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Canadiens-Nordiques: une barrière linguistique divisait les Bleus

Publié | Mis à jour

Le 8 mars 1981, le Nouvel an n’était pas vieux de quatre mois que Mario Marois passait à sa troisième équipe de la campagne en cours. Mais le robuste défenseur se consolait du fait qu’il rentrait au bercail. 

Les Nordiques de Québec ont fait l’acquisition du patineur de L’Ancienne-Lorette des Canucks de Vancouver en retour du fiable arrière Gary Lariviere. Un an plus tard, l’ancien des Remparts participait à la première série éliminatoire face à l’ennemi juré du Fleurdelysé : les Canadiens de Montréal. 

Mais aux dires du Québécois, une barrière linguistique divisait certains membres de l'effectif. 

Voyez l'entrevue de Mario Marois à «Salut Bonjour» dans la vidéo, ci-dessus.  

«Si c’était une rivalité qu’on appréciait? Oui et non, expliquait l’ancien capitaine à Salut Bonjour, dimanche, sur le réseau TVA. Pour nous, les francophones qui étions ici à longueur d’année, il y avait une différence avec les anglophones qui ne lisaient pas les journaux et ne comprenaient pas (l'enjeu). 

«C’était plus difficile pour nous, mais en même temps, ça ressortait le meilleur de nous-mêmes.» 

Crédit photo : Le Journal de Montreal

Les Canadiens avaient terminé le calendrier régulier au sommet de la section Adams avec 109 points, 27 points devant les Nordiques, quatrièmes. 

D’après Marois, le Tricolore, qu’il trouvait condescendant, sous-estimait le talent de la formation de la Vieille Capitale. 

«Nous nous étions améliorés et ça les a dérangés un peu. Lorsqu’on les a battus, c’est ça qui a intensifié la rivalité.» 

Crédit photo : Le Journal de Montreal

«On ne les aimait pas» 

Après avoir été rincés 5-1 au duel initial, les Bleus ont enlevé le deuxième match 3-2 au Forum ainsi que le suivant. Ils ont triomphé à nouveau en territoire hostile le 13 avril, en prolongation, pour remporter la série de cinq matchs. 

Pour Marois, le gardien de l’époque a eu un grand impact dans cette victoire dramatique. 

«Daniel Bouchard a été important. Dale Hunter aussi. On avait des gars qui travaillaient fort. On avait de la détermination... on voulait les battre! 

«On ne va pas se cacher, on ne les aimait pas nous non plus!» 

Crédit photo : Le Journal de Montreal

Fouettés par un instructeur qui avait le feu dans les yeux en Michel Bergeron, les joueurs n’avaient que ce triomphe en tête. Peu importe qui ils retrouvaient au deuxième tour. 

«Il y avait de l’intensité en masse. Il y avait une pression additionnelle pour nous, les francophones qui vivaient à Québec à longueur d’année. Ça nous pognait dans les tripes.» 

Par ailleurs, Marois se dit sceptique quant à la possibilité de revoir un club de la LNH à Québec : «ce serait difficile avec le plafond salarial à plus de 80 millions. Ça te prend un club-école.  

«Je ne sais pas si on est capable de faire vivre un club financièrement», s’interroge celui qui préfèrerait une relocalisation à une concession d’expansion.

TVA Sports présentera dès lundi, 19h, la série de 1982 entre les Canadiens et les Nordiques.