Crédit : Photo Pierre-Paul Poulin

Canadiens de Montréal

CH: dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas

CH: dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas

Renaud Lavoie

Publié 28 avril
Mis à jour 28 avril

Comme la plupart des Québécois, Phillip Danault passe ses journées en famille et respecte les demandes de confinement des différents gouvernements. Comme la plupart des Québécois, il se tient informé des derniers développements sur la pandémie et sur un retour possible des activités de la LNH, qui pourraient reprendre au mois de juillet. 

Présentement, la Ligue nationale de hockey planche sur un scénario où les équipes seraient confinées dans quatre villes afin de compléter la saison et les séries éliminatoires. Le hic, c’est qu’il sera impossible pour les joueurs de voir les membres de leur famille afin d’éviter que le coronavirus se propage.   

La raison pour laquelle la LNH se penche sur ce scénario est uniquement pour s’assurer d’éviter de rembourser les diffuseurs des matchs, donc pour éviter des pertes financières encore plus importantes.  

Ces pertes, les joueurs devront en éponger une partie, alors que la convention collective exige que les propriétaires et les joueurs se partagent équitablement les revenus reliés au hockey. 

La famille dans tout ça? 

Il est évident que les joueurs ne sont pas dupes et savent que l’impact financier risque d’être majeur si la saison n’est pas complétée. Mais vivre dans une chambre d’hôtel pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois ne fera pas l’unanimité. C’est du moins ce qu’a mentionné Phillip Danault dans un appel-conférence avec les membres des médias montréalais.  

«Ça ne fait pas de sens dans ma tête de partir deux mois, a-t-il indiqué. Et j’imagine encore plus pour ceux qui pourraient aller loin en séries. On parlerait ici d’une absence de trois ou quatre mois. C’est sûr que la Ligue aura des décisions à prendre. J’imagine que les joueurs devront voter pour ça et je ne suis pas certain que ça passerait si on doit quitter nos familles pour une longue période.» 

L’idéal pour Phillip Danault serait que la saison soit annulée, mais que les séries aient lieu. 

«Les dix matchs qu'il reste pour les équipes qui ne sont pas en séries, ce n’est pas très motivant, surtout après trois mois d’arrêt, si ce n’est pas quatre, a continué le Québécois. Sinon on devrait se concentrer sur la prochaine saison. En même temps, je comprends qu’il y a des équipes en séries qui ont fait des grosses transactions et les DG qui ont échangé des choix de première ronde. Reste qu’il y a des choses plus importantes pour l’instant que des matchs de hockey. Selon moi, ça va être difficile de recommencer.» 

Comment garder la forme? 

Selon Danault, il faudra un camp d’entraînement de trois semaines pour que les activités reprennent. Présentement il demeure actif, mais avoue que l’incertitude fait en sorte que sa priorité est de se préparer pour la prochaine saison. 

«L’incertitude est la plus grosse raison pour laquelle je n’ai pas commencé mon programme d’été à 100%. C’est vraiment parce que la ligue ne nous a pas donné de date concernant le retour des activités. Ce n’est pas aussi motivant.» 

Évidemment que les dirigeants de la LNH ne sont pas prêts à dire s’il y a une date limite pour prendre une décision finale sur la suite des choses. Mais il serait surprenant que cette décision ne soit pas prise d’ici les deux premières semaines de juin. La patience est donc encore une fois de mise.