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LNH

Les Québécois au coeur du succès des Golden Knights

Les Québécois au coeur du succès des Golden Knights

Louis Jean

Publié 04 mai 2020
Mis à jour 04 mai 2020

Gérer une équipe sportive professionnelle est un boulot très difficile et exigeant. Les journées sont longues et la pression est forte. Cette pause accorde aux hommes de hockey quelque chose qu’il n’ont habituellement pas: du temps.

Chacun utilise son temps à sa façon. Le président de Golden Knights de Vegas, George McPhee, s’en sert pour apprendre le français. À vrai dire, il avait commencé à prendre des cours avant la pandémie, mais il profite de cette pause forcée pour se faire la main dans la langue de Molière.

«Je suis un peu nerveux de t’en parler, a raconté McPhee lorsque joint à sa maison de Las Vegas. Ce n’est pas quelque chose que les gens savent de moi, ce n’est pas comme parler de hockey.»

Mais d’où vient ce désir d’apprendre le français?

«J’ai toujours trouvé que c’était une belle langue et qu’il me manquait quelque chose en ne la parlant pas, a-t-il avoué. Je crois qu’en tant que Canadien, c’est ma responsabilité, je devrais être bilingue. Si je ne l’apprends pas maintenant, je ne le ferai jamais. C’est le moment. En plus, il y a plein d’applications en ligne qui sont très utiles.»

Tout au long de l‘hiver, le natif de Guelph en Ontario a suivi un programme en ligne.

«C’est un programme un peu interactif, mais pas beaucoup, a-t-il expliqué. Ce n’est pas comme discuter avec des francophones. J’essaie de développer une bonne base, ce qui devrait m’aider quand je serai prêt à discuter avec les gens.»

McPhee est habitué aux études. Il a obtenu son diplôme de droit après sa carrière professionnelle, mais il avoue qu’apprendre le française apporte son lot de défis.

«J’apprends par étape. Plus j’avance, plus c’est difficile, dit-il. Je dois vraiment être reposé et complètement concentré pour entamer mes leçons. Il y a des leçons qui sont plus faciles et je me sens alors confiant.

«Le lendemain, plus rien ne fait du sens et je me sens complètement mêlé. Mais je persévère, j’essaie d’apprendre les définitions des mots, je fais des dictées trouées. C’est intéressant, il y a des choses dont je me souviens du primaire. Le plus grand défi, c'est qu’à l’école, on apprenait le français du Québec. Mon application, c'est le français de la France. Ça me complique la vie un peu. Ça fait vraiment travailler mes méninges, mais c’est un défi qui m’excite. Je ne vais jamais abandonner.»

Influencé par ses pairs

L’intérêt pour la langue française remonte au primaire pour McPhee. Mais quelques coéquipiers l’ont grandement influencé.

«J’ai appris un peu le français à l’école primaire comme tout le monde, s'est-il rappelé. J’ai joué avec André Latreille pendant quatre ans lorsque j’étudiais à l’Université Bowling Green, en Ohio. Il essayait toujours de nous apprendre quelques mots. J’ai toujours apprécié ça.»

Même dans les rangs professionnels, McPhee s’est souvent lié d’amitié avec des francophones.

«J’ai eu beaucoup de plaisir avec Pierre Larouche lorsque je jouais avec les Rangers de New York. Ce que j’ai le plus de plus apprécié de lui était son amour pour le hockey. C’était un homme fier de ses origines et il aimait parler!

«Je me souviens d’une année, les Rangers ont fait un gros ménage. Ils avaient changé les entraîneurs et le noyau de joueurs. Pierre avait passé la majeure partie de la saison à Hershey, dans les mineures. Lorsqu’il a été rappelé, il a été fantastique. Il était notre meilleur joueur et nous avait porté sur ses épaules en séries.»

Les Québécois ont la cote à Vegas

Les Golden Knights ont choisi Marc-André Fleury avec leur tout premier choix au repêchage d’expansion. Hasard ou non?

«C’est un gardien de but de l'élite, a dit McPhee. Il apporte le leadership que tu souhaites dans une équipe. Son éthique de travail donne l'exemple aux autres. Personne ne travaille plus fort que lui. Il n’y a jamais rien de compliqué avec Marc-André. Quand tes meilleurs joueurs sont si facile d’approche et sont des bourreaux et travail, ça force les autres à faire de même.»

En plus de Fleury, les Knights comptent sur les services de Jonathan Marchessault, William Carrier et Nicolas Roy.

«Ce qu’ils ont tous en commun, c'est qu’ils sont hyper compétitifs. Nicolas va devenir un excellent joueur de hockey. Marchy (Marchessault) a été vraiment, vraiment bon depuis qu’il s’est amené à Vegas. Il est le meilleur pointeur de l’histoire de l'organisation. Nous sommes chanceux de l’avoir. Tous nos Québécois apportent une dimension spéciale à l'équipe. Ils travaillent avec acharnement et ils s’impliquent dans la communauté. Ce sont de vrais gentlemen.»

Malgré toutes ses leçons de français, McPhee ne se sent pas assez à l’aise pour tester ses connaissances avec ses joueurs.

«Chaque fois que tu peux parler à un joueur dans sa langue natale, il va automatiquement se sentir plus à l’aise. Il y a des joueurs avec lesquels j’aimerais m’asseoir et parler avec eux, mais je ne veux pas leur imposer ça, a-t-il avoué. Une fois de temps en temps, je fais un commentaire en français.

«C’est drôle parce qu’il y a quelques semaines, je sortais de notre centre d’entraînement et Jonathan Marchessault avait une nouvelle voiture vraiment superbe. Je lui ai demandé combien elle lui avait coûté... en français. Il m’a regardé avec des gros yeux et il a dit: “va falloir que je fasse attention à ce que je dis dorénavant!”»

Un rendez-vous manqué

L’un des moments que McPhee avait encerclé sur le calendrier était le repêchage de la LNH.

«Je souhaitais prendre des vacances cet été dans un endroit complètement français et vivre une immersion de la langue et de la culture. J’avais vraiment hâte au repêchage à Montréal cette année.»

En continuant de pratiquer de la sorte, McPhee pourrait peut-être bien annoncer le choix de son équipe en français si le repêchage revient à Montréal!