Canadiens de Montréal

«Ce serait inhumain de faire ça»

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La période d’isolation imposée par la Ligue nationale de hockey (LNH) aux joueurs et au personnel de ses 31 équipes doit venir à échéance jeudi. 

Si tel est le cas, Gary Bettman annoncera les différentes phases de déconfinement qui pourrait mener à une reprise des activités. Déjà, certains scénarios à l’étude sont loin de faire l’unanimité.     

C’est le cas de celui voulant que quatre villes de la LNH accueillent les 31 équipes du circuit pour y terminer la saison et jouer les séries éliminatoires à huis clos. Un scénario qui exigerait que les joueurs soient confinés dans un hôtel pendant plusieurs semaines. 

«À mon avis, ça ne fait aucun sens de quitter ma femme et mon enfant pendant deux mois», a soutenu l’attaquant du Canadien, rendu disponible par voie de téléconférence, mardi.

«Ça me semble encore plus irréaliste pour ceux qui se rendraient loin en séries éliminatoires. On parlerait de trois à quatre mois pour ceux qui atteindraient la finale de la Coupe Stanley, a ajouté le papa d’un garçon de 14 mois. Ce ne serait pas humain de faire ça.»

Le vote ne serait pas favorable

Avant de pouvoir aller de l’avant avec ce plan, les propriétaires devront obtenir l’aval de l’Association des joueurs. Danault est persuadé que le vote des joueurs ne serait pas favorable à cette proposition. 

Évidemment, on peut se demander si ceux ayant une chance de gagner la coupe Stanley cette saison seraient du même avis. À ce propos, bien qu’il souhaite une reprise des activités seulement pour la saison 2020-2021, le Victoriavillois laisse une porte ouverte.

«Je comprends que certains directeurs généraux ont fait des transactions et ont sacrifié des choix de premier tour. Si des matchs doivent être joués, qu’on joue seulement ceux des séries éliminatoires», a lancé Danault.

«Pour nous, le Canadien, la meilleure chose à faire serait de pouvoir nous concentrer immédiatement sur la prochaine saison. Si on repousse tout, ça aura un impact sur la prochaine campagne, puisqu’elle ne débuterait qu’au mois de novembre», a-t-il ajouté. 

«Je n’ai pas en tête de revenir»

Si l’athlète de 27 ans estime à au-delà d’un mois la période de confinement requise pour terminer la saison régulière, c’est qu’il croit qu’il faudra tenir un camp d’entraînement de trois semaines avant de pouvoir reprendre les activités sans risque de blessure. 

«Plusieurs joueurs ne se sont pas entraînés depuis la mise en pause. On est tous dans l’attente. De mon côté, j’avais des blessures à guérir, donc j’ai pris du temps de repos», a-t-il expliqué. 

«En ce moment, je me prépare pour l’année prochaine. Je n’ai pas en tête de revenir. J’avais besoin de mon repos mental et physique. C’est ce que j’ai fait dès que la saison a été suspendue», a-t-il ajouté. 

De plus, difficile de se placer dans un état d’esprit compétitif et de prévoir un programme d’entraînement quand on ignore la date de retour prévue. 

Pas d'urgence 

Pour les mêmes raisons, Danault refuse de penser à sa situation contractuelle. 

À l’instar de quelques-uns de ses coéquipiers, dont ses compagnons de trio Brendan Gallagher et Tomas Tatar, son entente doit venir à échéance le 1er juillet 2021. 

«Je n’ai pas parlé de chiffre ou d’année avec mon agent. Pour l’instant, c’est inutile, car on ne sait pas ce qui nous attend», a-t-il indiqué. 

Et même lorsque les activités reprendront, ce qui finira bien par arriver un jour, Danault ne voudra pas s’attarder aux pourparlers. 

«Ma priorité sera de ne pas en parler et de me concentrer sur ma saison. Ce ne sont pas tous les joueurs qui peuvent signer de nouveaux contrats un an à l’avance.» 

Danault est modeste. Habituellement, dans une équipe, un joueur de centre de premier trio, efficace dans les deux sens de la patinoire, fait partie des priorités d’un directeur général.