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La fois où «Bergie» a chassé Raymond Bourque de son club!

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Michel Bergeron sera à jamais hanté par le fait d’avoir échangé le légendaire Raymond Bourque.    

C’était en 1977. «Bergie» était entraîneur-chef des Draveurs de Trois-Rivières dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il avait décidé d’envoyer le jeune défenseur aux Éperviers de Sorel.    

Le sujet est revenu sur la table alors que Bourque était en entrevue à l’émission Dave Morissette en direct, mardi soir. Lorsque Bergeron a pris la parole et a demandé à son ancien joueur s’il se souvenait de lui, le gagnant de cinq trophées Norris n’a pas manqué de taquiner le Tigre.     

«Non, non, jamais [je ne t'oublierais]. Le 8 janvier 1977...», a-t-il mentionné en faisant référence à la date de la fameuse transaction qui l’avait fait pleurer.     

«J’étais avec Mario Simard, je jouais au billard. Il y a tu d’autres choses que tu veux savoir?», d’ajouter Bourque en rigolant.    

Décidément, Bergie n’a pas fini d’en entendre parler!     

Ça devenait pénible à Boston    

Bourque, vous le savez, a pu prendre sa retraite en tant que champion de la coupe Stanley avec l'Avalanche du Colorado. Celui qui a passé presque toute sa carrière à Boston a expliqué pourquoi il avait demandé aux Bruins de l’échanger à l’époque.     

L’ambiance devenait de plus en lourde chez les Bruins, qui n’étaient plus aussi compétitifs qu’avant. Et il manquait le trophée le plus important au palmarès du Montréalais...     

«Les deux dernières années, l’équipe, ça n’avait pas de bon sens, a-t-il confié. L’atmosphère, le talent autour de l’équipe, ça n’avait pas de bon sens. On n’avait aucune chance et j’avais 38 ans. Mon énergie, ma passion et mon attitude en avaient pris un coup. J’ai décidé d’appeler [mon directeur général] Harry Sinden.»    

Bourque avait alors demandé d’être échangé aux Flyers de Philadelphie. Son souhait n’a évidemment pas été exaucé, mais disons que les choses ont tout de même bien tourné pour lui...     

Un discours mémorable    

L’homme de maintenant 59 ans a par ailleurs révélé les détails du discours qu’il avait livré à ses coéquipiers avant le sixième match de la finale contre les Devils du New Jersey en 2001. L’Avalanche tirait alors de l’arrière 3-2 dans la série, et Bourque ne savait pas s’il s’apprêtait à donner ses derniers coups de patin dans la LNH...     

Il s’était inspiré d’un poème qu’il avait entendu réciter l’entraîneur-chef des Bears de Chicago, Dick Jauron, cette année-là.    

«J’ai dit aux gars que, si on pouvait tous se regarder dans le miroir à la fin du match et savoir qu’on a tout donné, qu’on a tout laissé sur la glace, il n’y aurait pas de problème. Avec le talent qu’on a, on va gagner le match et on va gagner la série. J’avais pensé à mon discours pendant un bon bout de temps au cours de la journée parce que je savais que ça pourrait être mon dernier match», a-t-il raconté.     

Bourque n’a pas eu tort : l’Avalanche a gagné le match 4-0 au New Jersey avant de terminer le travail devant ses partisans à l’aide d’une victoire de 3-1.