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F1

Un probable début de saison à huis clos

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Le Grand Prix de France officiellement annulé, ce qui n’était qu’une formalité, la Formule 1 se dit maintenant confiante de donner le coup d’envoi de la saison 2020 au circuit de Spielberg, en Autriche, du 3 au 5 juillet.

Comme pour les escales initialement prévues en Australie (15 mars) et à Monaco (24 mai), la France, dont l’épreuve devait être présentée le 28 juin, a renoncé à demander une nouvelle date aux autorités concernées cette année.

En raison de la COVID-19, les 10 premières épreuves inscrites au calendrier initial, qui comptait un record de 22 étapes, ont été reportées ou carrément annulées.

Il y a trois semaines, on apprenait que le Grand Prix du Canada, qui devait être disputé le 14 juin au circuit Gilles-Villeneuve, serait décalé jusqu’à cet automne, si la situation le permet. C’est toutefois loin d’être acquis.

Le patron en rajoute

Les rumeurs concernant la tenue des premières courses sur le Vieux Continent et à huis clos circulent depuis une dizaine de jours.

Or, pour la première fois, c’est de la bouche du patron de la F1 lundi qu’elles ont été alimentées.

«Nous voulons entreprendre notre saison en Europe au cours des mois de juillet (à commencer par l’Autriche) et août, ainsi qu’au début de septembre, a dit Chase Carey par voie de communiqué. Par la suite, plus tard en septembre, en octobre et en novembre, nous irions en Eurasie, Asie et Amérique, avant de terminer l’année avec deux courses en décembre à Bahreïn, et finalement à Abou Dhabi.

«Nous souhaitons finaliser notre nouveau calendrier aussi tôt que possible, a-t-il poursuivi. Nous envisageons de présenter nos premières courses sans spectateurs. Il nous reste toutefois beaucoup d’obstacles à franchir, dont la position de chaque pays face à la crise.

«Nous sommes dépendants de la pandémie et de ses inconnues. Notre priorité demeure la santé et la sécurité de tout un chacun.»

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Trop optimiste ?

Or, retenez bien ces deux dernières phrases de Carey. Ses intentions sont bel et bien de voir la F1 reprendre ses activités au début de juillet, mais jamais il ne les a confirmées.

Il doit notamment obtenir le feu vert des pays visités, qui doivent s’assurer que les risques d’une deuxième vague si redoutée de la pandémie soient écartés. Et ce, peu importe si les tribunes sont dégarnies.

Les 10 écuries ont beau vouloir dépêcher des effectifs réduits sur les lieux, il y aura quand même du mouvement sur le site avec la présence des officiels, des signaleurs, des médecins, et notamment de l’imposante équipe de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) chargée de la retransmission en direct des images à la télé.

Et Montréal dans tout ça ?

La volonté de Carey d’organiser de 15 à 18 Grands Prix en six mois paraît d’ailleurs très optimiste, considérant les nombreux et longs déplacements effectués dans un intervalle de temps plutôt court.

Dans son communiqué, il n’est pas question de programme double (une course le samedi et une autre le lendemain) ni de fins de semaine limitées à deux jours de compétitions.

Carey souhaite des courses sur deux continents, l’Asie et l’Amérique, en octobre et en novembre (mais dans un ordre inconnu), sans évidemment préciser les dates.

Le promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier, ne verrait pas, en raison des contraintes climatiques, comment la F1 pourrait débarquer au circuit Gilles-Villeneuve après la mi-octobre. 

Et une course à huis clos est hors de question pour lui, à moins que les dirigeants de la F1 assument les dépenses reliées aux préparatifs de la piste et à l’aménagement des infrastructures temporaires.

Ses trois principales sources de revenus, faut-il le rappeler, sont la billetterie, les loges corporatives et la contribution financière de commanditaires nationaux.

À l’instar de Montréal, les promoteurs des Grands Prix de Russie (prévu le 27 septembre) et de Bakou (reporté à une date ultérieure) ont fait savoir qu’il n’est pas question de présenter une « course fantôme » ou sans spectateurs.