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«Je n’ai jamais plus été le même boxeur» - Lucian Bute

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De novembre 2003 à mai 2012, le boxeur Lucian Bute était inébranlable. C’était avant de croiser les gants avec un certain Carl Froch.   

Avant son affrontement contre le Britannique, le Québécois d’origine roumaine avait maintenu une impressionnante fiche de 30-0 et il détenait la ceinture de champion du monde IBF des super-moyens.     

La chaîne TVA Sports diffusera deux combats de Bute, vendredi soir, dès 19h00. Les partisans de boxe pourront ainsi voir Bute affronter Glen Johnson (5 novembre 2011), puis Jean Pascal (18 janvier 2014).   

Le 26 mai 2012, Bute a perdu son dossier immaculé, son titre et quelque chose s’est brisé en lui.    

«Je n’ai jamais plus été le même boxeur après mon affrontement contre Froch», a avoué le pugiliste à la retraite, lors d’un entretien téléphonique.    

«Ce fut un combat très difficile, a-t-il poursuivi. J’ai reçu tellement de coups. Ma confiance n’était plus au même niveau. La vérité c’est que je n’ai plus été le même qu’avant.»    

Un peu plus de quatre ans avant son affrontement contre Johnson, Bute a réalisé le rêve d’une vie, quand il est devenu champion du monde en passant le K.O. à Alejandro Berrio au Centre Bell.    

«C’était mon rêve de toujours, a indiqué l’homme de 40 ans. Quand je suis arrivé ici, c’était pour devenir champion du monde.»    

C’est en 2003 que Bute a décidé de quitter la Roumanie pour rejoindre l’entraîneur Stéphan Larouche.    

«Je ne connaissais personne ici, je ne parlais pas le français ni l’anglais, s’est remémoré Bute. Ce fut une belle aventure. Je suis très heureux d’avoir réalisé tout ça.»    

Le combat que les amateurs désiraient    

En plus d’une ceinture de champion, Bute a obtenu bien plus en choisissant le Québec comme terre d’accueil. L’athlète a fondé une famille, est devenu citoyen canadien et a fait sa place dans le cœur des amateurs.    

C’est d’ailleurs en partie pour leur faire plaisir qu’il a décidé de mettre les gants contre Pascal en 2014.    

«Nous avons grandi en même temps chez les professionnels. Lorsque nous sommes arrivés à un certain niveau, il y avait une petite compétition. Qui était le plus populaire? Qui est le meilleur? Il y avait des questionnements comme ceux-là. Entre lui et moi, il n’y a jamais eu d’animosité. Cependant, les partisans québécois voulaient un combat entre moi et Jean Pascal.»    

«Quand j’ai perdu ma ceinture contre Froch, je me suis dit qu’il était temps qu’on fasse ce combat, a ajouté Bute. J’ai d’ailleurs monté de catégorie de poids pour l’affronter.»    

En effet, c’est à 175 lb que les deux Québécois ont livré bataille. Bute, qui boxait à 168 lb, n’a pas vraiment eu le choix de faire le saut chez les mi-lourds    

«Il n’était pas capable de descendre à 168, il ne voulait même pas descendre d’une livre, a-t-il dit à propos de Pascal. Nous avons essayé de proposer un affrontement à 172 ou 173 livres, mais il ne voulait rien savoir. J’ai finalement accepté. Je l’ai fait pour tout le monde. Je pensais pouvoir le battre, mais je n’ai pas réussi. Je donne le crédit à Pascal. Je n’étais plus le même boxeur qu’avant.»    

Plus rien à prouver    

Après ce revers contre Pascal, Bute a obtenu un autre gain, avant de perdre trois autres combats contre James DeGale, Badou Jack et Eleider Alvarez.    

«Je savais ce que j’avais fait pour la boxe et pour ma carrière. J’ai été champion pendant cinq ans. Je n’avais rien à prouver de plus. J’aurais pu faire un ou deux combats de plus, mais j’aurais pris la chance de me faire mal pour rien. À 38 ans, c’était la fin», a dit l’homme qui vit sans aucun regret.