Crédit : Michel Sévigny

LHJMQ

«J’ai dû me battre 10 fois en 2 jours!»

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«Wow! Je ne m’attendais pas à ça. Je croyais que je tomberais entre les craques du plancher... Oui, certain que je suis partant!»              

Voilà la réaction qu’a eue Marc-André Roy, le joueur détenant le record du plus grand nombre de minutes de pénalité en une saison dans l’histoire de la LHJMQ, lorsque le TVASports.ca l’a contacté pour une entrevue.              

Alors qu’on parle, depuis toujours, des records impliquant des buts, des aides et des points, Roy, lui, n’avait jamais été approché pour raconter son histoire. Et vous constaterez bientôt que le parcours de cet attaquant, repêché en 7e ronde par les Canucks de Vancouver en 2002, mérite amplement d’être connu.                

Portrait d’un homme qui n’a jamais reculé devant aucun défi, peu importe la taille de celui-ci...                

«Personne n’aurait cru que j’allais devenir un joueur comme ça!»               

Le record exact de Marc-André Roy est le suivant : 653 minutes de pénalité en 68 matchs en 2002-2003.               

Au total, on lui aura décerné 1090 minutes de pénalité en... 131 matchs dans la LHJMQ!               

Le sympathique gaillard l’avoue d’entrée de jeu : ni lui, ni ses proches n’auraient pu deviner qu’il serait un jour reconnu pour ses aptitudes au combat sur une patinoire..                

«Personne n’aurait cru que j’allais devenir un joueur comme ça!», lance-t-il.                

«Avant mon adolescence, on m’a toujours qualifié de gros nounours. Je ne faisais pas de mal à personne, je ne faisais rien de mal et j’étais loin d’être violent. J’ai été élevé dans un milieu très calme. Vraiment, personne n’aurait pu prédire la suite des choses...»               

Et cette suite des choses, comme le dit Roy, est complètement folle. Commençons ce récit en racontant les premiers pas du patineur dans le tumultueux monde du hockey.               

Débuts atypiques                

Le cheminement de Marc-André dans le hockey mineur n’a rien de celui du hockeyeur traditionnel. Il dispute sa toute première saison à l’âge de 12 ans.                

«C’était, en langage hockey, à ma deuxième année pee-wee. J’ai évolué dans le "B" lors de cette saison-là. J’ai ensuite joué dans le Bantam "B", puis Bantam "BB" lors de ma troisième saison.»               

Et c’est là que le jeune Roy, alors âgé de 14 ans, commence à se bâtir une réputation.                

«J’ai commencé à me faire connaître à ce moment-là. J’étais un défenseur qui frappait beaucoup, et très durement. Un genre de Scott Stevens.»               

Marc-André continue de jouer de façon robuste dans le Midget BB et... Surprise! Son style finit par attirer l’attention.                

«Le dépisteur du Drakkar de Baie-Comeau, Réginald Côté, est venu me voir après un match. Il voulait m’inviter au camp de l’équipe en vue de la prochaine saison. J’étais très heureux.»               

«Bienvenue chez les hommes»               

Les mois passent et le moment tant attendu arrive: le début du camp d’entraînement du Drakkar. Marc-André s’y présente, en ne sachant pas trop à quoi s’attendre.                

«Je ne m’étais jamais battu de ma vie! J’étais robuste, mais je n’étais vraiment pas violent...»               

Sa première expérience dans le monde du hockey junior, avoue Roy, s’avère très intense.                

«J’ai fini le camp très magané! Je n’avais pas d’expérience et j’ai dû me battre dix fois en deux jours! Je voulais me faire respecter, et monsieur Côté m’avait bien dit que je ne devais pas me laisser impressionner.»               

Roy laisse finalement une bonne impression aux dirigeants du Drakkar, mais est quand même retranché en fin de camp. Il doit se rapporter au Midget AAA.      

«Mais je n’ai pas réussi à me tailler un poste, précise-t-il. J’ai donc dû descendre dans le Midget AA, mais les équipes étaient déjà formées. Je me suis finalement retrouvé dans le Midget A.»               

Le jeune homme s’apprête donc à débuter sa saison dans l’un des calibres les plus faibles au niveau midget. Tout ça après avoir bien performé dans un camp de la LHJMQ!                

Mais Roy, entêté, ne laisse pas les choses dans cet état.                

«J’ai pris mon téléphone et je me suis mis à téléphoner aux équipes Junior AAA. Après quelques tentatives infructueuses, les Panthères de Saint-Jérôme m’ont finalement donné ma chance.»               

Le début d’une belle histoire                

Marc-André ne le sait pas à ce moment, mais cette décision d’appeler les Panthères de Saint-Jérôme vient de changer le cours de sa carrière... et de sa vie!                

«J’ai finalement disputé l’année entière avec les Panthères. On a eu une grosse saison! On a remporté la coupe Fred Page et on a atteint le championnat national.»               

Roy dispute cinq matchs avec le Drakkar cette année-là. Mais c’est vraiment chez les Panthères qu’on lui apprend le métier d’homme fort.               

«J’avais 16 ans et je me battais contre des gars de 20 ans dans le Junior AAA! J’ai eu de très bons professeurs à Saint-Jérôme, qui m’ont appris à me battre convenablement.»               

Lorsqu’on lui demande s’il avait, à ce moment-là, des aptitudes autres que celles de pugiliste, Roy répond par l’affirmative.                

«On m’envoyait surtout sur la glace pour brasser l’adversaire, mais je savais jouer au hockey. En fait, c’est quelque chose qui n’est toujours pas réglé dans ma tête... À la base, moi, j’étais un défenseur. J’étais robuste, oui, mais j’avais une excellente première passe. Sauf qu'à mon arrivée dans le Junior AAA, on m’a demandé d’aller jouer comme attaquant. J’ai donc eu moins de temps de glace et plus de minutes de pénalité. Et tout s’est enchaîné...»               

Tenir tête à Richard Martel à 17 ans               

Après sa saison chez les Panthères, Roy est bien déterminé à faire sa place au sein du club du Drakkar. C’est donc rempli de bonnes intentions qu’il se présente, pour une deuxième année consécutive, au camp de l’équipe.                

Il parvient à se tailler un poste, mais les choses ne se passent pas du tout comme prévu par la suite. S’en suit alors une savoureuse anecdote.                

«Après un match à Québec, Richard Martel, qui était l’entraîneur de l’équipe, vient me voir et me dit que je suis retourné dans le Junior AAA. À ce moment-là, je suis complètement ébranlé. Je vais donc voir mon conseiller Mario Montpetit et je lui raconte ce que vient de me dire Martel. On a tous les deux convenu que je ne m’en allais pas dans le Junior AAA. Je suis retourné m’asseoir dans l’autobus!»               

Pour vous imager la scène Roy, à ce moment-là, est âgé de 17 ans. Et il refuse de quitter l’autobus du Drakkar, devant un Richard Martel complètement médusé.                

«Tenir tête à un entraîneur comme Richard Martel, ce n’est pas toujours évident!, avoue Roy dans un éclat de rire.                

Crédit photo : alchetron.com

«Richard ne s’est finalement pas trop obstiné. Il était devant moi et je lui ai dit que je ne partirais pas. Que j’allais tout faire pour rester avec l’équipe.»               

La persévérance et l’audace du jeune hockeyeur allaient finalement s’avérer payantes...               

Une première saison explosive chez le Drakkar               

Après un événement comme celui-là, Roy doit cependant s’assurer d’être en mesure de livrer la marchandise. Il ne veut surtout pas avoir fait tout ça pour rien!                

«J’ai travaillé vraiment fort sur mes lacunes. Je travaillais sur ma vitesse, sur mon contrôle de rondelle. Je faisais tout ce qu’on me disait! Il n’y avait pas de demi-mesures avec Richard Martel!»               

La saison débute et rapidement, Marc-André se forge une réputation: celle de l’homme à battre.                

«Je n’ai pas mangé beaucoup de volées, bien honnêtement! J’en ai données beaucoup plus que j’en ai reçues. Plus je me battais, meilleur j’étais», confie-t-il.                

Mais avec ce genre de façon de jouer, vient aussi une grande pression.                

«La pression, elle débute quand tu vois contre qui tu joues. Si tu vois qu’il n’y a pas de client potentiel dans l’autre équipe, ça va. Mais c’est différent quand l’autre équipe compte deux ou trois bagarreurs! C’est une pression de performer. Les marqueurs veulent marquer. Moi je voulais gagner mes combats.»                

Roy poursuit:               

«Je devais bien faire paraître l’équipe. Mon entraîneur me mettait aussi de la pression. Quand il me faisait lever sur le banc, qu’il s’accotait sur moi et qu’il défiait le banc de l’autre équipe en me pointant, je n'avais pas le choix de livrer...»               

Le patineur dispute finalement 58 matchs lors de sa première saison chez le Drakkar. Il récolte une aide et... 432 minutes de pénalité!                

Ce genre de statistique, évidemment, ne passe pas inaperçue. Après la saison, à quelques semaines du repêchage, quelques formations de la LNH contactent André Dupont, l’agent de Roy.                

«Ces équipes avaient un intérêt pour moi. Le repêchage était à Toronto cette année-là. Donc on avait choisi d’y aller. J’ai finalement passé trois ou quatre entrevues là-bas. Je me suis finalement fait repêcher en septième ronde par les Canucks de Vancouver!»               

Crédit photo : Courtoisie - Marc-André Roy

En route vers un record...                

Roy revient donc à Baie-Comeau gonflé à bloc pour sa troisième saison junior. Mais la fameuse pression de devoir constamment jeter les gants ne tarde pas à revenir le déranger quelque peu.               

«Au fond de moi, je savais que j’étais capable de jouer au hockey. Je ne dis pas que j’étais un marqueur de 50 buts, mais j’ai toujours su que j’étais plus qu’un bagarreur.»               

Mais la saison progresse et Roy comprend rapidement qu’un record est à sa portée: celui du plus grand nombre de minutes de pénalité en une saison. Il compte, à la pause de Noël, 432 minutes de pénalité. C’est déjà autant que pendant toute la saison précédente!               

Il accepte donc son rôle et choisit même de demeurer avec l’équipe malgré un temps de glace réduit.                

«En même temps, si j’avais joué davantage, je n’aurais peut-être jamais pu battre le record! Mes proches me disaient que je devais demander un échange, mais j’ai refusé de le faire. On avait une belle gang et je voulais aller jusqu’au bout avec cette équipe.»               

«À Noël, j’ai vraiment compris que je n’étais plus loin du record. Tous les bagarreurs connaissaient cette marque. Pascal Morency était autrefois le meneur avec 576 minutes de pénalité. Je n’ai jamais fait exprès de prendre une pénalité, mais ça venait facilement lors de cette saison-là», précise Roy.                

C’est finalement le 28 février 2003, lors d’une «danse de routine», comme la qualifie Roy, qu’il fracasse la fameuse marque. Un combat contre Nathan Veinot, des Sreaming Eagles du Cap-Breton, lui permet d’atteindre le chiffre de 599 minutes de pénalité.                

Crédit photo : Courtoisie - Marc-André Roy

Il terminera cette campagne avec un total complètement fou de 653.                

C’est aussi lors de cette saison qu’il inscrit son premier but dans la LHJMQ. Un moment, dit-il, qu’il n’est pas près d’oublier.                

«Les partisans à Baie-Comeau, c’était de l’or! Le toit voulait arracher! Je n’ai jamais eu une ovation comme celle-là, même en remportant une coupe! C’était complètement fou!»               

Le début d’une nouvelle aventure... assez folle!               

La saison suivante, Marc-André Roy, se présente au camp des recrues des Canucks. Il fait assez bien pour mériter une invitation au camp principal. Il est cependant ensuite cédé dans la Ligue américaine et l’équipe, qui compte déjà sur plusieurs vétérans, lui indique le chemin de la ECHL. Il se retrouve donc avec l’Inferno de Columbia.                

«Je me suis battu contre des gros noms. J’ai travaillé très fort. Mais sans manquer de respect à la philosophie de l’entraîneur, il ne faisait pas jouer les joueurs de quatrième trio, alors je ne me suis pas vraiment développé comme joueur.»               

Puis arrive la saison suivante. Mais comme c’est arrivé trop souvent, les plans de Roy, alors âgé de 21 ans, sont chamboulés par des circonstances complètement hors normes.                

«Lors d’une fête d’équipe, l’entraîneur de l’Inferno est venu me voir, et il m’a dit qu’il ne voulait plus de moi! Je me suis présenté à l’aréna le lendemain et j’ai vu que mon casier avait été donné à Eric Boulton! La saison dans la LNH étant suspendue en raison du lock-out, il devait jouer quelque part! Je me suis ensuite dirigé à Oklahoma City. Tout allait bien, mais à un moment donné, Brenden Morrow est débarqué! Et c’est encore moi qui a écopé.                

«J’ai mis le cap vers Kansas City, mais j’ai été blessé, alors ils m’ont libéré. Puis, les Aces de Asheville, dans la SPHL, m’ont contacté. Je ne voulais pas lancer la serviette, donc je suis allé jouer, même si j’étais blessé. Mais après six matchs, je n’en pouvais plus...»               

Marc-André Roy n’a pas besoin d’utiliser beaucoup de mots pour résumer cette fameuse saison 2004-2005.                

«J’ai fait de l’autobus, j’ai mis de la glace et j’ai été sur la déprime... Mentalement, physiquement et émotionnellement, ç’a vraiment été désastreux. Je me promenais avec une télévision et un sac de golf dans mon auto!»               

Remise en question                

Après cette saison catastrophique autant sur le plan sportif qu’humain, Marc-André comprend qu’il devra prendre d’importantes décisions. Il sait, au fond de lui, que ses chances de percer au hockey sont désormais pratiquement nulles.               

«Mais ce n’est pas facile de réfléchir à ça, tempère-t-il.                

«Moi, entre 16 et 21 ans, je n’ai fait que jouer au hockey et m’entraîner. Je fais quoi après?»               

Roy prend alors l’étonnante décision de poursuivre sa carrière. Il se tourne vers la Ligue nord-américaine de hockey.                

«Dans ma tête, je me disais que je n’étais bon à rien d’autre.»               

Il comprendra quelques années plus tard que ce choix n’aura pas été le meilleur.                

«Je jouais toujours blessé. Je n’étais pas heureux. J’avais un disque de déplacé dans le cou, alors quand je forçais trop, je perdais toute ma puissance dans mon bras gauche. Je ne m’entraînais plus, parce que j’avais trop mal partout. Avec les Marquis, je pesais 280 livres. Je n’étais vraiment plus en forme. J’étais portier dans un bar. Je prenais un verre, puis je jouais au hockey. Ce n’était pas sain de faire ça...»               

Un nouveau combat               

En 2009-2010, après cinq matchs au Saguenay, Roy n’en peut plus. Il accroche ses patins. Mais c’est alors le début d’un nouveau combat...                

«J’ai fait une faillite. Ça n’allait plus très bien...»               

La lumière finit cependant par arriver au bout du tunnel, gracieuseté de son frère Olivier.                

«Je demeurais chez mon frère depuis quelques mois, et il m’a donné l’opportunité de travailler et de me relancer. Je travaillais dans un commerce de fruits et légumes. C’était tellement éprouvant sur le corps, que j’ai dû perdre 50 livres en un mois et demi! Je travaillais comme un fou.»               

Marc-André ne cache pas qu’il doit aujourd'hui une fière chandelle à son frangin.                

«Il m’a donné l’opportunité de m’en sortir. Honnêtement, je ne sais pas je serais où s’il n’avait pas été là.»               

Un bref retour... pour lui!                

Les années passent et tout va pour le mieux pour Marc-André. Si bien qu’en 2015-2016, il effectue un bref retour dans la LNAH, tout en conservant son autre emploi. Un retour, dit-il, pour lui, tout simplement.                

«J’avais quelque chose à régler avec moi-même. Un esprit sain dans un corps sain. J’ai joué quelques parties, puis c’était assez pour moi! J’étais allé chercher ce que je voulais.»   

Un nombre incalculable de blessures                

Bien entendu, une carrière de bagarreur comme celle qu’a eue Marc-André Roy laisse son lot de traces sur le corps d’un être humain.               

Lorsqu’on lui demande de nous dévoiler de quels types de blessures il a été atteint au fil des années, Roy prend une grande respiration, puis se lance.                

«Je vais commencer par les blessures qui me font encore mal! J’ai trois hernies dans le dos, deux dans le cou en plus d’un disque déplacé et un nombre incalculable de fractures aux mains que je sens encore quand c’est humide. Pour ce qui est des autres blessures, j’ai eu énormément de commotions cérébrales, mais je n’ai aucune séquelle de celles-ci aujourd’hui. Je me suis disloqué l’épaule plus de 10 fois. Je me suis fracturé des membres plus de 10 fois aussi. Je me suis cassé le nez deux fois. Sans oublier les nombreuses dents cassées, bien sûr...»               

La nouvelle vie de Marc-André Roy                

Vous venez de le constater: Roy a dû surmonter un nombre astronomique d’épreuves au cours de sa vie. C’est donc d’autant plus satisfaisant de savoir que l’homme de 36 ans se porte bien aujourd’hui. Il est présentement directeur des ventes dans un magasin d'équipement pour le béton.                

«Je dois encore me battre chaque jour, mais cette fois, c’est pour une bonne qualité de vie!»               

Il a présentement une conjointe, et devait se marier cet été, mais la COVID-19 risque de repousser leurs plans de quelques mois.               

Plusieurs leçons               

Lorsqu’il pense à tout ce qu’il a traversé, Roy retient plusieurs choses. Il avoue de façon très franche qu'il aimerait modifier plusieurs moments du passé s'il le pouvait.                

«Dans le junior, je prenais certaines choses pour performer. Un café, une éphédrine, un fat-burner... Quand tu fais 10 heures de route avant un match, c’était parfois la solution. À l’époque, plusieurs joueurs en consommaient. Je me suis souvent demandé si j’avais bien fait.               

«Si c’était à refaire, j’écouterais mes parents, qui me disaient de ne pas me transformer en bagarreur. Ils ont toujours été là pour moi, même s’ils ne cautionnaient pas nécessairement ma décision. Tu ne peux pas savoir l’impact que peuvent avoir 200 combats sur un corps et sur une vie.               

«Quand tu t’es battu toute ta vie sur des patinoires, ta réputation te suis partout. Quand j’allais dans les bars, avant, les gars voulaient tous s’essayer! Ce genre de carrière te suit longtemps.»               

Marc-André est cependant conscient que le record qu’il a battu est un exploit dont il peut être très fier.               

«Ce genre de record demande autant de travail que celui d’un marqueur de buts. Ce record-là ne sera sûrement jamais battu.»               

Difficile de le contredire là-dessus!