulin et Pelletier entretenaient l’espoir de remporter la coupe du Président et de participer à la Coupe Memorial. Poulin était le capitaine et l’un des moteurs offensifs du Phoenix de Sherbrooke, qui trônaient au sommet de la LHJMQ. Pelletier portait aussi le «C» sur son chandail et il menait l’attaque des Wildcats, deuxièmes au classement général. 

En 57 matchs à Moncton, Pelletier a amassé de très bonnes statistiques avec 82 points (32 buts, 50 aides) et un dossier remarquable de +57. Les Flames l’auront logiquement à l’œil au prochain camp, à condition qu’il y en ait un. 

«Je ne me place pas de pression pour gagner un poste le plus rapidement dans la LNH, a répliqué l’ailier de 5 pi 10 po et 170 lb. Je parle souvent avec les Flames. Je sais qu’ils ont un projet pour moi. Ils cherchent à me développer pour que je devienne le meilleur joueur possible. Ce n’est pas une course. Si j’arrive au camp et que je suis dominant, ils me donneront une chance. Mais si je ne fais pas le saut dès cette saison, je retournerai à Moncton pour poursuivre mon apprentissage. Mon plan A serait la LNH, mais ce n’est pas la fin du monde si ça ne fonctionne pas.» 

La maturité physique de Poulin 

À l’image de Pelletier, Poulin a survolé la LHJMQ avec 77 points (32 buts, 45 aides) et une fiche de +45 en seulement 46 matchs à Sherbrooke. 

«Sam a déjà la maturité physique, a reconnu Stéphane Julien, l’entraîneur en chef des Phoenix. Il a un avantage sur plusieurs jeunes. Physiquement, il est même probablement en avance sur des vétérans. Mais après, ça dépendra de plusieurs facteurs. Les Penguins veulent gagner tous les ans, ils ne bousculeront pas son développement. Pour son talent, sa lecture du jeu et sa robustesse, il pourrait jouer dans la LNH dès la prochaine saison. Il aura à mériter sa place. Ça dépendra de la philosophie des Penguins.» 

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La classe de Crosby 

Samuel Poulin flottait déjà sur un nuage. Vingt-huit ans après son père Patrick avec les Whalers de Hartford (neuvième au total), il avait vécu le bonheur d’entendre lui aussi son nom dès le premier tour du repêchage. 

Poulin avait reçu un autre beau cadeau quelques heures après avoir endossé l’uniforme des Penguins de Pittsburgh pour la première fois. 

«J’avais donné mon cellulaire à ma mère pour le repêchage, s’est-il remémoré en entrevue téléphonique au "Journal". Je ne voulais pas être distrait. Je désirais vivre ce moment avec ma famille sans regarder mon téléphone. En sortant de l’aréna, j’ai repris mon cellulaire et j’ai commencé à lire mes nombreux messages. Il y en avait plusieurs. J’ai regardé un numéro que je n’avais pas dans mes contacts et j’ai rapidement remarqué la signature dans le bas du message. C’était écrit "de Sid". J’étais heureux de recevoir un message de Crosby.» 

Poulin a ensuite rencontré le numéro 87 quelques mois plus tard, lors de son premier camp avec les Penguins. 

«Sid était vraiment gentil avec moi, a mentionné l’ailier du Phoenix de Sherbrooke. Dès notre première rencontre, il a pris le temps de me jaser. Il m’avait posé des questions sur mon été et mes jours à Sherbrooke, dans la LHJMQ. Il n’est pas juste passé pour me dire salut, il m’a parlé pendant deux ou trois minutes. Il reste un gars terre à terre. Pendant le camp, il me parlait souvent et me donnait des conseils. 

«Il y a des gars dans le vestiaire des Penguins qui ont gagné trois fois la Coupe Stanley. Ils savent ce qu’il faut faire pour connaître du succès. J’ai la chance d’apprendre des meilleurs avec des joueurs comme Crosby, [Evgeni] Malkin et [Kristopher] Letang. Ce ne sont pas des deux de pique!» 

Le modèle Gaudreau 

Jakob Pelletier a également décrit son premier camp dans la LNH, avec les Flames, avec beaucoup d’enthousiasme dans la voix. 

«C’était incroyable comme expérience. J’ai joué deux matchs avec les pros et j’ai fait quelques entraînements. Ce n’est pas un autre univers, mais il y a une grosse marche. Je regardais Johnny Gaudreau et Sean Monahan. C’est incroyable de constater leur niveau de talent et c’est encore plus agréable de voir à quel point ils travaillent fort.» 

Si Poulin et Pelletier ne gagnent pas un poste dans la LNH la saison prochaine, à 19 ans, ils chercheront à participer au Championnat du monde junior avec l’équipe canadienne. En théorie, ce prestigieux tournoi se déroulera à Edmonton et Red Deer, du 26 décembre au 5 janvier.